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peau hâte mes larmes. (vidéo).
Au Liban toute. Depuis les incendies de la semaine dernière, suivis du soulèvement des citoyens. Latent déjà en mon dernier séjour de percevoir pulser le drame ordinaire (dans le sens fort, ordinaire qui envahit). Au Liban toute, depuis toujours. De loin, toute. Avec mes mots, captive et inquiète, comment penser une révolution citoyenne, nous, enfants de la guerre. Je regarde, de loin toute. Foule reliée et drapeaux, un peuple qui se révolte sans perdre le sentiment d’appartenance, qui se révolte en faisant la fête dans les rues.
Texte et vidéo en hommage.
La chanson chuchotée est de Fayrouz : « tiri ya tayara »
Extrait : (…)crétine injonction, nous sommes le livre//
pages comme nerfs s’accrochent//
vos ombres, mon corps(…)//
#LittéraTube #VidéoEcriture #Liban لبنان_ينتفضle texte de cette vidéo est également à lire ici:
https://graciabejjani.fr/2020/01/05/peau-hate-mes-larmes/ -
Revue «Hors-Sol»
Publication
Gracia Bejjani / Fragments
espace dédié (vidéo, photos, textes) -
et moi mendiant l’infini. (vidéo).
extrait:
(…) ses horizons d’yeux pansent de silence ma fatigue//
lente rencontre opaline//
sa tête, heures éventées, tangue//
dans chaude paume de mère//
cou comme vertige à ses doigts suspendu(…)//le texte de cette vidéo est également à lire ici:
lien à venir -
silence mouillé et chaud. (vidéo).
extrait:
(…) on se voudrait absence//
la petite apprend que ça, elle, ce n’est pas comme elle veut//
cette elle qui pleure en soi, malgré elle//
que ça se fait sans elle, sans son accord //
ça vous arrête sur le trottoir (…)//le texte de cette vidéo est également à lire ici:
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autofictiographie (1), du presque-immobile. (vidéo).
extrait:
(…) Parler en libanais m’alanguit//
langue maternelle, langue corporelle.//
Je me lève nocturne//
écouter dormir les hommes//
ce qui de nous, capitule.//
Bâiller me dévisse.//
Résister aux souvenirs d’enfance//
leur poigne doucereuse.(…)le texte de cette vidéo est également à lire ici:
lien à venir -
obliques de soi. (vidéo).
extrait:
(…) griffes de regards, sans vaciller//
nous hantons l’entre-deux//
comment revenir sans avoir quitté?//
nous égrainons les images//
ça se déroule sans soi//
on confond le réel, ses reflets sur//
terre, vide scène de figuration//
ciel comme faille (…)// …le texte de cette vidéo est également à lire ici:
lien à venir -
langue renonce (variation).
l’autre, la voix poursuit
succombe à la parole, onguent
mais les mots se fichent du sens
ce qui se dit, sitôt brisé
l’essentiel a précédé
sa frappe acide
lapidation par la langue
échos pierreux.
le cœur ne sait plus
enserré, visage ouate
esprit piétiné
réel hébété
en résonance métallique
une phrase en boucle: l’annonce du drame
depuis, salive engourdie. dents lourdes
bouche lacérée; sang acide
répondre, pour que se taise la voix
faire éclater la peau.
hurler mots impossibles
aussitôt chus, gouffre en soi
relents de folie, quand la langue renonce
ultime rupture.la vidéo réalisée avec ce texte est également visible ici:
https://graciabejjani.fr/2019/10/03/langue-renonce-video/ -
langue renonce – variation. (vidéo).
extrait:
…L’autre, la voix poursuit. Succombe à la parole, onguent. Mais les mots se fichent du sens. …le texte de cette vidéo est également à lire ici:
https://graciabejjani.fr/2019/10/04/langue-renonce-variation/ -
à un soupçon près. (vidéo).
extrait:
…Autant de morts que de morts.
Que de raisons d’être morts.
Que de lieux où mourir.
Que de manières de.
Que de défunts qui obsèdent la vie. …le texte de cette vidéo est également à lire ici:
lien à venir -
nos liens filaments. (vidéo).
extrait:
…les passagers barattent le temps
et nous, inhabile transparence…le texte de cette vidéo est également à lire ici:
lien à venir -
il faut bien les poser. (vidéo).
extrait:
…d’un bout de bras…
au journal ouvert à gauche…
à la porte…
à la hanche du voisin…
au couloir noir où le métro se fait les dents…le texte de cette vidéo est également à lire ici:
lien à venir -
interstices. (matin .2)
silence de grottes m’éveille
enclose
je passe d’un corps à l’autre
aux interstices, frangibles merveilles. -
le je ne sais pas d’une nuit de presque lune.
(ceci n’est pas haïku mais vers solitaire; solitaire monostiche)
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vertèbres de pluie quand l’heure se tait. (vidéo).
extrait:
…sommes-nous frange de vie
nous clignons à peine
liturgie de mâchoires arrachées à la démence
sommes-nous le dédain des seuils…le texte de cette vidéo est également à lire ici:
lien à venir -
un lisse naufrage
tu as manqué
ça empoigne toute la place
j’en suis pénombre, espace public
mes verticales, filaments courbes
n’as-tu pas manqué? tes mains, regards, voix
désertion
je me hasarde sans branches de ciel
tes effusions, lézardes qui épuisent (vident)
ton amour, aberrante abstraction
tu ne t’es pas risqué, tu es un lisse naufrage
t’halluciner me condamne au vent éternel
les passants me traversent, béance de pierre. -
ode domestique. (vidéo).
extrait:
…gargouilles de nos silences informes//
poubelles obstinations verticales//
et fatigue odorante…le texte de cette vidéo est également à lire ici:
lien à venir -
sommes-nous (5)
sommes-nous frange de vie
nous clignons à peine
liturgie de mâchoires arrachées à la démence
sommes-nous le dédain des seuils
splendeur sans éclat
on se heurte, corps avides
sommes-nous figures de disgrâce
on se dit métaphore d’homme
muscles courbés par les mots
on tremble de silence
sommes-nous la preuve de l’absurde
l’étrange du monde, mort ordinaire qui se rapproche
on tremble
on tremble en silence. -
talisman
Par ciel lait
Tu n’auras rien, il me dit
Le rien d’un ciel clos blanc
Tu n’auras rien, dit-il de ces mots qui lapident de face
Je ramasse ma petite foi
Me déverse, stériles naufrages
Ces étranges je t’aime
Tu n’auras rien, dit-il me parlant de toi
Je m’accorde, monticule de nos reflets
Te tenaille entre mes serres rapaces
Portique sur la honte
Et pends devant tes crevasses sableuses
Honte de mes poussières
De mes tonnerres humides devant ton corps
Je sombre empreintes de tes pas
Honte de supplicier silence
Le vacarme n’est pas rugissement de cieux mais foudre domestique. -
#souvenir, mots par-dessus mots, penser le souvenir au hasard des souvenirs qui récidivent (une série Facebook) – 30 souvenirs.






























30/ souvenirs, ma cristalline amnésie.
écrire l’écrire, amnésie (3) (vidéo) >> https://youtu.be/R7jo_GDmwyg29/ souvenirs : les os de nos fantômes, funambules en nous greffés.
L’autre en soi.28/ souvenirs : tracés sur les peaux de nos langues maternelles.
écrire l’écrire, trajets de langue maternelle (1) (vidéo) >> https://youtu.be/EBFqyEmpZws27/ souvenirs de visages que je n’ai pas connus; étiques et poreux, comme la matité du réel.
Se sentir attendus, en village inconnu. #Liban26/ souvenirs : mémoires d’outre-lieu.
Aller-Retour. Coïncidence hasardeuse avec un soleil qui se lève ; se couche. Et cet étrange sentiment de se tenir toujours aux lisières de mes deux pays. En boucle.25/souvenirs : marches aveugles.
On n’a pas vu venir (vidéo) >> https://youtu.be/zvSAhL4KgvM24/souvenirs : franges tendues entre débuts et fins.
Où commence, où s’arrête le trajet ? Suspens.23/souvenirs embrument la mémoire. Le jeu, épreuves de paradoxes
Petits nous jouions déjà à nous cacher des invisibles.22/souvenir : traversée de nos corps venteux.
Traversée par tous les vents. À cran.21/souvenirs : scènes sans nous.
Entre eux, invisibles.20/souvenirs : diaphane présence de spectres.
Levée de spectre.19/ souvenirs : moites confidences de corps.
Entre humidité et moiteur, le corps expire sa douceur.
Ce n’est pas la sueur de l’effort, ni l’aigreur du labeur.
Plus subtile, plus diffuse ; imperceptible confidence.
Murmure qui se détache des pas lents, longs.18/ souvenirs : filigranes, marges du temps.
Retrait. Face à face hors temps. Quelle histoire en filigrane ?17/ souvenir : un autre récit de soi.
D’un autre point de vue, la rencontre est récit.16/ souvenir : sel, résiste à l’effacement.
L’homme s’adapte ; à tout. La langue résiste.15/ souvenir : vie en rétro par fragments de regards
« Rétro ! taxi » #Liban14/ souvenirs : nos instants captifs.
« Capturer le réel » #Liban13/ souvenir : présence à l’aplomb de soi.
« Elle a toujours été là, la mer »12/ souvenirs : traversées de paradoxes; matière d’horizons.
« …à quelques km de la frénésie de Beyrouth, des horizons de la mer…. Sommes-nous de la même matière que le sol natal? comme lui traversés de paradoxes » #Liban11/ souvenirs : langue commune comme inconscient collectif, on se cause à notre insu.
« Repli » #Liban (vidéo) >> https://youtu.be/_PKzTjIf1Zo10/ souvenirs : fantasme d’éternité.
« Côte à côte; devant l’éternité coincés » #Liban9/ se souvenir : figé dans l’entre-deux.
« Quand le mouvement est sur-place » #Liban8/ souvenirs : complaisances partagées.
« Complaisance »7/ souvenirs : pudeur de l’inconscient.
« Mais sans complexe »#Liban6/ souvenirs : vortex de l’instant.
« Matière, mon corps. Ramassé de nerfs; à flanc de soi »5/ souvenirs : les silences du présent.
« Les pensées au creux des pas, linceuls de ruminations passées; à vide. L’ouïe se prend à la terre. Silence, plus rien ne tourne »4/ souvenirs : saveurs de maintenant.
« Épicer le réel » #Liban3/ souvenir de souvenir et mise en abîme.
« À peine posé, les cèdres montent en toi; souvenir voilé implacable. » #Liban2/ je ne serais plus que souvenirs? remontent ce matin.
« – Moi tu vois, au fond, je cherche l’amour. Une rencontre, la vraie rencontre.
– Une histoire banale? L’ordinaire, c’est pas mon truc »1/ souvenirs : chronophagie des ans.
« Je t’aime; je te mange »Lire la superbe analyse que réalise Marc Jahjah sur cet article
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cri
mamamama chante l’enfant au visage qu’il ne voit pas
derrière, sa maman placidement pousse
les femmes qu’il fixe, mères le temps d’un cri
le poissonnier s’impatiente, je vous en mets combien
ses doigts plastique, nerveux dans son thon. -
temps, contrejour de désolation.
enlace la ville, son outrance
tu sursautes d’étreinte humaine
prends mer et retiens
enlace pierre mercure et vaguelettes
tu t’absentes écriture liquide
mais le temps enserre et faille
temps, contrejour de désolation. -
sommes-nous (4)
sommes-nous raidis, creusés de trop de mots
failles de nos regards obèses, sans écorce de pensée
nous flânons, entre filiation et absence
pris dans une chair vaine comme univoque tissu
usés de cendres, on tremble éventrés
sommes-nous remous de nuages gelés
vertèbres de pluie quand l’heure se tait
sommes-nous parenthèses de vent
sur des visages sans consolation
qui scrutent et nous évitent
on tremble
on tremble des os.