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octobre 2026 | carnet

je souris à la chienne qui me regarde
longtemps
je souris beaucoup et j’attends
pas de sourire en retourle taxi fait le signe de croix, s’en remet à Dieu
lui fait davantage confiance
qu’à sa main qui a lâché le volantje me tais autrement dans ma langue
entendu sur un trottoir, au seuil d’une porte :
c’est mon mari qui me les envoie, il adorait les oiseaux
il est décédé, il m’envoie ces plumes
pour ça que je ne nettoie pas, je les gardecanne à la main, elle traverse au rouge
droit devant, déterminée
indifférente à la rue, aux voitures que son pas arrête
elle poursuit, n’accélère pasla gamine a un sac de dames
cuir dur, bleu clair, boucle dorée et rigide devant
de courtes lanières l’enchaînent à ses mains ainsi prises
et sa mère, un sac à dosentendu dans le métro :
je ne fais rien valider, moi
je publie ce que je veux quand je veux
je suis un électron libre, moilinge sec l’espace d’une soirée, malgré le froid
au Liban, il faut plusieurs jours
l’humidité, me dit-on, comme si je n’étais pas d’icije n’ai pas vécu toute la guerre
que les dix premières annéeselle parle très fort comme protégée
par l’opacité de sa langue étrangère au métro
après deux stations, je cesse de l’entendre
yeux bercés par le rythme de sa boucheme retenir de serrer la mère d’une amie dans mes bras
ça ne se fait pas en France, je la connais à peineje ne me distrais pas, je m’anesthésie
le métro comme chapelle
et nos mains jointes aux écrans
quelqu’un s’autorise à rireun doute persiste
il y aurait un Liban collectif auquel je n’appartiens pas
le « leur » sans partage
je sais mon pays singulier, comme tout lien
je me retiens d’argumenterentendu dans la rue :
ça ne sert à rien les enfants
fouette-moi je suis une mauvaise mèrele vieux gravit l’escalier
comme s’il marchait sur une terre plate
dos courbé, aérien
sur son sac en coton blanc, une phrase :
le monde entier est un théâtreje fais des listes
je ne fais pas, j’écris
trois listes par jour
le sentiment de rattraper trois viesla liberté totale serait folie, il me répond
tu peins encore ?
je ne sais pas répondre
je ne sais pas si peindre est le motje tiens la porte à quelqu’un
je découvre qu’il peine à marcher
nous voilà tous deux obligéson attend du réel qu’il confirme l’idée
c’est comme avancer en marche arrièrele téléphone sonne
je regarde longtemps le nom comme pour le corrigerje risque de vivre si tu reviens
ma façon de pleurer a changé
du pluriel à une larme ou deuxcomprendre par hasard :
l’intériorité surtout
ses zigzags avec l’ordinaire
la forme, un passageje m’entends remercier la porte automatique
de s’être ouvertela langue à reculons
je perds les mots
il me reste leur justesseses lèvres comme repassées au fer chaud
gonflées et plates à la fois
on a envie de les réconfortermais comment on peut faire une bêtise pareille ?
dit la petite fille
une voix de bébé
et des mots qui débordent de son âgeil me demande ce que j’ai fait de ma journée
je lui raconte ce que j’avais prévuje veux seulement respirer, on peut ?
je le dis au muron s’articule aux choses
on les pense moins vulnérables que nos piedsparce que j’ai vu, je m’autorise
c’est aussi ça la matière
de la poussière qui prend son tempsle changement d’heure déforme surtout la lumière
je suis visitée quand je dors
je me trouve alors seule(photos Tripoli, Liban)

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la maladresse d’abord
je me rappelle avoir écouté
des phrases au-dessus de moi
comme entendues malgré elles
avant d’avoir les mots
je les ramassais du bout des doigts
mes oreilles plus grandes que moi
il fallait alors regarder les gens
leur offrir mon visage en miroir (extrait)
images tournées au Liban#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
microjournal 487-2026.10.31
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Beyrouth Livres 2026, merci pour tant de vitalité.
Comment réduire plus de cinq heures de rencontres à moins de cinq minutes de vidéo quand ces heures ont la démesure du réel ? Quelques images, quelques mots-cailloux pour retenir la vitalité de chaque moment et dire surtout ma reconnaissance.
De retour au Liban après une longue absence, avec Sobhiyé – Corps de femmes (Accro Éditions) pour Beyrouth Livres.
Un samedi à 11 h, dans une sobhiyé littéraire, Beyrouth Livres accueillait une rencontre autour du roman, modérée par Ghada Karaki, suivie d’une dédicace organisée avec la Librairie Antoine. Qui viendrait un samedi matin ? La question a très vite perdu son sens, tant l’écoute était merveilleuse. Ce fut une vraie sobhiyé : une parole qui circule, sans posture. Ghada y fut pour beaucoup. Elle avait lu le livre de près, l’avait investi de ses questions, me donnant à entendre des échos que je n’avais pas perçus, comme ce « tu n’as rien vu » en résonance complexe avec l’anaphore « on voit » d’un chapitre plus loin. Je suis venue présenter un livre, j’ai rencontré une très belle personne, d’une grande sensibilité poétique.
Parmi les visages, cette jeune femme qui m’a confié avoir entendu Juliette Arnaud parler de Sobhiyé dans sa chronique sur Radio Nova. Une voix à la radio, un livre qui voyage et une future lectrice qui se retrouve en face de moi à Beyrouth. Que j’aime la grâce des croisements improbables. Merci Juliette !
Dimanche soir, Open Mic à la Cafébrairie 33, l’un de ces lieux alternatifs et vivants de Beyrouth. Au micro, j’entends de nouvelles voix, celles d’une jeunesse qui écrit au Liban. Je dis mes poèmes, ça parle de fille rouge, de mains, d’épitaphe, d’un moi-araignée… J’écoute Rima Abdel Malak, Fred Nevché… J’entends « Zajal », un très beau poème de Rima écrit en français, qu’un poète lui fait la surprise de traduire en arabe et de nous lire ce soir-là.
Et puis L’Orient la nuit. 17 épisodes jamais manqués de ce podcast de L’Orient-Le Jour… et soudain les voix qu’on connaît prennent vie auprès de la nôtre : le 18e, avec Manal Salamé, Stéphanie Khouri, Antony Samrani et Fred Nevché, enregistré le lundi en public et de manière improvisée, à la Fondation Charles Corm. Un épisode autour d’une question qui traverse Sobhiyé – Corps de femmes : « À qui appartient le corps des femmes ? » Converser en intimité « publique », s’entendre réfléchir en commun. Merci à Rima, Antony et Stéphanie.
Mardi midi, direction Tripoli, à la Beirut Arab University. Les étudiantes et les étudiants, très nombreux, se sont approprié mon roman avec une inventivité et une audace qui m’ont émue. Ils m’ont par exemple demandé : « Si vous deviez partager une sobhiyé avec l’un des personnages de votre livre, lequel choisiriez-vous et pourquoi ? » J’ai choisi tante Aline. Une femme queer à une époque où le mot n’existait pas : la singularité qu’il faut je crois, pour exister en toute humanité. Et ils m’ont lu une biographie écrite à leur manière à partir de mes propres textes glanés sur internet. J’ai eu la sensation étrange et belle d’entendre ma vie à travers ce que j’ai écrit. Merci à eux et à la docteure Maha El-Fadel pour ces deux heures hors du temps. Merci à la professeure Nadia Iskandarani, à la docteure Iman Alaywan et à toute l’équipe de l’université présente ce jour-là. Merci également aux représentants de l’Institut français du Liban qui ont assisté à cette rencontre, Claire Akiki, Gwendoline Abou Jaoude et Antoine Hoayek
Rien de tout cela n’aurait existé sans l’invitation de Sarra Ghorbal et de l’Institut français du Liban. Sarra, merci pour ta façon de faire de chaque rendez-vous une rencontre plutôt qu’un programme, et pour la créativité et la générosité que j’ai ressenties à chaque pas.
Merci à toute l’équipe de l’Institut pour son accueil et son engagement tout au long de ces journées, à celles et ceux avec qui j’ai eu la chance d’échanger, Marie-Nour Héchaimé, Sarah Hobeika, comme à ceux que je n’ai pas pu remercier en personne.
Merci aussi à Beyrouth Livres et à son équipe.
À mes proches qui m’ont accompagnée d’un rendez-vous à l’autre.
Et à toutes celles et ceux qui sont venus poser une question, partager une impression. Un livre ne nous appartient plus dès qu’il rencontre ses lectrices et lecteurs. Il prend d’autres voix, engage des conversations qu’on ne soupçonnait pas. -
Beyrouth Livres 2026, quatre rendez-vous.
C’est une grande joie d’être parmi les auteurs invités de Beyrouth Livres 2026 (du 9 au 18 octobre) et de retrouver le Liban après une bien longue absence.
Quatre rendez-vous autour de Sobhiyé – Corps de femmes et de la poésie :
Samedi 10 octobre, 11h
Rencontre autour de Sobhiyé – Corps de femmes (Accro Editions),
modérée par Ghada Daou, suivie d’une dédicace au stand de la librairie Antoine
Stand IFL, Salon du Livre de Beyrouth (Seaside Arena)
Dimanche 11 octobre, 20h30
« États d’âmes », soirée poésie Open Mic
Cafébrairie 33, Monot (Beyrouth)
Lundi 12 octobre, 20h
«À qui appartient le corps des femmes ?»
L’Orient-La Nuit, le podcast de L’Orient-Le Jour, avec Manal Salamé,
exceptionnellement enregistré en public. Interlude musical de Fred Nevché
Fondation Charles Corm, Mathaf (Beyrouth)
Mardi 13 octobre, 12h
Rencontre avec les étudiantes et les étudiants de Beirut Open University (Campus de Tripoli)
La francophonie en dialogue.Merci à Institut Français du Liban pour cette invitation et ces rencontres
et à Sarra Ghorbal et Marie-Nour Hechaime pour pour toute cette belle organisation.Affiche : Michèle Standjofski



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Elles écrivent le monde, retrouvons-nous le 18 octobre!
Très heureuse d’être invitée à la première édition du festival Elles écrivent le monde à Saint-Quay-Portrieux !
Dimanche 18 octobre à 14h30, je participerai à la table ronde «𝗘𝗹𝗹𝗲𝘀 𝗲́𝗰𝗿𝗶𝘃𝗲𝗻𝘁 𝗹’𝗮𝗶𝗹𝗹𝗲𝘂𝗿𝘀», modérée par Danielle Michel-Chich, aux côtés de Fabienne Juhel et Elisabeth Horem
Un grand merci au festival Elles écrivent le monde, à la Librairie le Fanal. Et à ma très chère Stéphanie Arc pour la mise en relation✨
📍 Centre de Congrès de Saint-Quay-Portrieux
📅 Dimanche 18 octobre 2026 – de 10h à 18h
🎙️ Table ronde « Elles écrivent l’ailleurs » – 14h30
🎟️ Entrée libre et gratuiteVous pourrez également retrouver sur place mon livre « Sobhiyé – Corps de Femmes » (Accro Editions) et mon recueil de poésie « J’ai appris à parler sur tes lèvres » (La Kainfristanaise).



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l’insomnie des visages entre des phrases mal rangées.
acrylique (24*34)

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Rendez-vous le 23 septembre au Centre Wallonie-Bruxelles à Paris
Le Centre Wallonie-Bruxelles vous invite
dans le cadre de la seconde édition de la Biennale Archipel#Chaos-Monde.Mercredi 23 septembre à 12h30
Théâtre – 46 rue Quincampoix, 75004 Paris
Entrée libre — dès 12h00, un verre et un sandwich offertsVenez à la rencontre de deux voix littéraires libanaises.
Gracia Bejjani, Sobhiyé — Corps de femmes (Éditions Accro)
Beyrouth, années soixante-dix. Dans le quartier chrétien d’Achrafieh, la narratrice et ses amies, Hanane et Nayla, grandissent entre Orient et ouverture à l’Occident. En hissant leurs voix, elles se souviennent des épreuves fondatrices de l’enfance et des subtilités du monde des femmes, au cœur d’une société dominée par les hommes.
C’est dans l’intimité de la maison, des gestes et des rituels, que l’autrice nous entraîne pour dire la force de résistance de ces femmes, au quotidien d’abord, puis plus tard, face à la guerre.
Des vidéo-poèmes de Gracia Bejjani sont également à visionner au Bunker pendant toute la durée de la Biennale.
Georgia Makhlouf, Pays amer (Presses de la Cité)
Librement inspirée de la vie de Marie El Khazen (1899-1983), première femme photographe libanaise, cette fiction entrelace avec délicatesse les récits de deux femmes libanaises, photographes, à un siècle d’écart. Mona vit une jeunesse marginale à Beyrouth. Dans un village du nord du Liban, elle découvre une magnifique maison à l’abandon, ayant appartenu à une certaine Marie Karam, une originale solitaire, chassant comme un homme et entourée d’animaux vivants ou empaillés.
Entre Marie et Mona, dont la création artistique et les amours sont confrontées au même poids de la tradition et des préjugés sociaux, Georgia Makhlouf tisse le fil de destins poignants, épris de liberté. Marie en paiera le prix. Pour Mona, l’histoire reste à écrire.
Informations pratiques
La rencontre est ponctuée d’une séance de signatures à la Librairie Wallonie-Bruxelles.
Réservation recommandée : reservation@cwb.frhttps://cwb.fr/agenda/biennale-rencontres-archipel-chaos-monde-2
https://www.paris.fr/evenements/bistrot-litteraire-avec-gracia-bejjani-et-georgia-makhlouf-117559

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nos phrases, hiéroglyphes de chants maternels.
à quatre mains avec ma merveilleuse nièce Tracy.
feutres (format 42*30)

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fabrique à trous
c’est ce mot-là que je cherche
celui-là même que je ne peux nommer
j’oublie, je cesse de voir (extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
microjournal 486-2026.07.25
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la phrase est une voix entendue de profil.
feutres acrylique (format 24*34)

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juin 2026 | carnet
je cherche le mot en libanais
me le repasse en français
soupèse les mots d’une langue à l’autre
comme cailloux dans la maintoutes les heures au moins
vérifier la météo
comme s’il s’agissait d’une opinion
ou d’un caprice passagerma mère a beaucoup aimé, me dit-il
quelle mère
la sienne ou l’absence de la mienne
quelle Sobhiyé aurait lue maman ?écrire à la main
pour le bruit que ça fait
pour ce même bruit, trop écrire
comme trop manger
trop tairerencontre autour de mon roman
la dame me dit
vous parlez bien français, je vous félicite
ce n’est pas simple de maîtriser comme ça le français
ce n’est pas votre langue maternelle après tout
j’écris en français vous savez
oui mais tout de même
vous parlez très bien notre langue
je la remercie
pour ne pas rire dans la mienne de languela jeune fille en face écrit
carnet à carreaux, à spirales
doigts serrés sur le bic
mes yeux essaient
renoncent
ma myopie est bien élevéemoments de vie arrêtée
adolescente, nos abris sous terre
puis les murs du Covid
les canicules, nouvel enfermement
à chaque fois, réapprendre à m’arrêter
m’entraîner ainsi à mourirparanoïa quand le choix est possible
confiance invraisemblable dans le hasard
ce talent qu’a la vie
de composer avec sa vitesseils me regardent encore
présence épaisse
leurs paroles qui savent
gravité du grotesquedéfinir « pathétique »
le pitoyable mis en scènefaut-il que je respire
pour mieux me taire
me rassasier de ventsje ne me tais pas assez
épuiser l’émotion
pour un début de silenceme taire à la hauteur de mon silence
pour avoir dit la vie de près
les rumeurs me reviennent
chuchotis de doigtsje ne sais pas délimiter ta mort
l’incertaine
quelque chose s’est transformé, tu continues
l’évidence, la hantise
ton anniversaire tous les ans
piège ta présencele sommeil, labyrinthe ordonné
confusion de matière
je m’y perdspas facile de lire une amie
je te cherche partout dans le roman
mais d’être lue par les amis ?
même pudeurdehors, des mers sans nuance
plongeons d’enfance
au mouvement de rimes anciennesl’oubli, absolu
que cesse la peur d’oublier.
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il m’arrive de disparaître
entends-tu toi aussi ton prénom
dans la rue
à répétition
nulle voix ne le porte
et ton corps se détourne
se perd à le chercher (extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
microjournal 485-2026.07.08
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Juliette Arnaud – «le reste est dans un silence soudain».
Quand Juliette Arnaud parle de Sobhiyé – Corps de femmes sur Radio Nova ✨
avec tant de finesse, de force et de poésie…
Et l’immense Toni Morrison dans la même chronique.
Et cette chute merveilleuse !
Je souris encore.
Merci infiniment Juliette pour cette lecture ! -
ce triste minimal.
la langue se resserre
comprendre ne rendra pas le réel crédible
ce sera toujours ratures et raccourcis
triste
comment dire davantage, si rien ne dit assez (extrait)
musique :
Omar Yagoubi, le faune 14 haïku musical#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 484-2026.06.23
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quand la phrase envahit les marges de gueules et de creux.
feutres acrylique (format 24*34)

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couleurs déversées sur le bruit des phrases, l’informe déborde.
feutres (format 42*30)

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mai 2026 | carnet
la fête des mères était double
calendrier comme fracture
au Liban le 21 mars
en France le 31 mai
aujourd’hui sans elle
une troisième date
une autre mèrecertains mots de langue maternelle
n’ont pas de voisins ici
je ne les traduis pas
je les range sous d’autres phrases
les exile dans mes margesun livre prêté, jamais rendu
comme ce qui nous liait
à présent introuvableaussitôt aveugle – instinct de paupières
ma peur d’exploser si je vois
mourir de voir, d’assister immobile
toute image est bombe, à répétition
mon pays dedans, nous
les yeux me murent
je ne peux pas regarder
je nous porte vies, en me détournant« ce n’est pas la vraie vie
tout le monde le sait
que ce n’est pas la vraie vie »
la voix dans le métro
qui sait sans savoirl’humeur précède
mauvaise
et la journée mord à ses talonson me demande si tu me manques
non, c’est autre chose
l’absolu du silence relatif« j’y perdrais le peu d’amis que j’ai » écrit Clarice Lispector
à la perspective d’arrêter d’écrire (Correspondances)mon angoisse à chaque jour sans écrire
puis son oubli
je crains moins le silence que cet oublielle a la voix de son visage
plissée, rentrée
une voix traversée de rire
sa peau sans lèvrespour taire les réseaux, me taire
mêmes pensées intrusivestu dénonces
mais ta vie
jours de sottes revanchesje ne dis pas le cri
il me vocalisebraqués de certitudes communes
ils commententla marge comme chemin
j’y reviens
petits pas, arrêtés parfoisl’indécence du ressassement
puis la patience
amorce qui ne prévient pasma peau miroir
je rejette d’un sourire repliéréflexes de mains
me protègent de leurs visages
toujours trop prèsl’a priori fait regard
par hasard, à la surface
on accumule des phraseselle dit à son téléphone
« il ne comprend pas ce que je vis »
le dit au wagon
ce confident qui comprendrelu
la syntaxe est la mienne
mais le rythme est un fantôme
qui était-ce
qui connaissait si bien les mots avant moi ?ils se tiennent par le bout des doigts
ne se lâchent pas
discrets et visibles
un aveu derrière des joues de biaisc’est le soir des couples jeunes
les jeunes à deux
corps côte à côte
visages perdus à terre
et non-ditune photo pour dessiner sa bouche fermée
les pommettes rouges de froid ou d’acné
lui comme gamin attendon ne fait pas que regarder son téléphone
certaines se liment les ongles
d’autres se caressent les sourcils
doigts en mouvements ronds
le métro soupire nos gestes
occupés à existerplus tard le tiroir
plus tard le tri
plus tard ce que j’ai à dire
à qui
les plus tard s’installentle froid est visible ce soir
dans la cour vide de l’immeubleécrit-on les mêmes mots
quand l’encre change de couleur ?parfois mes rêves me conseillent
« redresse-toi
évite de te pencher vers eux »
et le réveil poursuit cette voix impersonnelleciel au réveil comme premier visage lu

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La Nuit Remue à Paris.
J’ai la joie de participer samedi 13 juin à la soirée La Nuit Remue, une soirée de poésie, lectures et performances organisée par remue.net à Paris.
Joie d’être aux côtés d’auteur·ices que j’estime tant.
Merci à Aude Pivin, Benoît Artige et remue.net pour cette invitation.🗓 Samedi 13 juin · 18h00
📍 Médiathèque Violette Leduc
18-20 rue Faidherbe, Paris 11e
🎟 Entrée librehttps://remue.net/17eme-nuit-remue-samedi-13-juin-2026
#LaNuitRemue#GraciaBejjani#Sobhiyé#Poésie#Paris#RemueNet#Littérature

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Sobhiyé à l’Alcazar, rencontre & performance vidéo.
Heureuse de vous retrouver à Marseille. 🌊Je serai à la Bibliothèque de l’Alcazar pour une rencontre et une performance vidéo autour de Sobhiyé – Corps de femmes (Accro Éditions). Merci à l’Alcazar de m’accueillir dans le cadre de son exposition sur le Liban (Saison Méditerranée 2026).
🗓 Jeudi 11 juin à 17h30 (Auditorium)
📍 Alcazar – 58 cours Belsunce, Marseille
🎟 Entrée libre#Sobhiyé #GraciaBejjani #Marseille #Alcazar #Littérature #Liban #CorpsDeFemmes

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Réforme – «Et c’est ainsi qu’on touche à l’universel».
Immense merci à Frédérick Casadesus pour sa lecture de Sobhiyé – Corps de femmes (Accro Éditions), parue dans Réforme le 21 mai (n°4138).
Heureuse de partager avec vous ces mots qui font vivre Sobhiyé.
LE FEUILLETON DES LIVRES
Des femmes et des motsLe langage en elle est virtuose. Il danse à la ligne, caresse, enveloppe, et soudain pique à vif. Ne vous l’envoie pas dire. Gracia Bejjani, de nationalité française, a vécu sa prime jeunesse au Liban, son pays natal.
Poétesse, écrivaine – on aimerait écrire femme des lettres –, elle publie Sobhiyé, premier roman dont le sous-titre sonne à merveille : Corps de femmes. On en comprend le message : quand l’extériorité n’est que violence, armes de mort et destruction, l’intériorité de la parole, des sentiments, des regards est la seule source de vie. Des femmes se réunissent et conversent, à l’écart, pour mieux parler. Telle est la tradition libanaise de la sobhiyé, rencontre aussi libre que possible des points de vue. « Les filles écoutent les femmes parler des femmes. Elles les écoutent parler d’elles. » Initiation de la narratrice et de ses amies devant les mères, les tantes, les voisines. On y trouve de l’amour et de l’humour, du corrosif et des élans de colère. Et c’est ainsi qu’on touche à l’universel, dans un mouvement bien connu qui mène le microscopique à l’infini de l’univers. D’un récit qui tient du mobile, aussi solide sur ses fondations que vulnérable parce qu’il est tourné vers le ciel, on se chagrine de décrire les beautés ; ne risque-t-on pas de les abîmer ? Même le choix d’un passage est risqué. Lançons-nous malgré tout. « Tante Aline est démesurée en tout. Son corps excède les cent kilos, dans des robes à fleurs bigarrées. Orange, carmin, violet… Elle s’habille par superposition de vêtements et de couleurs, pour ne pas avoir à hésiter. Et flamboie de mille feux dans ces improvisations audacieuses. Ses sabots, comme des claquettes qui donnent le rythme. Et rechargent le sang d’énergie tellurique. Déflagration, conflagration, cataclysme. » Un peu plus loin, ceci : « Les couvre-feux creusent les journées. Interrompus, sortis du quotidien, sans mouvement continu, sans linéarité. Nos gestes ordinaires désormais aléatoires. » Une fenêtre sur les mots. (À suivre…)
Frédérick Casadesus
Réforme le 21 mai (n°4138) -
leurs phrases sur nos joues sont de fausses larmes.
feutres acrylique (format 30,5 * 30,5)

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ces mots que mes doigts comprennent.
le corps connaît les mots
il les rêve sans moi
ces mots que mes doigts comprennent
sons d’avant l’écrit
là où mes rêves me savent (extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 483-2026.05.16
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confession des insomnies.
tu écris sa voix
sourde tu écris
les ellipses de ses phrases
tu as grandi dans ses nuages
l’élégance de son sourire qui regarde
gens et choses
ne s’encombre pas de douleur (extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 482-2026.05.10
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avril 2026 | carnet
carnet – pour éviter le journal« pour toi ce n’est pas pareil
ce n’est pas le même Liban
tu ne peux pas comprendre »quand tes pensées
prennent ce poids de riende la salle d’attente, j’entends
tout de leur séance
il en sera de même à mon tour
malgré les portes, l’intrusion
on m’entendra
tuece qui un peu console
la lumière
une phrase qui se posequand je ne suis que sourires
une figureau marché
« on s’en fout, le gras c’est la vie
ça isole »
sa voix retombe
consciente de rater
lapsus ou glissementla même chanson tourne
tête occupée
j’écris autour, n’écris plus« c’est des gratte-papier »
elle le dit bouche coincée
lèvres confondues de rides
des gratte-papier
et ça sonne comme l’ultime insultece pigeon va partout où l’autre se pose
le chasse, prend sa place
abandonne pour de nouveaux raptsparler moins
encore moins
me faire formece besoin de dispersion
les murs sinon
ma claustrophobie(entendu)
« il a du ressenti
il en veut à la terre entière »le silence du matin
l’écouteelle a un serre-tête avec des oreilles de lapin
roses et blanches
on devine une texture veloutée
on est loin, on ne vérifiera pas
elle marche très lentement
entre les enfants qui se bousculent
rythmes alternés
elle marche derrière eux
l’un après l’autre comme ramasser des champignons
puis sa voix, des instructions en anglais
les enfants se rassemblent :
une queue parfaite encadrée d’oreilles aux aguetsil y a ce bruit et les formes hasardeuses
personne en adresse
il y a ma manière de regarder après
vérifier sans règles
je n’ai pas les règlesquestions frontales
et les mots manquent
mêmes simples, manquentle métro pose ses voix
à la surface
comme des pièces uséesparfois mordre suffit
les dents dans quelque chose
du caoutchoucfailli traverser par feu rouge
le bruit de la vitesse
m’a stoppéechagrin d’enfant
la bouche qui s’ouvre
rienparfois l’écriture
par son excès me terrifieentendu :
« elle fait partie de ces nanas
qui envoient des messages »plusieurs pages à la fois
comme s’il s’agissait de fuir toujoursécrire au plus près
en écartant mon visage
mes ticselle m’a dit
« je ne connais personne mort du covid
c’est pipeau »
je ne réponds pas
ta mort ne sera pas preuve
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comme un bruit de voix rouillées.
tout dort. le soleil a cette lumière fuyante comme un bruit de voix rouillées. ça parle sans moi, brouillons de tête.(extrait)
#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 481-2026.04.29
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un mot a pris forme sur ma peau.
la masse du vide dans ma main
cette nuit (extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 480-2026.04.21
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il était des fois.
𝘬𝘦́𝘯 𝘺𝘢 𝘮𝘢 𝘬𝘦́𝘯 𝘮𝘦𝘯 𝘢𝘥𝘪𝘮 𝘦𝘭-𝘻𝘢𝘮𝘦́𝘯
il est des avenirs racontés au passé
des plus tard troués de voix
il était une fois
tant de fois il ne fut pas
les débuts recommencent
matins qui bégayent leur seuil (extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 479-2026.04.15
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j’ai peur fêlée.
je répète ce qui se dit
s’entend, se répète
j’écoute, j’étouffe
ça lacère mes dents
le maintenant, là-bas, tous les jours
de loin, l’écran-fiction
trop pleine la bouche (extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 478-2026.04.07
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mars 2026 | carnet
mars guerrier
et comme d’emblée
le Libanj’écris en français
avec l’arabe en moi
– pays à l’ossi tu tombes tu me fais tomber
a dit la dame à la main de la petite
l’a dit en riantvents et odeurs
matin d’herbes coupéesla langue promet
vous prenez tout au premier degréon voudrait hâter
nos secrets d’enfantje perds l’équilibre
tenue aux bords
entre grâce et poingsymptômes collatéraux
d’une guerre de loin :
vue brouillée, envie de vomir
et fatigue, mots aveugles
souffle ras
dormir sauf la nuit
là-bas, le chaos fait ses dentselle mange les chips avec les deux mains
comme on tient un volant
elle les tourne entre doigts et bouche
hochements de tête – ce rythmeparler distribue parfois
les bons pointsje cherche leurs yeux
je n’ai que paupières et fronts
et doigtspar la fenêtre du train
je quitte à reculons
comme empêchéeplus d’enfants que d’adultes
besoin de leurs agitations
ce désordre sonore
parc et mercredielle dort l’iPhone à la main
comme un livre aux pages collées
l’écran à ses rêves ferméset de nouveau
les escaliers sous mes pieds
détalentcomme des apparitions
reels partout
quand le réel résiste
le bruit de l’ascenseur
les battants s’élancent et butent
horizon bloqué à hauteur de genoux
une heure durant
me bercer d’histoiresc’est ici, partout
pays de langues aphones
douleur chronique
à l’heure des nouvelleselle a plus de bagues que de doigts
ses mains animéesnuit
à quoi se raccrochent
mes dents ferrailles ?pour toi ce n’est pas pareil
ce n’est pas le même Liban
tu ne peux pas comprendre
me dit l’amietout est prétexte à nous distraire de la vie
le pouce par exemplevider les lieux disent-ils
comme on vide un poisson
arracher le seuil à la chaussure
laissez la clé sur la serrure du monde
fuyez vos murs disent-ils
nous les rendons poussière
on appelle ça évacuer
alors que c’est la terre qu’on déloge
quittez vos corps
c’est légitime disent-ils« te dire que je pense à toi dès que je jette un œil sur l’actualité et que je préférerais ne pas penser à toi dans ces conditions-là, vraiment pas (…) Alors, lire et écrire, au moins parce que c’est comme ça que je préfère penser à toi. » Juliette.

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Foire du livre Bruxelles: deux directs autour de Sobhiyé.
>>Au fil des pages : Spéciale Foire du Livre 2026
Eric Russon et Cindya Izzarelli — La Première (28 mars 2026)
Gratitude renouvelée à Eric Russon et Cindya Izzarelli pour leur accueil sur le plateau d’« Au fil des pages ». La finesse de leur regard sur Sobhiyé – Corps de femmes (Accro Éditions) et la générosité de cet entretien donnent à entendre ces voix de femmes au-delà des pages, explorant avec justesse les thèmes qui traversent l’ouvrage.
L’entretien est disponible en replay (l’accès est gratuit):🔗 [RTBF : Entretien avec Gracia Bejjani]

>>Inauguration de la Foire du Livre 2026
Sara De Paduwa et Cédric Wautier — La Première (25 mars 2026)
Un immense merci à Sara De Paduwa et Cédric Wautier pour ce moment d’échange lors de l’inauguration de la Foire du Livre 2026. Présenter Sobhiyé – Corps de femmes (Accro Éditions) comme premier roman sur ce plateau fut une belle entrée en matière.
L’entretien est disponible en replay (l’accès est gratuit):🔗 [RTBF : Entretien avec Gracia Bejjani]

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j’habite les tables.
on me griffonne
une phrase puis rien
nervosité d’un mot qui manque
je deviens l’alibi
l’impunité des brouillons
je me laisse traverser – peau
je suis le repos d’une main retrouvée
quand les corps s’appliquent
lents(extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 477-2026.03.31
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nos fictions sont des phrases qui parlent avant nous.
feutres acrylique (format 30,5 * 30,5)

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RCF: entretien autour de Sobhiyé dans l’émission « coup de projecteur ».
Gratitude pour l’accueil de Delphine Freyssinet et pour notre entretien du 24 mars dernier sur RCF. La finesse et la profondeur de ses questions ont permis d’explorer Sobhiyé – Corps de femmes (Accro Editions) sous d’autres angles, avec une lecture d’une grande sensibilité.
L’entretien est disponible en replay:
🔗 [RCF : Entretien avec Gracia Bejjani]
(L’accès est gratuit.)
Droits image: RCF
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𝙎𝙤𝙗𝙝𝙞𝙮𝙚́ – 𝘾𝙤𝙧𝙥𝙨 𝙙𝙚 𝙛𝙚𝙢𝙢𝙚𝙨 foire du livre de Bruxelles.
• Foire du Livre de Bruxelles – du 26 au 29 mars 202
Stand : les éditeurs singuliers
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Jed Jahjah lit Sobhiyé et me lit !
Le regard de Marc sur Sobhiyé – Corps de femmes ouvre le texte à d’autres lectures. Il y engage du vécu, une voix qui vient rencontrer ce qui s’y écrit déjà. Quelques minutes portées par tant de justesse et de sensibilité. Merci beaucoup de recoudre nos mémoires et nos histoires avec ces mots.
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incantation rase.
dire, redire
dans l’attente têtue
qu’une parole change le réel
ou l’arrête
demander à la langue de réparer
routes, toits, chambres (extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 476-2026.03.21
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une greffe froide.
ça se greffe aux mâchoires
la guerre dans les narines
formatée propre, livrée froide
c’est garanti cyclique
on ne s’en débarrasse pas
chose qui colle
durcit (extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 475-2026.03.15
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je me méfie des phrases humides, salive des bouches sèches.
feutres acrylique…

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Prochaine rencontre autour de 𝙎𝙤𝙗𝙝𝙞𝙮𝙚́ – 𝘾𝙤𝙧𝙥𝙨 𝙙𝙚 𝙛𝙚𝙢𝙢𝙚𝙨
Le 26 mars à 19 h, je serai à la librairie La Grande Balade, au Kremlin-Bicêtre, pour un échange autour de 𝙎𝙤𝙗𝙝𝙞𝙮𝙚́ – 𝘾𝙤𝙧𝙥𝙨 𝙙𝙚 𝙛𝙚𝙢𝙢𝙚𝙨, animé par Emmanuelle Favier.
L’occasion de partager discussions et lectures.
Un grand merci à Julien Doussinault et Marion Roset d’accueillir cette rencontre, ainsi qu’à Emmanuelle Favier et aux associations Le Blanc de la neige et Histoires de femmes.
Merci également au Conservatoire et à la Médiathèque du KB pour l’attention réservée au livre et à l’annonce de cette rencontre sur leurs murs.
Au plaisir de vous y retrouver.𝗟𝗮 𝗚𝗿𝗮𝗻𝗱𝗲 𝗕𝗮𝗹𝗮𝗱𝗲, 30 av Eugène Thomas au Kremlin-Bicêtre (métro ligne 7).



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RTBF: Entretien autour de Sobhiyé dans l’émission Majuscules.
Immense merci à Eddy Caeckelberghs de m’avoir reçue dans l’émission Majuscules sur la RTBF, diffusée le 8 mars, pour une rencontre autour de Sobhiyé – Corps de femmes.
Nous y avons exploré les thématiques du livre, le travail de la langue, la place du corps…Écouter le podcast : L’entretien est disponible en replay sur la plateforme Auvio :
🔗 [Majuscules : Entretien avec Gracia Bejjani]
(L’entretien débute à 36:26. L’accès est gratuit : pour lancer l’écoute, il vous sera simplement demandé de créer un compte RTBF en quelques clics.)
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Quand Sobhiyé devient atelier: l’exploration de Nathanaëlle Quoirez.
(message partagé avec l’autorisation de Nathanaëlle)
Quand mon amie, l’immense poète Nathanaëlle Quoirez, transforme Sobhiyé – Corps de femmes en terrain d’exploration et de création dans ses ateliers d’écriture et de théâtre… quand elle me raconte comment chaque voix s’empare de Sobhiyé pour inventer son propre chant, le texte me revient chargé d’une humanité qui me bouleverse… Merci infiniment Nathanaëlle de prolonger la vie de Sobhyié, de lui donner corps et matière entre d’autres mains.Si vous ne connaissez pas l’écriture de Nathanaëlle, lisez-la absolument : Lettres à Madame, Editions Lurlure ou Kaïros chez Polder
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nous n’avons pas grandi
Nous n’avons pas grandi. Le temps n’est pas. L’avenir passait déjà quand nous étions hier. Nous y sommes encore. À chaque image qui reflue. À chaque son qui s’abat. Un vieux sursaut : chercher l’abri. J’ai gardé l’âge des premières fois. La sidération. Et ces mots que l’on supplie d’être vrais, pour que l’illusion tienne. L’abri n’était qu’un appartement en sous-sol. Un espace se rêvant demeure – on avait appris à compter les étages entre sol et ciel, le poids du béton sur les paupières. Ainsi fut notre jeunesse, sans autre toit que la langue.
Il ne suffit pas de baptiser un lieu « abri » pour qu’il se mure et protège. -
février 2026 | carnet
février, mois-rature
je te hais
que ça passe ne suffit passœur et frère
mêmes lèvres tombantes
des enfants pourtant
l’ennui, héritage familialsous la paupière droite, l’intrusion
un grain prend toute la place
s’arracher l’œil –
taire cette cacophoniele poids du rouge sur mes lèvres
ma bouche n’a pas appris
à porter d’autres couleursquand il pleut, le chemin se délave
je perds ses contours
le corps s’entête, pris de vitesse
aveugle au solj’attends la coïncidence
l’absolu :
illusion de jeunesse(rêve)
un éditeur corrige le recueil
de sa poète morte
face à face : l’original et sa version rectifiée
édition bilingue posthumedes visages me font face
six lèvres muettes bougent
en prières continues
le rythme se voit dans l’œil fixeremplacer les mots par des couleurs
dans cette langue insensée, trembler
traits maladroits des débuts(rêve)
la grand-mère morte vit
minuscule, herbeuse à nos pieds
une agitation d’insecte
si petite, confondue avec la terre :
on l’écrase par mégarde, on ne l’a pas vue
plus rien au sol
puis ça bouge – elle se relève, s’ébroue
au-dessus de sa tête, une auréole
et ses bras tendus vers le cieléviter mon reflet avant de parler
dents crispées
l’attente peut-être
mâchoire-porte
l’intime empêchéune bête au bord du cri
la colère cherche sa proieses messages, douceur écrite
puis elle appelle et sa voix, tout autre :
certains n’ont pas la langue de leurs motstenir contre l’usure
durer – ce malheur désormaisle corps n’est pas peau, os, sang
le corps chantier, charnier
l’image dévie :
je suis un pamplemousse qu’on épluche
qu’on découpe
et la morsure – spectatrice
de cette matière que je suisil y a maintenant un livre
entre le monde et mon corps
– protégée et exposée
par l’écriture expiréej’entends sa voix longtemps après
personne ne parle
un prénom répété qui empêche de dormir
ce n’est pas le mien, il appelle sa femme
le prénom revient, revient : injonction sans objet
nuit, bruits, animaux furètent
mais c’est son irruption que je crains
improbable, hallucinée
puis le prénom revient scander la langue
l’empreinte est là
comme une main qui pèse après s’être retirée
je ne serai pas agressée, je suis envahieau plus près des choses
et décollée
j’écris myopeaccepter l’idée de ce carnet ouvert
mais l’appréhension, toujours –
entendu dans le métro :
« on doit arrêter d’avoir
autant d’appréhensions sur les autres. »
j’ai pensé : elle se trompe de mot
elle veut dire a priori
je me dis aujourd’hui
que son expression se tientdes moments de peinture
divagations sans objectif
mes mains-objets
font
-
quand le temps demeure.
quand l’instant vit en bouche, feuilles tendres.
juteuses blettes et poigne de citron.
quand le temps demeure. -
les os se souviennent.
à nouveau réveillée tête en terre
bouche narines à l’arrêt
les oreilles sourdes à leur propre voix
qui entend le silence des yeux ?
nos ancêtres peut-être
les os se souviennent (extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 474-2026.03.06
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Unidivers – « Une grande délicatesse et une grande dureté ».
Sobhiyé – Corps de femmes fait l’objet d’une critique aussi belle qu’exhaustive signée Cyrielle d’Alexandrie, sur Unidivers. Une analyse d’une grande finesse et générosité, qui saisit le livre avec une précision qui m’a bouleversée. Je pourrais citer des passages entiers… Un immense merci à Cyrielle d’Alexandrie pour sa lecture.
« Ce qui rend Sobhiyé – Corps de femmes si fort, c’est cette capacité à tenir ensemble plusieurs régimes de texte. La poésie et la notation, la scène réaliste et l’incantation, le dialogue brut et la phrase travaillée. Et surtout cette façon de faire du ‘je’ un lieu poreux...» Cyrielle d’Alexandrie, Unidivers
Lire la critique : Sobhiyé – Corps de femmes sur Unidivers
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quand ta main me renifle.
je suis devant toi
sans l’usage de ma peau
absente à ton visage
je t’aime de biais
je te reviens, posthume
corps en apnée (extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 473-2026.02.27
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que la terre reconnaisse nos os.
écrire l’inquiétude
le soupçon sous la langue
coudre le réel à vif
mots étrangers,
déjà malentendus (extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 472-2026.02.22
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L’Orient-Le Jour — « Un Liban au féminin, entre intime et paradoxes »
Sobhiyé – Corps de Femmes fait l’objet d’un bel article dans L’Orient-Le Jour ! Honorée de recevoir une telle place dans ce journal de référence, si emblématique. Un grand merci à Zena Zalzal pour son regard sensible sur ces voix de femmes.« Porté par une écriture fragmentée […] le texte semble jaillir d’un ressenti brut, viscéral, d’où affleurent la mémoire d’enfance et les questionnements sur la féminité, la loyauté filiale, la place du corps au sein d’une société libanaise aux injonctions souvent antinomiques. »
Zena Zalzal, L’Orient-Le Jour📰 Article dans l’édition papier du 14 février (+ version numérique).
[Lire l’article complet sur L’Orient-Le Jour]






























