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avril 2026 | carnet
carnet – pour éviter le journal« pour toi ce n’est pas pareil
ce n’est pas le même Liban
tu ne peux pas comprendre »quand tes pensées
prennent ce poids de riende la salle d’attente, j’entends
tout de leur séance
il en sera de même à mon tour
malgré les portes, l’intrusion
on m’entendra
tuece qui un peu console
la lumière
une phrase qui se posequand je ne suis que sourires
une figureau marché
« on s’en fout, le gras c’est la vie
ça isole »
sa voix retombe
consciente de rater
lapsus ou glissementla même chanson tourne
tête occupée
j’écris autour, n’écris plus« c’est des gratte-papier »
elle le dit bouche coincée
lèvres confondues de rides
des gratte-papier
et ça sonne comme l’ultime insultece pigeon va partout où l’autre se pose
le chasse, prend sa place
abandonne pour de nouveaux raptsparler moins
encore moins
me faire formece besoin de dispersion
les murs sinon
ma claustrophobie(entendu)
« il a du ressenti
il en veut à la terre entière »le silence du matin
l’écouteelle a un serre-tête avec des oreilles de lapin
roses et blanches
on devine une texture veloutée
on est loin, on ne vérifiera pas
elle marche très lentement
entre les enfants qui se bousculent
rythmes alternés
elle marche derrière eux
l’un après l’autre comme ramasser des champignons
puis sa voix, des instructions en anglais
les enfants se rassemblent :
une queue parfaite encadrée d’oreilles aux aguetsil y a ce bruit et les formes hasardeuses
personne en adresse
il y a ma manière de regarder après
vérifier sans règles
je n’ai pas les règlesquestions frontales
et les mots manquent
mêmes simples, manquentle métro pose ses voix
à la surface
comme des pièces uséesparfois mordre suffit
les dents dans quelque chose
du caoutchoucfailli traverser par feu rouge
le bruit de la vitesse
m’a stoppéechagrin d’enfant
la bouche qui s’ouvre
rienparfois l’écriture
par son excès me terrifieentendu :
« elle fait partie de ces nanas
qui envoient des messages »plusieurs pages à la fois
comme s’il s’agissait de fuir toujoursécrire au plus près
en écartant mon visage
mes ticselle m’a dit
« je ne connais personne mort du covid
c’est pipeau »
je ne réponds pas
ta mort ne sera pas preuve
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comme un bruit de voix rouillées.
tout dort. le soleil a cette lumière fuyante comme un bruit de voix rouillées. ça parle sans moi, brouillons de tête.(extrait)
#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 481-2026.04.29
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un mot a pris forme sur ma peau.
la masse du vide dans ma main
cette nuit (extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 480-2026.04.21
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il était des fois.
𝘬𝘦́𝘯 𝘺𝘢 𝘮𝘢 𝘬𝘦́𝘯 𝘮𝘦𝘯 𝘢𝘥𝘪𝘮 𝘦𝘭-𝘻𝘢𝘮𝘦́𝘯
il est des avenirs racontés au passé
des plus tard troués de voix
il était une fois
tant de fois il ne fut pas
les débuts recommencent
matins qui bégayent leur seuil (extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 479-2026.04.15
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j’ai peur fêlée.
je répète ce qui se dit
s’entend, se répète
j’écoute, j’étouffe
ça lacère mes dents
le maintenant, là-bas, tous les jours
de loin, l’écran-fiction
trop pleine la bouche (extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 478-2026.04.07
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mars 2026 | carnet
mars guerrier
et comme d’emblée
le Libanj’écris en français
avec l’arabe en moi
– pays à l’ossi tu tombes tu me fais tomber
a dit la dame à la main de la petite
l’a dit en riantvents et odeurs
matin d’herbes coupéesla langue promet
vous prenez tout au premier degréon voudrait hâter
nos secrets d’enfantje perds l’équilibre
tenue aux bords
entre grâce et poingsymptômes collatéraux
d’une guerre de loin :
vue brouillée, envie de vomir
et fatigue, mots aveugles
souffle ras
dormir sauf la nuit
là-bas, le chaos fait ses dentselle mange les chips avec les deux mains
comme on tient un volant
elle les tourne entre doigts et bouche
hochements de tête – ce rythmeparler distribue parfois
les bons pointsje cherche leurs yeux
je n’ai que paupières et fronts
et doigtspar la fenêtre du train
je quitte à reculons
comme empêchéeplus d’enfants que d’adultes
besoin de leurs agitations
ce désordre sonore
parc et mercredielle dort l’iPhone à la main
comme un livre aux pages collées
l’écran à ses rêves ferméset de nouveau
les escaliers sous mes pieds
détalentcomme des apparitions
reels partout
quand le réel résiste
le bruit de l’ascenseur
les battants s’élancent et butent
horizon bloqué à hauteur de genoux
une heure durant
me bercer d’histoiresc’est ici, partout
pays de langues aphones
douleur chronique
à l’heure des nouvelleselle a plus de bagues que de doigts
ses mains animéesnuit
à quoi se raccrochent
mes dents ferrailles ?pour toi ce n’est pas pareil
ce n’est pas le même Liban
tu ne peux pas comprendre
me dit l’amietout est prétexte à nous distraire de la vie
le pouce par exemplevider les lieux disent-ils
comme on vide un poisson
arracher le seuil à la chaussure
laissez la clé sur la serrure du monde
fuyez vos murs disent-ils
nous les rendons poussière
on appelle ça évacuer
alors que c’est la terre qu’on déloge
quittez vos corps
c’est légitime disent-ils« te dire que je pense à toi dès que je jette un œil sur l’actualité et que je préférerais ne pas penser à toi dans ces conditions-là, vraiment pas (…) Alors, lire et écrire, au moins parce que c’est comme ça que je préfère penser à toi. » Juliette.

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Foire du livre Bruxelles: deux directs autour de Sobhiyé.
>>Au fil des pages : Spéciale Foire du Livre 2026
Eric Russon et Cindya Izzarelli — La Première (28 mars 2026)
Gratitude renouvelée à Eric Russon et Cindya Izzarelli pour leur accueil sur le plateau d’« Au fil des pages ». La finesse de leur regard sur Sobhiyé – Corps de femmes (Accro Éditions) et la générosité de cet entretien donnent à entendre ces voix de femmes au-delà des pages, explorant avec justesse les thèmes qui traversent l’ouvrage.
L’entretien est disponible en replay (l’accès est gratuit):🔗 [RTBF : Entretien avec Gracia Bejjani]

>>Inauguration de la Foire du Livre 2026
Sara De Paduwa et Cédric Wautier — La Première (25 mars 2026)
Un immense merci à Sara De Paduwa et Cédric Wautier pour ce moment d’échange lors de l’inauguration de la Foire du Livre 2026. Présenter Sobhiyé – Corps de femmes (Accro Éditions) comme premier roman sur ce plateau fut une belle entrée en matière.
L’entretien est disponible en replay (l’accès est gratuit):🔗 [RTBF : Entretien avec Gracia Bejjani]

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j’habite les tables.
on me griffonne
une phrase puis rien
nervosité d’un mot qui manque
je deviens l’alibi
l’impunité des brouillons
je me laisse traverser – peau
je suis le repos d’une main retrouvée
quand les corps s’appliquent
lents(extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 477-2026.03.31
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nos fictions sont des phrases qui parlent avant nous.
feutres acrylique (format 30,5 * 30,5)

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RCF: entretien autour de Sobhiyé dans l’émission « coup de projecteur ».
Gratitude pour l’accueil de Delphine Freyssinet et pour notre entretien du 24 mars dernier sur RCF. La finesse et la profondeur de ses questions ont permis d’explorer Sobhiyé – Corps de femmes (Accro Editions) sous d’autres angles, avec une lecture d’une grande sensibilité.
L’entretien est disponible en replay:
🔗 [RCF : Entretien avec Gracia Bejjani]
(L’accès est gratuit.)
Droits image: RCF
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𝙎𝙤𝙗𝙝𝙞𝙮𝙚́ – 𝘾𝙤𝙧𝙥𝙨 𝙙𝙚 𝙛𝙚𝙢𝙢𝙚𝙨 au fil des salons et foires.
[À VENIR]
• Le Salon International de l’édition indépendante de L’Autre Livre – REPORT
[PASSÉ]
• Foire du Livre de Bruxelles – du 26 au 29 mars 2026
Stand : les éditeurs singuliers
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Jed Jahjah lit Sobhiyé et me lit !
Le regard de Marc sur Sobhiyé – Corps de femmes ouvre le texte à d’autres lectures. Il y engage du vécu, une voix qui vient rencontrer ce qui s’y écrit déjà. Quelques minutes portées par tant de justesse et de sensibilité. Merci beaucoup de recoudre nos mémoires et nos histoires avec ces mots.
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Sobhiyé, vous l’avez lu…

Screenshot Eric Russon et Cindya Izzarelli / direct

Screenshot Jed Jahjah (Rasbaille) / chronique

Screenshot Sara De Paduwa & Cédric Wautier / direct

Screenshot Delphine Freyssinet – RCF / radio
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incantation rase.
dire, redire
dans l’attente têtue
qu’une parole change le réel
ou l’arrête
demander à la langue de réparer
routes, toits, chambres (extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 476-2026.03.21
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une greffe froide.
ça se greffe aux mâchoires
la guerre dans les narines
formatée propre, livrée froide
c’est garanti cyclique
on ne s’en débarrasse pas
chose qui colle
durcit (extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 475-2026.03.15
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je me méfie des phrases humides, salive des bouches sèches.
feutres acrylique…

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Prochaine rencontre autour de 𝙎𝙤𝙗𝙝𝙞𝙮𝙚́ – 𝘾𝙤𝙧𝙥𝙨 𝙙𝙚 𝙛𝙚𝙢𝙢𝙚𝙨
Le 26 mars à 19 h, je serai à la librairie La Grande Balade, au Kremlin-Bicêtre, pour un échange autour de 𝙎𝙤𝙗𝙝𝙞𝙮𝙚́ – 𝘾𝙤𝙧𝙥𝙨 𝙙𝙚 𝙛𝙚𝙢𝙢𝙚𝙨, animé par Emmanuelle Favier.
L’occasion de partager discussions et lectures.
Un grand merci à Julien Doussinault et Marion Roset d’accueillir cette rencontre, ainsi qu’à Emmanuelle Favier et aux associations Le Blanc de la neige et Histoires de femmes.
Merci également au Conservatoire et à la Médiathèque du KB pour l’attention réservée au livre et à l’annonce de cette rencontre sur leurs murs.
Au plaisir de vous y retrouver.𝗟𝗮 𝗚𝗿𝗮𝗻𝗱𝗲 𝗕𝗮𝗹𝗮𝗱𝗲, 30 av Eugène Thomas au Kremlin-Bicêtre (métro ligne 7).



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RTBF: Entretien autour de Sobhiyé dans l’émission Majuscules.
Immense merci à Eddy Caeckelberghs de m’avoir reçue dans l’émission Majuscules sur la RTBF, diffusée le 8 mars, pour une rencontre autour de Sobhiyé – Corps de femmes.
Nous y avons exploré les thématiques du livre, le travail de la langue, la place du corps…Écouter le podcast : L’entretien est disponible en replay sur la plateforme Auvio :
🔗 [Majuscules : Entretien avec Gracia Bejjani]
(L’entretien débute à 36:26. L’accès est gratuit : pour lancer l’écoute, il vous sera simplement demandé de créer un compte RTBF en quelques clics.)
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Quand Sobhiyé devient atelier: l’exploration de Nathanaëlle Quoirez.
(message partagé avec l’autorisation de Nathanaëlle)
Quand mon amie, l’immense poète Nathanaëlle Quoirez, transforme Sobhiyé – Corps de femmes en terrain d’exploration et de création dans ses ateliers d’écriture et de théâtre… quand elle me raconte comment chaque voix s’empare de Sobhiyé pour inventer son propre chant, le texte me revient chargé d’une humanité qui me bouleverse… Merci infiniment Nathanaëlle de prolonger la vie de Sobhyié, de lui donner corps et matière entre d’autres mains.Si vous ne connaissez pas l’écriture de Nathanaëlle, lisez-la absolument : Lettres à Madame, Editions Lurlure ou Kaïros chez Polder
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nous n’avons pas grandi
Nous n’avons pas grandi. Le temps n’est pas. L’avenir passait déjà quand nous étions hier. Nous y sommes encore. À chaque image qui reflue. À chaque son qui s’abat. Un vieux sursaut : chercher l’abri. J’ai gardé l’âge des premières fois. La sidération. Et ces mots que l’on supplie d’être vrais, pour que l’illusion tienne. L’abri n’était qu’un appartement en sous-sol. Un espace se rêvant demeure – on avait appris à compter les étages entre sol et ciel, le poids du béton sur les paupières. Ainsi fut notre jeunesse, sans autre toit que la langue.
Il ne suffit pas de baptiser un lieu « abri » pour qu’il se mure et protège. -
février 2026 | carnet
février, mois-rature
je te hais
que ça passe ne suffit passœur et frère
mêmes lèvres tombantes
des enfants pourtant
l’ennui, héritage familialsous la paupière droite, l’intrusion
un grain prend toute la place
s’arracher l’œil –
taire cette cacophoniele poids du rouge sur mes lèvres
ma bouche n’a pas appris
à porter d’autres couleursquand il pleut, le chemin se délave
je perds ses contours
le corps s’entête, pris de vitesse
aveugle au solj’attends la coïncidence
l’absolu :
illusion de jeunesse(rêve)
un éditeur corrige le recueil
de sa poète morte
face à face : l’original et sa version rectifiée
édition bilingue posthumedes visages me font face
six lèvres muettes bougent
en prières continues
le rythme se voit dans l’œil fixeremplacer les mots par des couleurs
dans cette langue insensée, trembler
traits maladroits des débuts(rêve)
la grand-mère morte vit
minuscule, herbeuse à nos pieds
une agitation d’insecte
si petite, confondue avec la terre :
on l’écrase par mégarde, on ne l’a pas vue
plus rien au sol
puis ça bouge – elle se relève, s’ébroue
au-dessus de sa tête, une auréole
et ses bras tendus vers le cieléviter mon reflet avant de parler
dents crispées
l’attente peut-être
mâchoire-porte
l’intime empêchéune bête au bord du cri
la colère cherche sa proieses messages, douceur écrite
puis elle appelle et sa voix, tout autre :
certains n’ont pas la langue de leurs motstenir contre l’usure
durer – ce malheur désormaisle corps n’est pas peau, os, sang
le corps chantier, charnier
l’image dévie :
je suis un pamplemousse qu’on épluche
qu’on découpe
et la morsure – spectatrice
de cette matière que je suisil y a maintenant un livre
entre le monde et mon corps
– protégée et exposée
par l’écriture expiréej’entends sa voix longtemps après
personne ne parle
un prénom répété qui empêche de dormir
ce n’est pas le mien, il appelle sa femme
le prénom revient, revient : injonction sans objet
nuit, bruits, animaux furètent
mais c’est son irruption que je crains
improbable, hallucinée
puis le prénom revient scander la langue
l’empreinte est là
comme une main qui pèse après s’être retirée
je ne serai pas agressée, je suis envahieau plus près des choses
et décollée
j’écris myopeaccepter l’idée de ce carnet ouvert
mais l’appréhension, toujours –
entendu dans le métro :
« on doit arrêter d’avoir
autant d’appréhensions sur les autres. »
j’ai pensé : elle se trompe de mot
elle veut dire a priori
je me dis aujourd’hui
que son expression se tientdes moments de peinture
divagations sans objectif
mes mains-objets
font
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quand le temps demeure.
quand l’instant vit en bouche, feuilles tendres.
juteuses blettes et poigne de citron.
quand le temps demeure. -
les os se souviennent.
à nouveau réveillée tête en terre
bouche narines à l’arrêt
les oreilles sourdes à leur propre voix
qui entend le silence des yeux ?
nos ancêtres peut-être
les os se souviennent (extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 474-2026.03.06
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Unidivers – « Une grande délicatesse et une grande dureté ».
Sobhiyé – Corps de femmes fait l’objet d’une critique aussi belle qu’exhaustive signée Cyrielle d’Alexandrie, sur Unidivers. Une analyse d’une grande finesse et générosité, qui saisit le livre avec une précision qui m’a bouleversée. Je pourrais citer des passages entiers… Un immense merci à Cyrielle d’Alexandrie pour sa lecture.
« Ce qui rend Sobhiyé – Corps de femmes si fort, c’est cette capacité à tenir ensemble plusieurs régimes de texte. La poésie et la notation, la scène réaliste et l’incantation, le dialogue brut et la phrase travaillée. Et surtout cette façon de faire du ‘je’ un lieu poreux...» Cyrielle d’Alexandrie, Unidivers
Lire la critique : Sobhiyé – Corps de femmes sur Unidivers
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quand ta main me renifle.
je suis devant toi
sans l’usage de ma peau
absente à ton visage
je t’aime de biais
je te reviens, posthume
corps en apnée (extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 473-2026.02.27
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que la terre reconnaisse nos os.
écrire l’inquiétude
le soupçon sous la langue
coudre le réel à vif
mots étrangers,
déjà malentendus (extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 472-2026.02.22
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L’Orient-Le Jour — « Un Liban au féminin, entre intime et paradoxes »
Sobhiyé – Corps de Femmes fait l’objet d’un bel article dans L’Orient-Le Jour ! Honorée de recevoir une telle place dans ce journal de référence, si emblématique. Un grand merci à Zena Zalzal pour son regard sensible sur ces voix de femmes.« Porté par une écriture fragmentée […] le texte semble jaillir d’un ressenti brut, viscéral, d’où affleurent la mémoire d’enfance et les questionnements sur la féminité, la loyauté filiale, la place du corps au sein d’une société libanaise aux injonctions souvent antinomiques. »
Zena Zalzal, L’Orient-Le Jour📰 Article dans l’édition papier du 14 février (+ version numérique).
[Lire l’article complet sur L’Orient-Le Jour]

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j’ai cinq ans de tristesse ahurie.
ce jour qui revient, cinq ans plus tard
cinq ans, mon nouvel âge
j’ai cinq ans de tristesse ahurie
j’ai cinq ans d’impossible
qui ne passe pasil y a l’avant de ta mort
et pour seul après, ta vitalité
elle nous habite, elle nous tient
je t’aime mon immense petit frère
mon Paul, mon lumineux
toi qui restes – entier -
un rien froisse ses veines.
elle entend penser leurs yeux
renonce quand l’aveu manque
leur front – mur étrange (extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 471-2026.02.15
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ce rêve qui échappe.
j’ai levé les yeux comme interpellée
une présence veille
un pli de clarté
la lumière avance à l’ombre
une apparence captive (extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 470-2026.02.07
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janvier 2026 | carnet
ici mon corps passif
je suis son absentepour ne pas y penser
je disperse les gestes
dévie par fragmentsau hasard
à mon insusur le canapé de chez eux
bassin tordu comme détaché
je n’entends pas ma gêne
je suis dehors, à l’écouteentre terreur et banalité
quand l’attente sans objet
sature mes yeux de bruit
me vide de ma langueje préciserai l’émotion
des mains qui prennent mon visage
dans le rêve racontéle scrupule, ta faille active
entre présence et rupturela forme cherche ses défauts
beauté qui douteje veux fixer le quotidien
visible sur mon corps
m’assurer de toucher la finbiais, récit
jusqu’à épuiser l’attente
doigts à l’épreuve du mondeil s’agira de silence
front ramassé, à l’écart
ailleurs des mots insistent
assourdisde nuit je m’entends
respirer comme une horloge
saccades d’aiguillesqu’une phrase transpire
forme froide, grave
la page contredirail faut la matière, ses interstices
l’accident des surfaces
un début d’infininuit de vents
je m’endors dans leurs sursauts
indistincts nos soufflesune parole faite de cassures
dépaysée, étrangère
j’entends ses débrisl’aplomb d’une note
et la rumeur autour
fracas du peudans quel matin je vis
sous quelle peau
déplacée hors de ma nuitla lumière, toile défaite
accroche les araignées, les ventsl’image comme distance
l’instant trouve ses plisl’apparence d’une répétition
quand je m’arrêtesurvivre à quoi ?
puis respirer à nouveau
parce qu’immobile
dans un texte inachevéle mot arrivera
évident, aléatoirel’écoute est un sol mouvant
à l’écart, avec
comme pulse l’inaudibledoigts gelés
feu – quelques secondes suffisent
la neige serait feu et merpour qui a connu la mer
c’est aussitôt ça
ces longs draps blancs
en apparence figésderrière la vitre
papillons mordus
au-dessus des lèvresquatre moustaches me font face
traces d’ailes au visage
aucune ne ressemblevisages et voix d’enfant
un matin neige
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éboulement de phrases, la page perd ses bords.
bics, feutres… | 12

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un reste d’envol.
cadence, retour
vous remuez des paupières
battre encore, s’envoler
on revoit la rue
le frisson des insectes
l’horizon est plus bas
on tombe enfin
lourdement (extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 469-2026.01.27
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Sobhiyé – Corps de femmes
Joie ! ✨ Sobhiyé – Corps de femmes fait partie des sélections de
– Prix Hors Concours
– Prix Méditerranée Premier roman ! 🌊
Merci aux membres du jury pour l’attention portée à ces voix de femmes
et à Accro Éditions pour sa confiance.
Sobhiyé – Corps de femmes, vous l’avez lu : vos mots, vos voix regroupés ici :
>> page alimentée au fil des rencontresAlors que je voudrais tout taire – tout, en cette période de terreur… je reçois vos mots, vos voix. Et la nécessité d’exprimer ma très grande reconnaissance Amis, inconnus, journalistes… j’ai regroupé sur cette page les sources et liens vers ces traces. Sans oublier vos messages si précieux reçus en direct aussi – et de m’émerveiller encore de découvrir d’autres sobhiyé entre vos mains. Merci infiniment pour vos lectures généreuses, personnelles, habitées. Je continuerai d’alimenter cette page avec les rencontres à venir.
Sobhiyé – Corps de femmes,
>> liens vers extraits lus avant la parution :– extrait #7
– extrait #6
– extrait #5
– extrait #4
– extrait #3
– extrait #2
– extrait #1
Sobhiyé – Corps de femmes, mon premier roman paru le 22 janvier 2026 chez Accro éditions.
Très heureuse de partager cette date avec vous.Beyrouth, années soixante-dix. Dans le quartier chrétien d’Achrafieh, la narratrice et ses amies, Hanane et Nayla, grandissent entre Orient et ouverture à l’Occident. En hissant leurs voix, elles se souviennent des épreuves fondatrices de l’enfance et des subtilités du monde des femmes, au cœur d’une société dominée par les hommes.
C’est dans l’intimité de la maison, des gestes et des rituels, que l’autrice nous entraîne pour dire la force de résistance de ces femmes, au quotidien d’abord, puis plus tard, face à la guerre.📖 et d’autres infos sur le site d‘Accro Éditions
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Scène Kainf | extrait 2.
extrait de la soirée La Kainf Poésie Club
organisée par La Kainfristanaise (24 janvier 2026)
avec un texte tiré du recueil « J’ai appris à parler sur tes lèvres)
extrait :
entre épaule et cou
peau me mord
tes creux — flux de mes paupières
je m’égare, ton embrasure
courbe rescapée d’un envol de cheveux
ta mèche, comme habit qui tombe et nudité
ta peau, ses grains… -
Scène Kainf | extrait 1.
extrait de la soirée La Kainf Poésie Club
organisée par La Kainfristanaise (24 janvier 2026)
avec un texte paru dans la revue Lettres d’hivernage IV
extrait :
langue morte des mères
langue des femmes, langue murée
dents scellées des filles
leurs voix — voix devenues ombres
si les mots aussi s’interdisent
s’arrêtent en gorge
quelle histoire, quelle mémoire sans paroles.. -
extrait #7 | sobhiyé – corps de femmes.
dernier extrait avant la parution du roman,
𝗲𝗻 𝗹𝗶𝗯𝗿𝗮𝗶𝗿𝗶𝗲 𝗹𝗲 𝟮𝟮 𝗷𝗮𝗻𝘃𝗶𝗲𝗿 𝟮𝟬𝟮𝟲toutes les infos sur le livre :
https://graciabejjani.fr/2025/12/06/sobhiye-corps-de-femmes/#PremierRoman #Lecture #Littérature #Sobhiyé #CorpsDeFemmes #Beyrouth #Liban
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un bruit de papier tendre.
leurs phrases écrivent ta voix
te feuillettent,
brutales sous les paupières
te caressent,
outrage aux joues (extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 468-2026.01.17
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le réel est une phrase qui harcèle.
bics, feutres… | 11
format A3, avec la capture des fragments (dessin au bic, coloriage au feutre, contour en noir, découpage ciseaux)
avant de les assembler, de les coller








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extrait #6 | sobhiyé – corps de femmes.
je vous lis un court passage de sobhiyé – corps de femmes
un nouvel extrait chaque semaine jusqu’au 22 janviertoutes les infos sur le livre :
https://graciabejjani.fr/2025/12/06/sobhiye-corps-de-femmes/#PremierRoman #Lecture #Littérature #Sobhiyé #CorpsDeFemmes #Beyrouth #Liban
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l’épiphanie du rien.
visage sorti
exposé neutre
l’insolence
de n’être plus personne
tout matin est effraction
–
la joie est ivresse
reste l’enchantement
le goût de l’os contre les dents (extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 467-2026.01.11
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extrait #5 | sobhiyé – corps de femmes.
je vous lis un court passage de sobhiyé – corps de femmes
un nouvel extrait chaque semaine jusqu’au 22 janviertoutes les infos sur le livre :
https://graciabejjani.fr/2025/12/06/sobhiye-corps-de-femmes/#PremierRoman #Lecture #Littérature #Sobhiyé #CorpsDeFemmes #Beyrouth #Liban
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mais anonymes maintenant.
on a disparu du passé
langage serré entre les dents
— morsure sans intention (extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 466-2026.01.03
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bics, feutres… | 10
Commencer l’année avec les couleurs terminées l’année passée,
format A3, avec la capture des fragments (dessin au bic, coloriage au feutre, contour en noir, découpage ciseaux)
avant de les assembler, de les coller






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Marine Riguet | Ni dire ni taire. Le poème en vidéo | extraits.
Marine Riguet, « Ni dire ni taire. Le poème en vidéo » éditions La Rumeur Libre, 2025.
Il m’a fallu des mois sans arriver à trouver comment dire la finesse et la beauté du livre de Marine. C’est incroyablement intelligent et sensible à la fois ; une œuvre qui ouvre de nouvelles portes et qui témoigne d’une immense générosité de regard.
L’écriture de Marine est magnifique, sa langue est d’une justesse rare. Le livre explore le « poème en vidéo » avec tant d’inventivité. Elle nous fait l’honneur de dialoguer avec nos créations, à Milène Tournier et moi, ainsi qu’avec d’autres créateurs de poésie sur YouTube.
Mais et surtout, il y a l’univers poétique de Marine : une merveille. Ses vidéos-poème, à voir et revoir sur sa chaîne / @marineriguet . Et ses recueils, à lire et relire, en particulier « Antigone sur la route » paru cette année également aux merveilleuses éditions Unes.
Je ne voulais pas que l’année se termine sans rendre cet hommage. Alors, ne trouvant pas de mots à la hauteur, nous avons préféré Milène et moi lire deux courts extraits du livre.
Pour remercier Marine, tout simplement#MarineRiguet #VideoPoesie #PoesieContemporaine #NiDireNiTaire #AntigoneSurLaRoute #LaRumeurLibre #EditionsUnes
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extrait #4 | sobhiyé – corps de femmes.
je vous lis un court passage de sobhiyé – corps de femmes
un nouvel extrait chaque semaine jusqu’au 22 janviertoutes les infos sur le livre :
https://graciabejjani.fr/2025/12/06/sobhiye-corps-de-femmes/#PremierRoman #Lecture #Littérature #Sobhiyé #CorpsDeFemmes #Beyrouth #Liban
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des mots à hauteur de vent.
pour d’autres rues
j’ai quitté
d’autres figures
je marche anonyme
je passe
débordée de mots à hauteur de vent (extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 465-2025.12.27
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extrait #3 | sobhiyé – corps de femmes.
je vous lis un court passage de sobhiyé – corps de femmes
un nouvel extrait chaque semaine jusqu’au 22 janviertoutes les infos sur le livre :
https://graciabejjani.fr/2025/12/06/sobhiye-corps-de-femmes/#PremierRoman #Lecture #Littérature #Sobhiyé #CorpsDeFemmes #Beyrouth #Liban
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je boite des doigts.
plus agiles que mots
mes mains araignées
elles me protègent
elles arrêtent, entourent
doigts pattes sur le clavier
je ne suis pas seule
j’ai mes mains (extrait)photos de street art
réalisées dans différents lieux,
collectées au fil du temps
œuvres d’artistes parfois anonymes ou non identifiés
gratitude profonde
aux artistes#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 464-2025.12.20
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extrait #2 | sobhiyé – corps de femmes.
je vous lis un court passage de sobhiyé – corps de femmes
un nouvel extrait chaque semaine jusqu’au 22 janviertoutes les infos sur le livre :
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