-
le je ne sais pas d’une nuit de presque lune.
(ceci n’est pas haïku mais vers solitaire; solitaire monostiche)
-
vertèbres de pluie quand l’heure se tait. (vidéo).
extrait:
…sommes-nous frange de vie
nous clignons à peine
liturgie de mâchoires arrachées à la démence
sommes-nous le dédain des seuils…le texte de cette vidéo est également à lire ici:
lien à venir -
un lisse naufrage
tu as manqué
ça empoigne toute la place
j’en suis pénombre, espace public
mes verticales, filaments courbes
n’as-tu pas manqué? tes mains, regards, voix
désertion
je me hasarde sans branches de ciel
tes effusions, lézardes qui épuisent (vident)
ton amour, aberrante abstraction
tu ne t’es pas risqué, tu es un lisse naufrage
t’halluciner me condamne au vent éternel
les passants me traversent, béance de pierre. -
ode domestique. (vidéo).
extrait:
…gargouilles de nos silences informes//
poubelles obstinations verticales//
et fatigue odorante…le texte de cette vidéo est également à lire ici:
lien à venir -
sommes-nous (5)
sommes-nous frange de vie
nous clignons à peine
liturgie de mâchoires arrachées à la démence
sommes-nous le dédain des seuils
splendeur sans éclat
on se heurte, corps avides
sommes-nous figures de disgrâce
on se dit métaphore d’homme
muscles courbés par les mots
on tremble de silence
sommes-nous la preuve de l’absurde
l’étrange du monde, mort ordinaire qui se rapproche
on tremble
on tremble en silence. -
talisman
Par ciel lait
Tu n’auras rien, il me dit
Le rien d’un ciel clos blanc
Tu n’auras rien, dit-il de ces mots qui lapident de face
Je ramasse ma petite foi
Me déverse, stériles naufrages
Ces étranges je t’aime
Tu n’auras rien, dit-il me parlant de toi
Je m’accorde, monticule de nos reflets
Te tenaille entre mes serres rapaces
Portique sur la honte
Et pends devant tes crevasses sableuses
Honte de mes poussières
De mes tonnerres humides devant ton corps
Je sombre empreintes de tes pas
Honte de supplicier silence
Le vacarme n’est pas rugissement de cieux mais foudre domestique. -
#souvenir, mots par-dessus mots, penser le souvenir au hasard des souvenirs qui récidivent (une série Facebook) – 30 souvenirs.






























30/ souvenirs, ma cristalline amnésie.
écrire l’écrire, amnésie (3) (vidéo) >> https://youtu.be/R7jo_GDmwyg29/ souvenirs : les os de nos fantômes, funambules en nous greffés.
L’autre en soi.28/ souvenirs : tracés sur les peaux de nos langues maternelles.
écrire l’écrire, trajets de langue maternelle (1) (vidéo) >> https://youtu.be/EBFqyEmpZws27/ souvenirs de visages que je n’ai pas connus; étiques et poreux, comme la matité du réel.
Se sentir attendus, en village inconnu. #Liban26/ souvenirs : mémoires d’outre-lieu.
Aller-Retour. Coïncidence hasardeuse avec un soleil qui se lève ; se couche. Et cet étrange sentiment de se tenir toujours aux lisières de mes deux pays. En boucle.25/souvenirs : marches aveugles.
On n’a pas vu venir (vidéo) >> https://youtu.be/zvSAhL4KgvM24/souvenirs : franges tendues entre débuts et fins.
Où commence, où s’arrête le trajet ? Suspens.23/souvenirs embrument la mémoire. Le jeu, épreuves de paradoxes
Petits nous jouions déjà à nous cacher des invisibles.22/souvenir : traversée de nos corps venteux.
Traversée par tous les vents. À cran.21/souvenirs : scènes sans nous.
Entre eux, invisibles.20/souvenirs : diaphane présence de spectres.
Levée de spectre.19/ souvenirs : moites confidences de corps.
Entre humidité et moiteur, le corps expire sa douceur.
Ce n’est pas la sueur de l’effort, ni l’aigreur du labeur.
Plus subtile, plus diffuse ; imperceptible confidence.
Murmure qui se détache des pas lents, longs.18/ souvenirs : filigranes, marges du temps.
Retrait. Face à face hors temps. Quelle histoire en filigrane ?17/ souvenir : un autre récit de soi.
D’un autre point de vue, la rencontre est récit.16/ souvenir : sel, résiste à l’effacement.
L’homme s’adapte ; à tout. La langue résiste.15/ souvenir : vie en rétro par fragments de regards
« Rétro ! taxi » #Liban14/ souvenirs : nos instants captifs.
« Capturer le réel » #Liban13/ souvenir : présence à l’aplomb de soi.
« Elle a toujours été là, la mer »12/ souvenirs : traversées de paradoxes; matière d’horizons.
« …à quelques km de la frénésie de Beyrouth, des horizons de la mer…. Sommes-nous de la même matière que le sol natal? comme lui traversés de paradoxes » #Liban11/ souvenirs : langue commune comme inconscient collectif, on se cause à notre insu.
« Repli » #Liban (vidéo) >> https://youtu.be/_PKzTjIf1Zo10/ souvenirs : fantasme d’éternité.
« Côte à côte; devant l’éternité coincés » #Liban9/ se souvenir : figé dans l’entre-deux.
« Quand le mouvement est sur-place » #Liban8/ souvenirs : complaisances partagées.
« Complaisance »7/ souvenirs : pudeur de l’inconscient.
« Mais sans complexe »#Liban6/ souvenirs : vortex de l’instant.
« Matière, mon corps. Ramassé de nerfs; à flanc de soi »5/ souvenirs : les silences du présent.
« Les pensées au creux des pas, linceuls de ruminations passées; à vide. L’ouïe se prend à la terre. Silence, plus rien ne tourne »4/ souvenirs : saveurs de maintenant.
« Épicer le réel » #Liban3/ souvenir de souvenir et mise en abîme.
« À peine posé, les cèdres montent en toi; souvenir voilé implacable. » #Liban2/ je ne serais plus que souvenirs? remontent ce matin.
« – Moi tu vois, au fond, je cherche l’amour. Une rencontre, la vraie rencontre.
– Une histoire banale? L’ordinaire, c’est pas mon truc »1/ souvenirs : chronophagie des ans.
« Je t’aime; je te mange »Lire la superbe analyse que réalise Marc Jahjah sur cet article
-
cri
mamamama chante l’enfant au visage qu’il ne voit pas
derrière, sa maman placidement pousse
les femmes qu’il fixe, mères le temps d’un cri
le poissonnier s’impatiente, je vous en mets combien
ses doigts plastique, nerveux dans son thon. -
temps, contrejour de désolation.
enlace la ville, son outrance
tu sursautes d’étreinte humaine
prends mer et retiens
enlace pierre mercure et vaguelettes
tu t’absentes écriture liquide
mais le temps enserre et faille
temps, contrejour de désolation. -
sommes-nous (4)
sommes-nous raidis, creusés de trop de mots
failles de nos regards obèses, sans écorce de pensée
nous flânons, entre filiation et absence
pris dans une chair vaine comme univoque tissu
usés de cendres, on tremble éventrés
sommes-nous remous de nuages gelés
vertèbres de pluie quand l’heure se tait
sommes-nous parenthèses de vent
sur des visages sans consolation
qui scrutent et nous évitent
on tremble
on tremble des os. -
j’aboie l’absence.
de lieu commun en éclat de sens, mots se délient
je chute, tendue comme brutalité de rêves
je crie, verticale liturgie des fins
l’ombre des seuils écoule ses jours affranchis
mes récifs d’instants sustentent le temps d’impatience
je suis brume lente, pensée de biais
ma douleur tangue sur la main, opaque comme veines
regarde la folie courir sur les doigts, mais palpe-la donc
vulnérable peau ne retient les visages
ils me reviennent et hantent
je suis cap de silence; à tout retour, peines
le hasard veut que j’aboie l’absence
tout tu, j’invoque la peur, j’en suis pleine
implore le geste qui manque
j’ai mal à ma mort
je chute, idée informela vidéo réalisée avec ce texte est également visible ici:
https://graciabejjani.fr/2019/07/30/jaboie-labsence-video/ -
soupir.
doigts soupirent dans mes cheveux, pulpes du geste
je ne vérifie pas
par crainte de nous fourvoyer poussière
implacable réel -
entre tes poings.
reviens, avant
mère dit
reviens avant, sans mot après l’avant
elle s’arrête avant
comme qui faute déjà
s’empêche comme pardon
s’empêche prolixe
reviens, avant
entre reviens et avant, pause comme frange
je trébuche dans tes petits silences
reviens, avant
elle dit, voix basse, courte
honte de quoi
tu supplies et ça condamne
ta voix d’à peine
me frémit monstre, comment je peux si loin
reviens
un avant sans date sans mois
avant et c’est furtif abîme d’une fin qui s’élude
peur de ta mort, mon épouvante
je dois te taire, démanteler l’instant
tamiser l’obsession du reviens
fanatique amour tiens
ma vie dans tes rêves insolubles
reviens, avant
l’absolu avant, comme reviens de suite
comme reviens à avant
avant, ma petite
reviens, césure
suspendue en filets de lettres
quand tu m’implores tu me broies
mortier de mots
je me hâte de quitter revenir
ta petite, dans tes poings.la vidéo réalisée avec ce texte est également visible ici:
https://graciabejjani.fr/2019/07/21/entre-tes-poings-video/ -
j’aboie l’absence. (vidéo).
extrait:
…je suis brume lente, pensée de biais//
ma douleur tangue sur la main, opaque comme veines//
regarde la folie courir sur les doigts, mais palpe-la donc//
vulnérable peau ne retient les visages//
ils me reviennent et hantent…le texte de cette vidéo est également à lire ici:
https://graciabejjani.fr/2019/07/30/jaboie-labsence-video/ -
entre tes poings. (vidéo).
extrait:
…reviens, avant//
elle dit, voix basse, courte//
honte de quoi//
tu supplies et ça condamne//
ta voix d’à peine…le texte de cette vidéo est également à lire ici:
https://graciabejjani.fr/2019/07/30/entre-tes-poings/ -
un deux.
papa papa papa
exulte l’enfant
calme-toi calme-toi
voix du père -
sommes-nous (3)
on égare les phrases
sur des visages crevasses
sommes-nous monologues de silence
syllabes solitaires et inanes répétitions
on tremble des mots, servitudes de paupières
sommes-nous déjà le silence à venir
sourdines de nos aimés
on tremble
terreur ordinaire
on tremble -
sommes-nous (2)
sommes-nous désormais histoires
inaudibles au présent
sommes-nous récits radotés par des joues marmotte
mélodies de fantômes plus coriaces que fatigue
sommes-nous désormais spasmes de filiation
scellant ciel et monts comme distance entre les vies
branches en fuite devant le désarroi de nos enfants
on tremble
on tremble comme peau. -
sommes-nous (1)
sommes-nous encore contenus par nos peaux
corps brassés, os apathiques
nos heures carapatent aux parages
vies oubliées des verticales. -
on s’épuise aux seuils…
on s’épuise aux seuils de lieux hallucinés
obsessions de mémoire exsangue de souvenirs
mais seule la vie, la vie malgré tout -
seules herbes et ronces chatouillent ma présence
je m’ébruite à distance, absorbée
déjà avalée par cieux
je, abstraite forme
baroques couleurs asservies au décor
seules herbes et ronces chatouillent ma présence -
écrire l’écrire, marges et tréfonds (9). (vidéo).
écrire. (9)
extrait:
…écrire en fossoyeur d’illusions//
casser le sol, son agitation, les certitudes//
poussière au présent, gravats de pensées//
écrire, acharnement en marge//
morsures d’estomac et rauque faim…le texte de cette vidéo est également à lire ici:
https://graciabejjani.fr/2019/07/05/ecrire-lecrire-marges-et-trefonds-9/
-
Gilles Bonnet, «Spectralités de la littéraTube»
Fabula / Les colloques, La littératube: une nouvelle écriture?
https://www.fabula.org/colloques/document6282.php
extrait: « (…)Le ressassement caractérise le plus souvent ces œuvres de vidéo-écriture, tel l’«obsédant ressac» que note Gracia Bejjani dans sa série «Petite Fantôme»: c’est que le ressassement serait le fruit d’une énonciation propre au virtuel, si ce dernier comme le souligne Deleuze dans Différence et répétition, se caractérise par la multiplicité des possibles quand l’actualisé, à l’inverse, se réduit à l’unicité de ce qui a pris sa forme définitive. L’épisode 3 de «Petite fantôme», intitulé «Se dira dira pas se dira pas» consiste ainsi en un plan fixe sur un feu et ses braises, ou plutôt sur l’espace entre les bûches en train de brûler. Et le texte en surimpression de confirmer que l’objet de la quête demeure bien «l’absence entre/qui balbutie» (0’23). (…) >>>lire la suite sur Fabula
-article rédigé par Gilles Bonnet que je remercie vivement- -
écrire l’écrire, marges et tréfonds (9).
écrire l’écrire, marges et tréfonds
allant de muscles, de bruits qui creusent
écrire, adjuration de bouches
ventre gros de minutes aux aguets d’écrire
corps-orages tournent en rond
faste platitude des surfaces
écrire, comme on griffe les peaux qui grattent
furie d’ongles, éclats de joie
écrire, labourer entrailles et parfois rien
effervescence, usure, écrire ingrat
on enfonce bras et langue dans la tourbe
on absorbe, recrache, ça change quoi?
écrire d’une main sonore
doigts épouvantés, délicate crasse de soi
ça distille les confins du réel
fracasse prosaïques journées
textes tavelés d’émotion
écrire, détruire terre en ses tréfonds
essaim de visages par fuite de regard
ça se cogne à la complaisance
écrire en fossoyeur d’illusions
casser le sol, son agitation, les certitudes
poussière au présent, gravats de pensées
écrire, acharnement en marge
morsures d’estomac et rauque faim
ça cahote, demeure.la vidéo réalisée avec ce texte est également visible ici:
https://graciabejjani.fr/2019/07/07/ecrire-lecrire-marges-et-trefonds-9-video/ -
tu immobilises mon errance (vidéo).
extrait:
…je t’envahirais//
diaphane cannibale//
t’emplirais langue//
mais tu immobilises mon errance d’un geste//…le texte de cette vidéo est également à lire ici:
https://graciabejjani.fr/2019/06/30/tu-immobilises-mon-errance/ -
tu immobilises mon errance.
entre ton épaule, ton cou
peau me mord
tes creux, flux sur mes paupières
je me perds
le temps désormais ombres, morceaux de toi
ténu instant entre épaule et cou
je m’égare
seule ton embrasure
courbe rescapée d’un envol de cheveux
comme habit qui tombe et nudité
ta peau, ses grains
je me suspends à l’absurde
t’aimer en ce frêle lieu de toi
lignes et biffures de raison
m’abîmer, cavité entre épaule et cou
ce ne sera pas baiser
mon ardeur, lèvres briguées par ta transparence
idiote d’amour
je t’envahirais
diaphane cannibale
t’emplirais langue
mais tu immobilises mon errance d’un geste
ta main me déconcerte
tes doigts à peine et je suis toute
échouée sur ton regard impavidela vidéo réalisée avec ce texte est également visible ici:
https://graciabejjani.fr/2019/07/03/tu-immobilises-mon-errance-video/ -
par terre.
Le sol c’est pieds et mains, le sol c’est peau qui colle et claque, sol présence sous soi et ça rassure tu ne tomberas pas plus bas que sol, le sol ton corps autre quand tu titubes ou quand elle n’en peut plus et tu passes de ses bras chauds et mous comme nourriture à la dureté du carrelage, maman ne peut plus te porter, soupire -elle pèse de plus en plus lourd, elle grandit ma fifille- tu glisses de son bassin au sol, elle te pose et tu as peur d’un jour trop grandir -bientôt je ne pourrai plus, elle dit parfois- quand elle renoncera à te soulever, pas de sa faute si tu es trop lourde, tu te vois abandonnée au sol, qui pour te relever, qui pour t’oublier, pour te distraire de l’affreuse attente tu ramasses tout -puissant aspirateur cette gamine, dit maman en riant- elle te tape les mains pour que doigts lâchent ces petites choses du sol encore plus petites que toi, ces minuscules, ton plaisir à les briser entre pouce et index, les transformer en encore plus petits que petits, gestes stoppés par les hurlements de maman quand tu approches de tes lèvres quelques miettes, elle t’attrape de lestes mains comme si tu devenais petitement légère, tu capitules bienheureuse de retrouver sa peau, malgré vertige et douleur d’être secouée ; parfois c’est toi qui hurles, détresse devant le gros cafard qui surgit de tu ne sais où, qui te salue du balancement de ses antennes, tu louches et hurles devant le noir lustré de son corps, entre fascination et horreur, hantée encore de son bruit de mort, craquement qui s’est logé dans ton ventre quand papa l’a écrasé pour te rassurer, ton papa qui a transfusé la peur dans ta tête en voulant t’en délivrer ; ton papa, ses bras qui à d’autres moments te jettent dans les hauteurs, dans les airs comme au sol, c’est le même chuter, mais vers les nuages, corps propulsé, cœur qui dégringole, jubilation et angoisse de t’écraser au sol, te briser en marée rouge qui submerge le béton comme dans les films interdits qu’à peine tu aperçois, dans les airs comme sur terre, tu apprends et assimile la matière, sensation matière et audace de corps, tu hésites entre bonheur et terreur, entre plaisir à ressentir la fraîcheur du carrelage et dégoût des odeurs de tapis en hiver, effluves de terre que cette laine foulée qui déploie ses motifs complexes, tu t’y perds comme en un livre d’images. Le sol c’est terrain de jeu, cache-cache et tu te glisses sous le lit des parents, yeux fermés, des mains tu caresses le carrelage pour te sentir accueillie pendant qu’on te cherche, vont-ils se douter de ton refuge et s’ils t’oubliaient, il arrive à maman de ne pas trouver son briquet ou sa bague -et bien tant pis perdu c’est perdu, elle dit- dirait-elle de toi, perdue pour perdue ? tu vivrais alors sous leur lit-tente qui grincerait leurs secrets, tu partagerais leurs émotions, leurs mots, ils les laisseraient tomber à terre sans se douter de ta présence ; par terre c’est jeu avec les frères, aire de combats délimitée et bagarres arbitrées par décompte 10-9-8-7… te relever avant le zéro, quitter le sol, le sang battant au rythme inverse des chiffres 7-6-5-4…, le moment où tu capitules avant de perdre, capitules aux sonorités d’un chiffre, mais plus tu grandis plus les aînés te mettent rapidement à terre, te plaquent et tu t’immobilises sous la force de leurs muscles comme une insecte. Le sol c’est cette nostalgie de joies et de drames, enracinement d’orteils et explosion de limites, tes pieds nus empreintes de mémoire, les étés de ton pays chaud, terrasse de maison muée piscine, on abandonne la serpillère contre générosité d’eau, les seaux se succèdent et ton corps hilare se rue sur les jets, leur frappe aussi jouissive que les vagues des vacances, ta plante qui perd pied, à peine retenue par une peau qui ne sait plus séparer l’eau de la terre, distinguer flottement et sécurité. C’est l’insécurité qui remonte, souvenirs de sommeils collectifs et d’abris improvisés, un immeuble entier tassé dans quelques pièces, matelas au sol, on se tient bas en journée aussi avec le sot sentiment d’être protégé si le corps ne dépasse pas une certaine hauteur, se recroqueviller pour rester en vie, invisible des bombardements aveugles ; tu revois grand-père embrasser la terre de ses ancêtres, tu te revois émue qui dérives, tu te raccroches à l’idée de ses lèvres salies d’argile pour ne pas empoigner sa mélancolie tienne, tu ne veux pas de baiser trempé de racines, ses racines et quelles racines ; tu te préfères indienne, tu embrasserais la terre de l’oreille, la laisserais irradier en toi, te relier au plus lointain, il faudrait renouer par terre, descendre, plier : ce que ça te fait d’à nouveau t’agenouiller, de capituler de pleine grâce. Ou te refuser, ventre aplati contre le sol tu boudes, tu te fais poids, plus lourde que lourde, personne pour te secourir -je ne peux plus la porter, ils diront tous- plus grande plus lourde, sol de chair qui te colle, te colle à vie, tu finirais par te transfondre en lui, ton toi sol, tu boudes, tu boudes on ne te bougera pas, tu boudes comme mourir et retourner dans la terre, car tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière.
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ZeTMaG (publication)
Come explore our latest issue with its range of fascinating works related to Language(s) and Space(s) – with Nicolas Vermeulin, Balpe Jean-Pierre, Gracia Bejjani, Janan Marasligil, Lou Sarabadzic, Tanja Vujinović, Mez Breeze, Annie Abrahams, Saemmer Alexandra, Anna-Maria Wegekreuz, Eugenio Tisselli, Chris Joseph, Natasa Boskic, and Qianxun Chen
Le thème de ce numéro de ZeTMaG est : Langu(ag)e(s)-(E)Space(s).
Ce numéro accompagne un colloque intitulé Languages INTER Networks, organisé par Erika Fülöp à l’université de Lancaster les 20-21 juin 2019.
La durée de ce numéro 4.2 est de trois mois. Ce numéro reste ouvert jusqu’à fin septembre.
ZeTMaG, un espace ouvert aux expérimentations et aux réactions, une zone temporaire, en transit, en mouvement qui évolue dans le temps, va s’épandre, se condenser, disparaître et renaître. -
me meus dans tes plis (vidéo).
extrait:
…je romps//
m’altère en baroque nous//
je tombe en toi//
turbulente de toi//
qui hantes…le texte de cette vidéo est également à lire ici:
https://graciabejjani.fr/2019/06/16/me-meus-dans-tes-plis/ -
me meus dans tes plis.
tu te tiens au seuil; m’étourdis déjà
tu surgis, improbable
au seuil et tu me précipites
ébranles vie, barattes ses virgules
et le clignement des instants
je romps
m’altère en baroque nous
je tombe en toi
turbulente de toi
qui hantes
tu pulses l’ombre
tout geste est scansion de toi
je songe, m’endors dans ton sang, le goût
je me meus dans tes plis
tu me creuses, m’éventres
frétillements, ma fureur de toi
mes heures se livrent à ta face
les secondes dérivent de gravité
me recueillir sur tes seuils, en vertige d’absence
dans l’urgence désormais à renverser le réel
et m’abasourdir sur ta peau.la vidéo réalisée avec ce texte est également visible ici:
https://graciabejjani.fr/2019/06/16/me-meus-dans-tes-plis-video/