Formes littéraires sur le web (3) présence de l’élégie

lire l’intégralité de l’article sur le blog de Marc Jahjah à qui je renouvelle mes remerciements pour ses analyses.


Extrait : « (…) En articulant texte/voix/image-mouvement, Gracia questionne sa propre présence mais également celle du mort, qui fuit : “puis le réveil, solennel retour à ta mort”. Nos sociétés ont inventé des ordres de réalité (veille/sommeil) qui semblent étanches, coupés les uns des autres, comme si l’espace de communication avec nos morts devait et pouvait être circonscrit. La poésie, au contraire — puisqu’elle admet la mort — en recherche le “vrai lieu”, c’est-à-dire l’entremêlement : où se trouve le mort ? Comment apparaît-il ? Sous quelles formes ? La voix et l’image-mouvement, souvent répétitives et continues chez Gracia Bejjani (cela tient également à des questions de ressources, de temporalité et de montage2), sont l’ancrage de l’errance : l’altération, la recherche sont possibles, parce que rien, ou si peu, ne bouge. Mais pendant ce temps, les ordres de réalité ne cessent de passer, de s’écouler les uns dans les autres ; un plan se fond dans un autre ; la nuit se répète à l’infini. Si le thrène est capable d’une vérité, c’est alors de celle-ci : comme tout procès métamorphique, c’est un compromis entre devenirs, entre incarnation et excarnation ; c’est un petit théâtre où vie et mort hésitent dans une forme éphémère qui “n’en finit pas”.

>> lire les articles précédents :
Portraits de formes littéraires (1) la règle et l’attente
L’écriture de soi “en ligne” : une pratique automédiale