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complaisance ton geste.
complaisance ton geste, tu traverses les liens;
sans mots, traces pour te contenir;
atrophié de toi qui ne sais plus advenir;
qui peines à mouvoir ton corps d’ogre sans poésie d’ogresse;
quand complaisance. -
ça compte.
il compte ses frites, sans yeux, sans signe à alerter la mère; il compte combien et s’il a été mieux ou moins servi que ses frères et quel frère on lui préfère et si aujourd’hui c’est lui qu’on aime; il compte sans broncher rien ne le trahira; il compte, ça prend l’instant.
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injonctions paradoxales. (2)
l’exil, cet horizon déplacé qui toujours te longe. blanche présence, ne se rejoint pas. te densifie, là; édifié de paradoxes.
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injonctions paradoxales. (1)
•la mère: yiii que tu as grossi!
•l’enfant: …(plaidoyer trop long trop confus, ne sera pas repris ici)
•la mère: tu n’as pas goûté à ce plat! comment ça tu as assez mangé? goûte au moins! et celui-ci, je l’ai préparé pour toi! tu prendras bien un dessert? comment ça non? -
taxi-liban.
•taxi: je parie que ça fait de nombreuses années que vous n’avez pas mis les pieds ici!
•moi: je viens tous les 3 mois
•taxi: mais vous filmez tout! vous n’arrêtez pas! pourquoi? pourquoi vous filmez la route, les voitures? quel intérêt? -
dans tes creux.
entre deux os
dans ton dos
contre ta rudesse
ma chair se rejoint.
ta douceur, déposée
moiteur intime
la suavité, combat à deux. dans tes creux. -
dialogue en fuite (3).
Et moi, je serais la Conchita! Je te jure! «Tu peux faire le linge, une machine. Rien à manger, il n’y a rien à manger». Voilà! Y avait que ça. Et des indications pour le linge sale. Voilà le seul mot que j’ai trouvé! Pour une fois que je passe chez les parents, c’est le seul mot que je trouve. Je te jure! Tandis que l’autre là! Le Tanguy de sa mère, c’est nourri, blanchi ! Et ça ne les gêne pas. Et moi, une Conchita! Je te promets! Qu’on lui trouve une meuf à celui-là et qu’on n’en parle plus! Oui qu’on n’en parle plus! Une meuf, c’est ce que lui faut! On n’a pas idée, à son âge! Scotché chez ses parents, à rien foutre! Et ça ne les gêne pas. On ne lui demande rien, je te jure! Je parie qu’il ne sait même pas faire des pâtes, celui-là. Je ne sais pas quelle meuf en voudrait, d’un parasite comme celui-là! Ça ne m’étonne pas qu’il reste collé à sa maman! Pourquoi veux-tu qu’il parte? Et moi? Moi, leur fille aussi, on dirait pas! Rien à manger. «Tu peux faire le linge». Tu parles de parents!
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dialogue en fuite (2).
– Une tour Eiffel!!!
– « La » tour Eiffel
– Ben j’en ai vu qu’une! -
dialogue en fuite (1).
– Il est au courant?
– Pas vraiment, vaguement.
– Tu ne peux pas lui en parler? Vous avez un enfant, vous êtes mariés.
– Ça change quoi?
– Comment ça? Vous êtes ensemble depuis un moment non? Tu ne lui en as jamais parlé?
– 7 ans. Le reste, c’est du passé, ça ne le regarde pas. Et je ne me sens plus concernée. Non, fini tout ça. Pourquoi, tu en parles toi?
– Un peu, dans les grandes lignes. Puis il lira mon livre un jour, si je suis publiée; c’est le but. Même passé, ça fait partie de mon histoire, de moi. Alors, tu vois.
– Pas moi. Ce n’est pas que j’ai honte, c’est pas comme tu crois.
– Je ne crois rien, je me demande juste pourquoi. Même que j’ai honte moi, de toute cette période. Vraiment honte, je ne me pardonne pas. Beau essayé de comprendre…
– Tu n’as pas besoin de comprendre. Ce qui nous est arrivé nous est arrivé.
– J’ai fait un travail sur moi, après. Important, impossible d’en échapper sinon.
– Pas moi. Maintenant c’est fini, c’est clos tout ça. Définitivement, je n’ai rien à faire là.
– Même pas dans les mots? En faire quelque chose avec les mots, de tout ça. Non? Même pas? -
partout nos empreintes et nous mourrons sans traces.
partout nos empreintes et nous mourrons sans traces.
nous ne sommes plus mémoires, mais indices. nous nous déposons.
partout on se montre; on nous regarde.
on, tracé et confondu à la fois. -
Marge
Journée d’études « La littératube: Une nouvelle écriture? »
http://marge.univ-lyon3.fr/journee-d-etudes-la-litteratube-une-nouvelle-ecriture–1205818.kjsp
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fin de journée, fragments.
fin de journée, c’est parfois par terre.
on ne lui demandera pas de penser, et quand il parle, les mots se cassent au sol.
fatras et personne pour ramasser ses fragments. -
il s’arrête, pense.
Il s’arrête, il pense. Il pense à quoi déjà?
Pourquoi lui ici ce matin, il va où déjà et pourquoi.
Suffit-il de continuer à monter pour que ça y mène?
Sans savoir où, que ça y mène. -
l’après à retenir, tenir.
« C’est l’après qu’il faut retenir, tenir, mais avant le prochain avant pour ne pas que ce soit trop tard après, toujours trop tard.
faut se répéter les après pour les avant à venir, que ça ne se répète pas. »
halète-t-elle. -
quand je ne veux pas être vue entendue sue.
«quand je ne veux pas être vue entendue sue… je me planque dans mon corps, je me remets à sa protection»,
confie-t-elle; ce corps qui l’expose, perméable à tous bruissements. -
le fils d’adam.
«que veux-tu? le fils d’Adam*, il oublie tout.
Il oublie facilement, tout le bien qu’on lui fait. Et pour continuer de vivre, il oublie tout le mal.
Il oublie le fils d’Adam. Il est comme ça, le fils d’Adam. »
dit-elle confuse.
* (bani adam : fils d’homme, être humain) -
France Inter
Youtube est-il le nouveau lieu de la littérature?
https://www.franceinter.fr/culture/youtube-est-il-le-nouveau-lieu-de-la-litterature
« Aujourd’hui, on trouve par exemple les enregistrements de Gracia Bejjani. Elle a quitté le Liban étant jeune, et vit désormais en France. Ecrire est une nécessité absolue pour elle… »
lire et écouter la suite sur France Inter, par Christine Siméone -
Centre Pompidou
Littéra-TUBE
Une proposition de Gilles Bonnet, Erika Fülöp et Gaëlle Théval (5 – 9 sept. 2018)
Programmée au Festival Extra, Litteratube, au Centre Georges Pompidou en septembre 2018.
Qu’est-ce que la Littéra-TUBE ?
« Par Littéra-TUBE, je propose de désigner un corpus nouveau et en expansion constante, regroupant les expériences actuelles de vidéo-écriture, qui explorent un pan audio-visuel de la littérature diffusée sur Internet. Qu’il s’agisse de contenus nativement numériques et « YouTubéens », c’est-à-dire pensés et créés pour être mis à disposition d’un public d’internautes usagers du site, ou de contenus provenant d’autres médias (TV, radio, captations) et désormais remédiatisés, transférés sur la plateforme. C’est un écosystème littéraire inédit qui se construit ici, interrogeant le statut du littéraire via la mise en place de modalités neuves de publication. »
Issue d’une triple évolution, la Littéra-TUBE revendique une littérarité non logocentrée, qui la place au cœur des enjeux contemporains de redéfinition en acte du littéraire par la littérature numérique » (lire la suite) -
écrire l’écrire, corps. (4) (vidéo)
écrire. (4)
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écrire l’écrire, trajets de langue maternelle (1). (vidéo).
écrire. (1)
extrait: (…)odyssée en langue maternelle, écrire la déroute d’une nuit, cavale alentour//
fuite des mots, même ineptes ils apaisent, présence veille//
écrire les étapes, dire la masse devant, odieux tableau de classe et craies amnésiques (…)le texte de cette vidéo est également à lire ici:
lien à venir -
terre.
puise la puissance du sol qui, sous ses pieds, claque.
et cogne.
sienne et distincte de soi
gravée du sceau du jeu.