je vous écris.

Monsieur le Président,
Je vous écris, geste ridicule. Je vous écris, comme désespoir se sait et reste. Ma main pathétique. Je vous écris, fou comme le réel. Ce Liban. Oui, ce pays à nouveau et l’intranquillité de toujours. Drame d’aujourd’hui. Écrire « drame » et chercher aussitôt synonyme plus radical qui rejoindrait la démence de ce réel. Dire l’apocalypse aujourd’hui. L’écrire, écrasée par la grandiloquence de ce mot, moi qui aime le langage humble, mais ce n’est plus lieu d’esthétique, l’asphyxie est dans la chair, dans les os.
Je vous écris et c’est déjà vanité. (extrait)