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𝙏𝘼𝗣𝗔𝗚𝗘 plongeoir poétique sur set DJ
𝙏𝘼𝗣𝗔𝗚𝗘 c’est pour tout bientôt ! dimanche 5 novembre, avec Christophe Manon, Elke de Rijcke, Jérôme Game, Nicolas Richard, Rina Kenović, Thomas Pourchayre, Omar Youssef Souleimane, Dominique Maurizi, Alexandre Bonnet-Terrile, Anna Ayanoglou, Guylaine Monnier et moi-même
𝗟𝗲 𝗣𝗹𝗼𝗻𝗴𝗲𝗼𝗶𝗿, c’est 5 minutes par poète sur un mix atmosphérique 𝘋𝘑 avec Babette Kürschner
au Point Éphémère Paris, à partir de 16h
Immense merci à Anna Ayanoglou et Guylaine Monnier !
et joie de partager ce moment avec vous ! vous venez ? -
Nul besoin de penser, le corps se souvient
On a peur, on s’attend au pire, l’instinct affûté des violences passées. Ils frappent de nuit. D’on ne sait où, ni quand. Ça tombe par surprise, d’un côté et de l’autre. Ça s’infiltre. Nul besoin de penser, le corps se souvient. Mêmes rumeurs remontent, retour à d’anciennes guerres. Retour à l’insécurité latente. Retour aux discussions houleuses, aux disputes explosives entre frères, aux larmes juvéniles. Aux lèvres qui tremblent de pourquoi, comme redevenant l’enfant entêté de questions. L’adulte de maintenant sitôt submergé d’arguments, trop d’arguments et aucun ne fait sens. L’absurde et l’abjection ne se justifient pas. Se sceller paupières, oreilles, le cœur; se boucher le nez pour ne pas vivre ce monde terrifiant.
Aujourd’hui, je regarde pleurer ma nièce, sans trouver les mots qui, jeune, m’auraient consolée; m’auraient rassurée sur la suite. Sans réponse et contenant ma hâte d’avaler ses larmes, pour oublier mon impuissance à dire; ma honte de parvenir à résister au désespoir. Toutes les raisons et aucune; l’homme a trahi l’humanité. Le désarroi de ma nièce me bouleverse, je n’allume pas la télé: ses sanglots, relai de toutes les images que j’évite depuis le début. As-tu vu, as-tu vu le bébé dans le sac en plastique. Je n’ai rien vu, mais je ne vois que ça: l’horreur humaine, l’épouvante. Infligées aux jeunes, de près et de loin. Ma nièce n’a pas connu notre guerre, elle ne l’a connue que dans le vacarme de nos atomes, cette transmission qui échappe. Elle qui ce soir, me somme. Son phrasé est précipité, pourquoi pourquoi? Mais, mais, dis pourquoi. Ses protestations comme bombes vont dans toutes les directions. Et moi de m’énerver, de tenter des réponses. Et me retrouver privée d’une langue commune. Stupide, débordée. Rien, seuls mes yeux de pierre, pris d’angoisse. L’immense terreur: que nos enfants soient captifs de ces filets. Exposés. Le Liban, à nouveau frappé.
Inquiétudes partagées ou confidences retenues: à quand notre tour? se demandent certains. Le Liban ne supporterait pas de nouvelle guerre, chuchotent d’autres. Nos angoisses ne traduisent pas les traumatismes d’autrefois. Pas seulement. Allah ynajjinna*! Puisque les institutions officielles prennent des mesures. Au cas où. Les écoles par exemple, avec les consignes aux enseignants. Notre tour pourrait venir, sait-on jamais. Au cas où. Se préparer au pire.
On a rêvé d’écoles préparant nos avenirs; les voici nous renvoyant au passé. Nos vies, faire et défaire les mêmes boucles. Le Liban, ses cycles de guerres aux allures différentes avec les mêmes fracas au sol, dans la mer et les airs. Des annonces rapportent les affrontements aux frontières, les menaces potentielles, déjà. Les écoles anticipent le possible dérapage fatal: cours à distance, comme en temps de pandémie. La guerre, une monstrueuse interminable pandémie. On retient également son souffle, mais autrement vulnérables. Ni masques ni murs comme garantie. Prenez soin de vous. Aujourd’hui encore enfermés, les nouvelles en continu, télévision ou radio, sans répit; par crainte d’entendre d’autres silences, comme avant. Mémoire d’abris.
Je ne sais pas, je ne sais plus le langage, je perds discernement, je ne suis qu’un tas de mots répétés comme mantra: je ne veux pas qu’on attaque le Liban je ne veux pas que ça recommence je ne veux pas… des mots pour me couvrir, fausse sécurité. À l’instar de mes nuits adolescentes, confiées à la protection de draps en coton. Mes prières sous ces draps: je ne veux pas de cadavres, je veux ma maison, notre cuisine, je ne veux pas de sang, me manque le sang des blessures ordinaires, nous ne jouons plus dehors, je veux la normalité de ces blessures-là… Ce sang de peaux superficielles, de peaux fragiles comme ces couvertures et mon tout, dedans, absenté.
Partout les gens parlent, analysent; plus c’est intelligent plus ça sonne creux, désincarné. Aberrant, réducteur. De quoi parlent-ils? Mais moi, qu’ai-je à écrire? Pétrifiée aux frontières. Rejet des effets de langue, la haine des expressions qui anéantissent le réel. Les morts, dommages collatéraux. Le Liban comme la mort, dommage collatéral du Moyen-Orient, ses ronces inextricables.
*Allah ynajjinna: que Dieu nous préserve
également paru dans ici Beyrouth :
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nos corps pour seule vérité.
𝐣𝐨𝐮𝐫𝐧𝐚𝐥 𝐚𝐥𝐞́𝐚𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞, 𝟖 𝐚𝐮 𝟏𝟓 𝐨𝐜𝐭𝐨𝐛𝐫𝐞
combien d’ailes
pour décoller les visages des pierres
les rendre au ciel
comme murs où se cacher
ce ciel qu’on cherche au sol
grand absent des chiffres craies
comme si rien ne se tenait au bout
le rien à nos deux côtés
quand le corps comme verticale ploie
origines effacées d’un excès de ratures (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie #journal
micro journal 367-2023.10.21
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la ville est muraille de fer.
𝐣𝐨𝐮𝐫𝐧𝐚𝐥 𝐚𝐥𝐞́𝐚𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞, 𝟏𝐞𝐫 𝐚𝐮 𝟕 𝐨𝐜𝐭𝐨𝐛𝐫𝐞
quand on habite tout près
on y retourne comme rituel
pour éloigner l’étrange des oxymores
cimetière comme asile de vies
on prie les vents humains
souffles anonymes
ils tiennent, semés en terre verticale
tels végétaux solaires (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie #journal
micro journal 366-2023.10.15
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portraits vivants • dominique pardoux – livrets xl – 7 vidéos
« un livret c’est très modeste, très humble »
« je n’avais plus le même rapport à l’inspiration, c’était simple, fluide »
𝐃𝐨𝐦𝐢𝐧𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐏𝐚𝐫𝐝𝐨𝐮𝐱, 𝐥𝐞𝐬 𝐥𝐢𝐯𝐫𝐞𝐭𝐬 𝐗𝐋 – 𝐞́𝐩𝐢𝐬𝐨𝐝𝐞 𝟏/𝟔
QR code vers la playlist consacrée à Dominique Pardoux et aux Livrets XL
Brève présentation du projet des LIVRETS XL par son créateur Dominique Pardoux : « passer du manuscrit (les textes que trois poétesses contemporaines m’ont adressés durant le confinement de 2020) au monumental (les toiles peintes, qui reprennent les textes). J’ai ainsi créé un livret monumental peint, à partir de trois écritures d’autrices (Nathanaelle Quoirez, Gracia Bejjani, Milène Tournier). Bien que j’utilise le mot « toile » pour simplifier, il s’agit en réalité de papier reconditionné issu d’un réseau participatif (je récupère des prospectus auprès de ma magasins alentours, je les colle les uns sur les autres, de façon à recréer, dans ce geste palimpseste, une toile »rencontre à quatre (Nathanaelle Quoirez, Milène Tournier, Gracia Bejjani) et…
𝐃𝐨𝐦𝐢𝐧𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐏𝐚𝐫𝐝𝐨𝐮𝐱
« réintégrer le numérique dans la matière… restituer quelque chose aux livres »
« futuro-archaïsme, rapport naïf qui peut parler à tout le monde »
𝐃𝐨𝐦𝐢𝐧𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐏𝐚𝐫𝐝𝐨𝐮𝐱, 𝐥𝐞𝐬 𝐥𝐢𝐯𝐫𝐞𝐭𝐬 𝐗𝐋 – 𝐞́𝐩𝐢𝐬𝐨𝐝𝐞 𝟐/𝟔
« un livret supplémentaire ? j’ai pensé à une langue étrangère, avec une autre calligraphie, une traduction »
« le matin je traçais mes surfaces, il y a quelque chose qui allait très vite »
𝐃𝐨𝐦𝐢𝐧𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐏𝐚𝐫𝐝𝐨𝐮𝐱, 𝐥𝐞𝐬 𝐥𝐢𝐯𝐫𝐞𝐭𝐬 𝐗𝐋 – 𝐞́𝐩𝐢𝐬𝐨𝐝𝐞 𝟑/𝟔
« ça fonctionne dans un environnement total quand le grand peut le petit
et quand le petit peut le grand »
𝐃𝐨𝐦𝐢𝐧𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐏𝐚𝐫𝐝𝐨𝐮𝐱, 𝐥𝐞𝐬 𝐥𝐢𝐯𝐫𝐞𝐭𝐬 𝐗𝐋 – 𝐞́𝐩𝐢𝐬𝐨𝐝𝐞 𝟒/𝟔
« le livre c’est attractif, il faut qu’on touche
et j’ai vu des gens lire prière de ne pas toucher et tourner les pages »
𝐃𝐨𝐦𝐢𝐧𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐏𝐚𝐫𝐝𝐨𝐮𝐱, 𝐥𝐞𝐬 𝐥𝐢𝐯𝐫𝐞𝐭𝐬 𝐗𝐋 – 𝐩𝐢𝐬𝐨𝐝𝐞 𝟓/𝟔
« pendant le vernissage, les gens étaient dedans, ouverts à la lecture , les sens étaient là, c’était total»
« maintenant il y a quelque chose qui va vive de lui-même, j’aimerais bien le diffuser, l’installer dans des médiathèque, des librairies, des salons littéraires »
𝐃𝐨𝐦𝐢𝐧𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐏𝐚𝐫𝐝𝐨𝐮𝐱, 𝐥𝐞𝐬 𝐥𝐢𝐯𝐫𝐞𝐭𝐬 𝐗𝐋 – 𝐞́𝐩𝐢𝐬𝐨𝐝𝐞 𝟔/𝟔
𝐃𝐨𝐦𝐢𝐧𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐏𝐚𝐫𝐝𝐨𝐮𝐱, 𝐥𝐞𝐬 𝐥𝐢𝐯𝐫𝐞𝐭𝐬 𝐗𝐋
Installation – Tiers-lieu, Faire-Liens – Paris 15° – du 02 au 22 septembre 2023
Immense merci à Farid Atamna – Responsable du Tiers-Lieu « Faire-Liens » d’avoir accueilli l’œuvre de Dominique Pardoux.La vidéo prend le temps de tourner les pages de ce livre monumental
LittéraTube #VidéoEcriture #portrait
portrait
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me souvenir à reculons.
me souvenir que j’aime pour aimer
le rêver à distance, clarté des nuits épaisses
l’artifice des rêves
magmas de fausses scènes
plus justes que réel
me souvenir du toucher, ventre gourmand
j’écoute lentement
la mémoire craque entre mes os
les émotions ont caprices de muscles (extrait)Images filmées à Paris, ciel du 28 septembre 2023
#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie #écrire
micro journal 365-2023.09.30
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l’à peine
présente pleine
et pourtant elle bouge -
parfois le soleil
parfois le soleil n’est pas le
palimpseste de levers
ciel bégaie -
parfois le ciel
parfois le ciel n’est pas cet absolu
aujourd’hui moitié ailée
rachis et côtes -
vous n’êtes pas homme mais hasard.
vous ne consolez pas, vous ne rassurez pas
je manque de tribu depuis qu’adulte et loin
soyez-moi fratrie
vous avez cette voix
vitale, je ne vous vois pas
votre rire fait aimer la parole
entendez-le. (extrait)Images filmées à Nantes 2023 – Collection des masques Peignon
#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie #écrire
micro journal 364-2023.09.24
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je rêve comme filmer à l’envers
Dire que les choses continuent. Que je continue comme avant. Que je me lève comme si évident ; se réveiller, tous les matins. Que je rêve comme on délire. De même l’attente sans enjeu. Que ça reprend comme s’il n’y avait pas d’avant après. (extrait)
Images filmées même jour, même lieu. Liban septembre 2023
#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie #écrire
micro journal 363-2023.09.19
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Décharge n°199
grande joie d’être à nouveau publiée dans la magnifique revue de poésie, Décharge avec plusieurs textes inédits de mon recueil « je nous répète »
immense merci à Claude Vercey et à l’équipe de Décharge -
Les Livrets XL
si heureuse de ce merveilleux partage. immense merci à Dominique Pardoux pour ce projet incroyable ! Une œuvre sublime, qui nous associe entre amies poétesses (si chères Milène et Nathanaelle !) {(Dominique ne nous savaient pas amies quand il a imaginé et lancé ce livret XL)}
le vernissage est ce jeudi 14 septembre à partir de 17h30, Paris 15° (info ci-dessous), nous serons présentes, Milène Tournier, Nathanaëlle Quoirez et moi-même pour quelques lectures
joie de partager ce moment avec vous !
merci à Farid Atamna de l’Espace Faire Lien d’accueillir cette exposition du 2 au 22 septembre. -
apnée d’estomac.
je suis encore moi, tu sais
quelquefois
utile comme draps et rideaux
mes pensées sans peau recyclent les phrases
je m’adapte à l’ordinaire comme lit à une chambre (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie #écrire
micro journal 362-2023.09.09
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dans le phrasé d’une main.
le réel est décor apprêté
il suffira de sortir ou plonger
l’océan promis tient dans une piscine
tout est dans le phrasé d’une main
5 battements comme mille, tes ombres affolées (extrait)réalisée dans la cadre des vases communicants
Images : Myriam OH – Texte et voix : Gracia Bejjani#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie #écrire #vasescommunicants
micro journal
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ce feu dans l’eau.
il y eut le jeu,
dérive de l’ordinaire
le jeu qui sauve, renverse les lignes hautes
son explosion liquide
il y eut les légendes niaises
les réalités joyeuses
on n’est plus des enfants, les oublis nous précèdent (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie #écrire
micro journal 361-2023.08.23
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mes rêves me connaissent.
mes rêves me connaissent
– ils ont cette franche impolitesse –
me surprennent comme
faits divers renversent toutes normes
nuits troubles et visions précises
mes rêves comme aveux
manifestent, m’expriment
sommeil philosophe (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie #écrire
micro journal 360-2023.08.20
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les mots ont tu les poupées des petites.
il fallut trouver autre chose
puisque fille
protéger les robes, ne pas abimer le corps
il fallut délaisser jeux de catch et de guerre
traîner dans d’autres terrains, sans cris ni foot (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie #écrire
micro journal 359-2023.08.18
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on invente la rue et ses foules.
retrouver les premiers gestes
comme mains posées sur le réel
demandent à la matière
les yeux regardent, maladresse des débuts
corps ralenti, le mouvement que la lenteur précise, cette grâce
le vent comme si je découvrais ma peau
comme premières fois et l’oubli de tout souvenir (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie #écrire
micro journal 358-2023.08.14
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ventre rauque.
elle a choisi le dégoût pour éviter leurs mains,
bouches ouvertes
ils sont langue, sueur acide
ils sont bras,
cuisse qui trop s’approche (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie #écrire
micro journal 357-2023.08.11
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comme végétaux en manque de lumière.
nous tenons, pensant tenir debout
nous tenons coincés entre terre et hauteurs
accrochés aux origines
on visite des images
nos secrets comme gestes immobilisés
on a des battements discrets, le présent digresse
on se tient à l’écart, on veut l’oubli (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie #écrire
micro journal 356-2023.08.10
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soirée périphérie du marché de la poésie 2023
en vidéo, la rencontre autour du deuxième numéro de Lettres d’hivernage : « Résonance. Croire au monde, par-delà les frontières » publié aux Éditions La Kainfristanaise. c’était le 15 juin 2023 (marché de la poésie) à la Maison des sciences de l’homme
un immense merci à l’équipe d’Ent’revues, à Stève-Wilifrid Mounguengui et à Sarah Combelles
voir la vidéo:
https://www.canal-u.tv -
petit monde.
petit monde sans toi,
mon nouvel exil
je fais, installée dans l’étrange,
ce réel (extrait)
-cette date-#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie #écrire
micro journal 355-2023.07.29
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je suis une comédie.
je suis une comédie
sérieuse comme la joie
planche de clivage
sans doute
je suis l’affaire des passants
vitalité des sens inversés
j’avance rompue, j’abrège (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie #écrire
micro journal 354-2023.07.23
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autofictiographie #11, mes pieds ne me sauveront pas.
je regarde mes mains comme de me vérifier dans un miroir
le silence de la ville me relie à ses écorces
j’évite de me divertir par peur de m’épuiser
je renifle pour respirer, mes narines sont claustrophobes (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie #écrire
micro journal 353-2023.07.19
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je retiens mes mains.
je vous regarde vivre
je retiens mes mains
il y a les jumelles, différentes malgré elles
je les regarde comme de relire deux fois
le même livre, quel même
tout mot, entre nos doigts, s’affirme singulier,
unique alors que répété, usé. (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie #écrire
micro journal 352-2023.07.15
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le va-et-vient des idées contraires.
je serai lune
j’aurai mes jours
ma disparition
je trébucherai lune
à terre
j’aurai la lenteur
des lumières effacées
le va-et-vient des idées contraires (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie #écrire
micro journal 351-2023.07.11
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tu m’as enveloppée de tes odeurs.
j’ai grandi fabulée par tes insomnies
magie serait ma vie, sésame toute porte
tu m’as permis les détails du monde
montré le soleil trapu à sa place
tu m’as appris à toujours improviser
grain d’amour radieux
comment prendre le pouls des choses (extrait)Musique Omar Yagoubi : Tristesse pour piano
#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie #écrire
micro journal 350-2023.07.08
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Décharge, revue de poésie
Merci immense à Claude Vercey !
Gracia Bejjani donne à lire aujourd’hui un nouvel ensemble inédit je nous répète, qui mène, selon l’auteure, du Je qui ressasse l’étrangeté du lien amoureux au Je qui hante le Nous collectif, illustrant cet apparent paradoxe, peu indiscutable cependant (me semble) : Il n’y a de Je que pluriel.Extrait : « Un ensemble significatif de poèmes, extraits de je nous répète – plus exactement, et pour des raisons de cohérence, de la première partie intitulée : il n’est de nous que ressassé – sera proposé dans un prochain Décharge, le 199 selon toute vraisemblance, à l’automne. Présentement, de manière apéritive et pour calmer les impatiences, un exemple de ces longs poèmes de Gracia Bejjani. »
lire le texte intégral:
http://www.dechargelarevue.com/Poursuivre-avec-Gracia-Bejjani.html -
Qu’est-ce que la littéraTube ? Maison de la Poésie.
Soirée à la Maison de la poésie : Vendredi 30 juin à 19h30
Rencontre avec Gracia Bejjani, Gwen Denieul, Charles Pennequin, Milène Tournier, Gilles Bonnet et Gaëlle Théval.
À l’occasion de la parution du livre Qu’est-ce que la littéraTube ? paru aux Ateliers de Sens public, en mai 2023 -
doit-on apprendre sa vie pour la retenir.
les mots ne viennent pas d’elle, mais du hasard
mastiquer les phrases, avaler l’oubli
cet avant d’où elle peine à attraper sens et images
ses pensées tremblent et doutent, comme son corps (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie #écrire
micro journal 349-2023.07.02
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tu manques à mes mains.
tes rires me réveillent encore
pleurer haut serait cri
n’en finirait pas
dire ton prénom, tendre, m’effraie
grande sœur lâche
la mer a changé
qui portait si follement ton corps
mes mots fermentent
d’eau arrêtée (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie #écrire
micro journal 348-2023.06.28
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La littéraTube à la maison de la poésie.
nous serons à Maison de la Poésie avec Milène Tournier, Gwen Denieul et Charles Pennequin (à distance), ce vendredi 30 juin, joie de partager cette rencontre.
merci immense à Erika Fülöp, Gaëlle Theval et Gilles Bonnet ! -
on vit dans la peau.
on vit dans sa peau
on vit cachés
on trimballe d’autres corps
dedans dehors confondus
exposés d’opacité plastique
on a la peau gercée de mots
de réel hermétique (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie #écrire
micro journal 346-2023.06.24
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on pensait voler, ça tremble.
on se raccroche
comme odeurs humides
ce peu
on respire en dehors
ventres mimétiques
poigne de corps
nos vies
aux voix pendues
ça fait claquer la peau (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie #écrire
micro journal 345-2023.06.17
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les âgés du métro#8.
elle a le corps droit, autour d’elle rassemblé
dressé de contrastes, style couleur matière
superposition des possibles sur même silhouette impeccable (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie #écrire
micro journal 344-2023.06.14
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le doigt rage.
le doigt, rage
on ne tue pas
on coince, on écrase
long, plus que nécessaire
l’insecte a déjà craqué sa vie
crépuscule sous pouce
moustique, poudre à présent (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie #écrire
micro journal 343-2023.06.11
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corps de vent.
ce mot, accepter
tu t’éloignes de moi, malgré ton visage
t’allèges discrète comme confidence
tout est prévisible aujourd’hui, je suis l’endormie (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie #écrire
micro journal 342-2023.06.08
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les justes lettres des origines.
j’ai tenté d’écrire en arabe
écrire comme à l’oral
sans chercher la langue, ses fictions
écrire les justes lettres des origines
s sourd ou doux, comment déjà (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie #écrire
micro journal 341-2023.06.04
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(Radical)ame en open art au marché de la poésie.
oui, joie de vous retrouver au Marché de la Poésie, stand 700, pour une création en live sur 10 exemplaires de (Radical)ame.
j’y serai samedi 10 juin de 15h30 à 16h30 et de 18h30 à 19h30
merci immense à Guylaine Monnier et Amelie Guyot d’accueillir mon texte et mes photos dans ce numéro et de porter si beau projet.
★━━━━Stand Ent’revues 700-704━━━━★Passez nous voir, la joie est contagieuse Stand 700 !
★━━(𝗥𝗮𝗱𝗶𝗰𝗮𝗹)ame 𝘃𝗲𝗿𝘀𝗶𝗼𝗻 𝗢𝗣𝗘𝗡 𝗔𝗥𝗧, revue RADICAL(E) : création en direct au 𝗠𝗮𝗿𝗰𝗵𝗲́ 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗽𝗼𝗲́𝘀𝗶𝗲 – 𝗦𝗧𝗔𝗡𝗗 𝟳𝟬𝟬━━★
𝑨𝒔𝒔𝒊𝒔𝒕𝒆𝒛 𝒂𝒖𝒙 𝒊𝒏𝒕𝒆𝒓𝒗𝒆𝒏𝒕𝒊𝒐𝒏𝒔 live des autrices de (Radical)ame : Maud Thiria Vinçon, Gracia Bejjani, Claire Paulian, Gracia Bejjani, Cécile Pégaz et Solène Planchais. /+ Guylaine Monnier et Amelie Guyot 
Chaque autrice dispose de dix exemplaires (matière) pour de nouvelles propositions en contrepoint (caviardage, dessin…), à la façon du livre pauvre, fait-main et unique.
Seront 𝙚́𝙜𝙖𝙡𝙚𝙢𝙚𝙣𝙩 𝙥𝙧𝙚́𝙨𝙚𝙣𝙩𝙚𝙨 𝙚𝙣 𝙨𝙞𝙜𝙣𝙖𝙩𝙪𝙧𝙚 ou Open-Art : Marine Riguet, Claire Le Michel, Élisa Darnal, et d’autres invitées de dernières minutes.
Les versions OPEN ART seront en vente sur place, auprès des autrices, tout le temps des performances ! 10 euros, au bénéfice des poétesses.La revue est à 5 euros. Abonnement sur place : 29 euros (2 ans). Paiement en liquide, Paylib, Paypal, chèque //Pas de CB !
★━━━━Stand Ent’revues 700-704━━━━★
Revue RADICAL(E) : www.pupilles-vagabondes.com/radicale
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les âgés du métro#7.
ils sont deux
sans doute aucun et toujours à deux
lui, l’oreille contre sa joue écoute, comme reposé (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie #écrire
micro journal 340-2023.06.03
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On trouve tout à Paris
Ma mère ne voyage pas sans emporter dans ses affaires nos « spécialités libanaises ». Vingt kilos, au moins. Sa valise comme frigidaire regorge de couleurs et d’odeurs. Dans un sac en tissu, des feuilles de persil plat, lavées coupées hachées fin, prêtes à finir en taboulé. L’humilité brune du boulgour. Les petits concombres juteux, croquants. Une boîte de halwa aux pistaches. Le zaatar aussi et surtout. Noix de cajou, amandes, bézer… des sacs pressés sous vide avec les classiques des apéritifs libanais.
Libanais ? C’est son critère (et l’argument) pour glisser de nouveaux aliments tant que les vingt-trois kilos autorisés ne sont pas dépassés. Rajouter autant que possible avec la discrétion d’une voleuse altruiste, générosité excessive. Son seul dilemme : quantité ou variété ? Pour emporter des morceaux du Liban dans sa valise, rappeler à sa fille les saveurs de ses origines, il faut bien un peu de tout. À Paris, l’huile d’olive n’a pas le même goût. Les concombres européens ne sont pas de vrais concombres. Les haricots secs plats, ne sont pas tout à fait des fassoulia. Quant aux pignons de pins, inégalables sont les pins du pays.
Préparer son voyage en France, c’est aussi et avant tout planifier les menus, comme pour une réception. Dresser des listes. Aliments ou ingrédients à emporter, plats cuisinés et soigneusement emballés en prévision du transport… Au contrôle des frontières, ma mère n’est jamais interpellée ni fouillée. Comment fait-elle pour y échapper, sans rien faire.
Alors qu’il a suffi à mon père d’un jour glisser un sachet de zaatar dans son sac, pour subir l’interrogatoire d’un douanier scrupuleux, conclus par une sorte de jugement insensé. Monsieur, cette épice, vous en semblez si fier mais Monsieur cette épice, c’est zéro valeur nutritive. La trimbaler avec vous en voyage, quel intérêt. Mêmes mots, même véhémence. Mon père raconte toujours la scène sur un ton offusqué : Tu imagines, dire ça de notre zaatar. Mais comment s’en passer, s’il voulait manger des mannouché au Canada ? On ne touche pas impunément à notre zaatar. Ce douanier est idiot. On est tous d’accord sur ce point. On renchérit, raillant son ignorance culinaire. Complices. Sauf papa. Sauf récemment : à l’entendre rire enfin de cette histoire si souvent ressassée, je comprends que mon père a vieilli. Comme si la vieillesse avait radouci ce qui fut jadis vécu comme offense personnelle et nationale. Ce relativisme qui permet l’humour. Zéro, tu imagines ? Il s’en amuse aujourd’hui, comme enfant d’une bêtise bénigne.
À chaque séjour de maman je proteste, hypocrite, condescendante. Alors qu’émerveillée par cette « caverne de mama ». Comme si les aliments éparpillés parmi les vêtements étaient événement inattendu. Et nécessité. Sa valise aussi essentielle que la tendresse. Inépuisable. Ses plats comme gestes de douceur retrouvée. Mäamoul, maakroune, samboussèke-el-zouk… ses pâtisseries faites maison ; la maison, c’est elle.
Avons-nous la même mère, puisque nous certifions tous que « personne ne cuisine aussi bien que maman ». Puisqu’elles portent toutes les mêmes bagages en rejoignant leurs exilés d’enfants. Comme pour nous sauver d’une vie affadie sans nourriture maternelle. Avec elles, nous mangeons de nouveau. Mtabbal, laban-emmo, fatayer… les listes sont longues et à leur seule évocation, on capitule en les taquinant : on trouve tout à Paris !
Tout sauf les mains de nos mères, les yeux de nos mères. Leur odeur. Leur voix. Les mots de nos mères.également paru dans ici Beyrouth :
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Lettres d’hivernage II
Joie d’être publiée avec plusieurs textes, dans le deuxième numéro de « Lettres d’hivernage », revue éditée par La Kainfristanaise. Merci à Stève-Wilifrid Mounguengui à Sarah Combelles et à tous les poètes réunis… voix et lieux autour du monde
Revue à retrouver sur Lettres d’hivernage numéro 2 – Croire au monde au delà des frontières
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écrire se suffit.
il a fallu déformer la parole,
consentir à ses heurts
écrire est devenu mon altération de voix
les mots par accident (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie #écrire
micro journal 339-2023.05.30
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la mer comme mémoire commune.
pays comme amande aux bords grignotés
j’approche clandestine
sur la pointe des pieds
qu’attendre de l’évidence
me laisser surprendre par le trop connu (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie #écrire
micro journal 338-2023.05.26
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ce mot qui coupe le souffle.
j’ai cherché
ne sais pas le dire autrement
pardon de choquer (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie #écrire
micro journal 337-2023.05.14