Archives

  • et pourtant elle est pleine

  • 𝙏𝘼𝗣𝗔𝗚𝗘 plongeoir poétique sur set DJ

    𝙏𝘼𝗣𝗔𝗚𝗘 c’est pour tout bientôt ! dimanche 5 novembre, avec Christophe Manon, Elke de Rijcke, Jérôme Game, Nicolas Richard, Rina Kenović, Thomas Pourchayre, Omar Youssef Souleimane, Dominique Maurizi, Alexandre Bonnet-Terrile, Anna Ayanoglou, Guylaine Monnier et moi-même

    𝗟𝗲 𝗣𝗹𝗼𝗻𝗴𝗲𝗼𝗶𝗿, c’est 5 minutes par poète sur un mix atmosphérique 𝘋𝘑 avec Babette Kürschner
    au Point Éphémère Paris, à partir de 16h
    Immense merci à Anna Ayanoglou et Guylaine Monnier !
    et joie de partager ce moment avec vous ! vous venez ?

  • Nul besoin de penser, le corps se souvient

    On a peur, on s’attend au pire, l’instinct affûté des violences passées. Ils frappent de nuit. D’on ne sait où, ni quand. Ça tombe par surprise, d’un côté et de l’autre. Ça s’infiltre. Nul besoin de penser, le corps se souvient. Mêmes rumeurs remontent, retour à d’anciennes guerres. Retour à l’insécurité latente. Retour aux discussions houleuses, aux disputes explosives entre frères, aux larmes juvéniles. Aux lèvres qui tremblent de pourquoi, comme redevenant l’enfant entêté de questions. L’adulte de maintenant sitôt submergé d’arguments, trop d’arguments et aucun ne fait sens. L’absurde et l’abjection ne se justifient pas. Se sceller paupières, oreilles, le cœur; se boucher le nez pour ne pas vivre ce monde terrifiant.

    Aujourd’hui, je regarde pleurer ma nièce, sans trouver les mots qui, jeune, m’auraient consolée; m’auraient rassurée sur la suite. Sans réponse et contenant ma hâte d’avaler ses larmes, pour oublier mon impuissance à dire; ma honte de parvenir à résister au désespoir. Toutes les raisons et aucune; l’homme a trahi l’humanité. Le désarroi de ma nièce me bouleverse, je n’allume pas la télé: ses sanglots, relai de toutes les images que j’évite depuis le début. As-tu vu, as-tu vu le bébé dans le sac en plastique. Je n’ai rien vu, mais je ne vois que ça: l’horreur humaine, l’épouvante. Infligées aux jeunes, de près et de loin. Ma nièce n’a pas connu notre guerre, elle ne l’a connue que dans le vacarme de nos atomes, cette transmission qui échappe. Elle qui ce soir, me somme. Son phrasé est précipité, pourquoi pourquoi? Mais, mais, dis pourquoi. Ses protestations comme bombes vont dans toutes les directions. Et moi de m’énerver, de tenter des réponses. Et me retrouver privée d’une langue commune. Stupide, débordée. Rien, seuls mes yeux de pierre, pris d’angoisse. L’immense terreur: que nos enfants soient captifs de ces filets. Exposés. Le Liban, à nouveau frappé.

    Inquiétudes partagées ou confidences retenues: à quand notre tour? se demandent certains. Le Liban ne supporterait pas de nouvelle guerre, chuchotent d’autres. Nos angoisses ne traduisent pas les traumatismes d’autrefois. Pas seulement. Allah ynajjinna*! Puisque les institutions officielles prennent des mesures. Au cas où. Les écoles par exemple, avec les consignes aux enseignants. Notre tour pourrait venir, sait-on jamais. Au cas où. Se préparer au pire.

    On a rêvé d’écoles préparant nos avenirs; les voici nous renvoyant au passé. Nos vies, faire et défaire les mêmes boucles. Le Liban, ses cycles de guerres aux allures différentes avec les mêmes fracas au sol, dans la mer et les airs. Des annonces rapportent les affrontements aux frontières, les menaces potentielles, déjà. Les écoles anticipent le possible dérapage fatal: cours à distance, comme en temps de pandémie. La guerre, une monstrueuse interminable pandémie. On retient également son souffle, mais autrement vulnérables. Ni masques ni murs comme garantie. Prenez soin de vous. Aujourd’hui encore enfermés, les nouvelles en continu, télévision ou radio, sans répit; par crainte d’entendre d’autres silences, comme avant. Mémoire d’abris.

    Je ne sais pas, je ne sais plus le langage, je perds discernement, je ne suis qu’un tas de mots répétés comme mantra: je ne veux pas qu’on attaque le Liban je ne veux pas que ça recommence je ne veux pas… des mots pour me couvrir, fausse sécurité. À l’instar de mes nuits adolescentes, confiées à la protection de draps en coton. Mes prières sous ces draps: je ne veux pas de cadavres, je veux ma maison, notre cuisine, je ne veux pas de sang, me manque le sang des blessures ordinaires, nous ne jouons plus dehors, je veux la normalité de ces blessures-là… Ce sang de peaux superficielles, de peaux fragiles comme ces couvertures et mon tout, dedans, absenté.

    Partout les gens parlent, analysent; plus c’est intelligent plus ça sonne creux, désincarné. Aberrant, réducteur. De quoi parlent-ils? Mais moi, qu’ai-je à écrire? Pétrifiée aux frontières. Rejet des effets de langue, la haine des expressions qui anéantissent le réel. Les morts, dommages collatéraux. Le Liban comme la mort, dommage collatéral du Moyen-Orient, ses ronces inextricables.

    *Allah ynajjinna: que Dieu nous préserve

    également paru dans ici Beyrouth :

  • nos corps pour seule vérité.

    𝐣𝐨𝐮𝐫𝐧𝐚𝐥 𝐚𝐥𝐞́𝐚𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞, 𝟖 𝐚𝐮 𝟏𝟓 𝐨𝐜𝐭𝐨𝐛𝐫𝐞

    combien d’ailes
    pour décoller les visages des pierres
    les rendre au ciel
    comme murs où se cacher
    ce ciel qu’on cherche au sol
    grand absent des chiffres craies
    comme si rien ne se tenait au bout
    le rien à nos deux côtés
    quand le corps comme verticale ploie
    origines effacées d’un excès de ratures (extrait)

    #LittéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​ #journal

    micro journal 367-2023.10.21

  • la ville est muraille de fer.

    𝐣𝐨𝐮𝐫𝐧𝐚𝐥 𝐚𝐥𝐞́𝐚𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞, 𝟏𝐞𝐫 𝐚𝐮 𝟕 𝐨𝐜𝐭𝐨𝐛𝐫𝐞

    quand on habite tout près
    on y retourne comme rituel
    pour éloigner l’étrange des oxymores
    cimetière comme asile de vies
    on prie les vents humains
    souffles anonymes
    ils tiennent, semés en terre verticale
    tels végétaux solaires (extrait)

    #LittéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​ #journal

    micro journal 366-2023.10.15

  • l’à.peine du matin

  • portraits vivants • dominique pardoux – livrets xl – 7 vidéos

    « un livret c’est très modeste, très humble »
    « je n’avais plus le même rapport à l’inspiration, c’était simple, fluide »
    𝐃𝐨𝐦𝐢𝐧𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐏𝐚𝐫𝐝𝐨𝐮𝐱, 𝐥𝐞𝐬 𝐥𝐢𝐯𝐫𝐞𝐭𝐬 𝐗𝐋 – 𝐞́𝐩𝐢𝐬𝐨𝐝𝐞 𝟏/𝟔

    QR code vers la playlist consacrée à Dominique Pardoux et aux Livrets XL

    Brève présentation du projet des LIVRETS XL par son créateur Dominique Pardoux : « passer du manuscrit (les textes que trois poétesses contemporaines m’ont adressés durant le confinement de 2020) au monumental (les toiles peintes, qui reprennent les textes). J’ai ainsi créé un livret monumental peint, à partir de trois écritures d’autrices (Nathanaelle Quoirez, Gracia Bejjani, Milène Tournier). Bien que j’utilise le mot « toile » pour simplifier, il s’agit en réalité de papier reconditionné issu d’un réseau participatif (je récupère des prospectus auprès de ma magasins alentours, je les colle les uns sur les autres, de façon à recréer, dans ce geste palimpseste, une toile »

    rencontre à quatre (Nathanaelle Quoirez, Milène Tournier, Gracia Bejjani) et…
    𝐃𝐨𝐦𝐢𝐧𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐏𝐚𝐫𝐝𝐨𝐮𝐱

    « réintégrer le numérique dans la matière… restituer quelque chose aux livres »
    « futuro-archaïsme, rapport naïf qui peut parler à tout le monde »
    𝐃𝐨𝐦𝐢𝐧𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐏𝐚𝐫𝐝𝐨𝐮𝐱, 𝐥𝐞𝐬 𝐥𝐢𝐯𝐫𝐞𝐭𝐬 𝐗𝐋 – 𝐞́𝐩𝐢𝐬𝐨𝐝𝐞 𝟐/𝟔

    « un livret supplémentaire ? j’ai pensé à une langue étrangère, avec une autre calligraphie, une traduction »
    « le matin je traçais mes surfaces, il y a quelque chose qui allait très vite »
    𝐃𝐨𝐦𝐢𝐧𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐏𝐚𝐫𝐝𝐨𝐮𝐱, 𝐥𝐞𝐬 𝐥𝐢𝐯𝐫𝐞𝐭𝐬 𝐗𝐋 – 𝐞́𝐩𝐢𝐬𝐨𝐝𝐞 𝟑/𝟔

    « ça fonctionne dans un environnement total quand le grand peut le petit
    et quand le petit peut le grand »
    𝐃𝐨𝐦𝐢𝐧𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐏𝐚𝐫𝐝𝐨𝐮𝐱, 𝐥𝐞𝐬 𝐥𝐢𝐯𝐫𝐞𝐭𝐬 𝐗𝐋 – 𝐞́𝐩𝐢𝐬𝐨𝐝𝐞 𝟒/𝟔

    « le livre c’est attractif, il faut qu’on touche
    et j’ai vu des gens lire prière de ne pas toucher et tourner les pages »
    𝐃𝐨𝐦𝐢𝐧𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐏𝐚𝐫𝐝𝐨𝐮𝐱, 𝐥𝐞𝐬 𝐥𝐢𝐯𝐫𝐞𝐭𝐬 𝐗𝐋 – 𝐩𝐢𝐬𝐨𝐝𝐞 𝟓/𝟔

    « pendant le vernissage, les gens étaient dedans, ouverts à la lecture , les sens étaient là, c’était total»
    « maintenant il y a quelque chose qui va vive de lui-même, j’aimerais bien le diffuser, l’installer dans des médiathèque, des librairies, des salons littéraires »
    𝐃𝐨𝐦𝐢𝐧𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐏𝐚𝐫𝐝𝐨𝐮𝐱, 𝐥𝐞𝐬 𝐥𝐢𝐯𝐫𝐞𝐭𝐬 𝐗𝐋 – 𝐞́𝐩𝐢𝐬𝐨𝐝𝐞 𝟔/𝟔

    𝐃𝐨𝐦𝐢𝐧𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐏𝐚𝐫𝐝𝐨𝐮𝐱, 𝐥𝐞𝐬 𝐥𝐢𝐯𝐫𝐞𝐭𝐬 𝐗𝐋
    Installation – Tiers-lieu, Faire-Liens – Paris 15° – du 02 au 22 septembre 2023
    Immense merci à Farid Atamna – Responsable du Tiers-Lieu « Faire-Liens » d’avoir accueilli l’œuvre de Dominique Pardoux.

    La vidéo prend le temps de tourner les pages de ce livre monumental

    LittéraTube #VidéoEcriture #portrait

    portrait

  • me souvenir à reculons.

    me souvenir que j’aime pour aimer
    le rêver à distance, clarté des nuits épaisses
    l’artifice des rêves
    magmas de fausses scènes
    plus justes que réel
    me souvenir du toucher, ventre gourmand
    j’écoute lentement
    la mémoire craque entre mes os
    les émotions ont caprices de muscles (extrait)

    Images filmées à Paris, ciel du 28 septembre 2023

    #LittéraTube​​​ #VidéoEcriture​​​ #poésie​​​ #écrire​​

    micro journal 365-2023.09.30

  • l’à peine

    présente pleine
    et pourtant elle bouge

  • parfois le soleil

    parfois le soleil n’est pas le
    palimpseste de levers
    ciel bégaie

  • parfois le ciel

    parfois le ciel n’est pas cet absolu
    aujourd’hui moitié ailée
    rachis et côtes

  • vous n’êtes pas homme mais hasard.

    vous ne consolez pas, vous ne rassurez pas
    je manque de tribu depuis qu’adulte et loin
    soyez-moi fratrie
    vous avez cette voix
    vitale, je ne vous vois pas
    votre rire fait aimer la parole
    entendez-le. (extrait)

    Images filmées à Nantes 2023 – Collection des masques Peignon

    #LittéraTube​​​ #VidéoEcriture​​​ #poésie​​​ #écrire​​

    micro journal 364-2023.09.24

  • je rêve comme filmer à l’envers

    Dire que les choses continuent. Que je continue comme avant. Que je me lève comme si évident ; se réveiller, tous les matins. Que je rêve comme on délire. De même l’attente sans enjeu. Que ça reprend comme s’il n’y avait pas d’avant après. (extrait)

    Images filmées même jour, même lieu. Liban septembre 2023

    #LittéraTube​​​ #VidéoEcriture​​​ #poésie​​​ #écrire​​

    micro journal 363-2023.09.19

  • ce maintenant

  • Décharge n°199

    grande joie d’être à nouveau publiée dans la magnifique revue de poésie, Décharge avec plusieurs textes inédits de mon recueil « je nous répète »
    immense merci à Claude Vercey et à l’équipe de Décharge

  • Les Livrets XL

    si heureuse de ce merveilleux partage. immense merci à Dominique Pardoux pour ce projet incroyable ! Une œuvre sublime, qui nous associe entre amies poétesses (si chères Milène et Nathanaelle !) {(Dominique ne nous savaient pas amies quand il a imaginé et lancé ce livret XL)}
    le vernissage est ce jeudi 14 septembre à partir de 17h30, Paris 15° (info ci-dessous), nous serons présentes, Milène Tournier, Nathanaëlle Quoirez et moi-même pour quelques lectures
    joie de partager ce moment avec vous !
    merci à Farid Atamna de l’Espace Faire Lien d’accueillir cette exposition du 2 au 22 septembre.

  • apnée d’estomac.

    je suis encore moi, tu sais
    quelquefois
    utile comme draps et rideaux
    mes pensées sans peau recyclent les phrases
    je m’adapte à l’ordinaire comme lit à une chambre (extrait)

    #LittéraTube​​​ #VidéoEcriture​​​ #poésie​​​ #écrire​​

    micro journal 362-2023.09.09

  • dans le phrasé d’une main.

    le réel est décor apprêté
    il suffira de sortir ou plonger
    l’océan promis tient dans une piscine
    tout est dans le phrasé d’une main
    5 battements comme mille, tes ombres affolées (extrait)

    réalisée dans la cadre des vases communicants
    Images : Myriam OH – Texte et voix : Gracia Bejjani

    #LittéraTube​​​ #VidéoEcriture​​​ #poésie​​​ #écrire #vasescommunicants

    micro journal

  • ce feu dans l’eau.

    il y eut le jeu,
    dérive de l’ordinaire
    le jeu qui sauve, renverse les lignes hautes
    son explosion liquide
    il y eut les légendes niaises
    les réalités joyeuses
    on n’est plus des enfants, les oublis nous précèdent (extrait)

    #LittéraTube​​​ #VidéoEcriture​​​ #poésie​​​ #écrire​​

    micro journal 361-2023.08.23

  • mes rêves me connaissent.

    mes rêves me connaissent
    – ils ont cette franche impolitesse –
    me surprennent comme
    faits divers renversent toutes normes
    nuits troubles et visions précises
    mes rêves comme aveux
    manifestent, m’expriment
    sommeil philosophe (extrait)

    #LittéraTube​​​ #VidéoEcriture​​​ #poésie​​​ #écrire​​

    micro journal 360-2023.08.20

  • les mots ont tu les poupées des petites.

    il fallut trouver autre chose
    puisque fille
    protéger les robes, ne pas abimer le corps
    il fallut délaisser jeux de catch et de guerre
    traîner dans d’autres terrains, sans cris ni foot (extrait)

    #LittéraTube​​​ #VidéoEcriture​​​ #poésie​​​ #écrire​​

    micro journal 359-2023.08.18

  • on invente la rue et ses foules.

    retrouver les premiers gestes
    comme mains posées sur le réel
    demandent à la matière
    les yeux regardent, maladresse des débuts
    corps ralenti, le mouvement que la lenteur précise, cette grâce
    le vent comme si je découvrais ma peau
    comme premières fois et l’oubli de tout souvenir (extrait)

    #LittéraTube​​​ #VidéoEcriture​​​ #poésie​​​ #écrire​​

    micro journal 358-2023.08.14

  • ventre rauque.

    elle a choisi le dégoût pour éviter leurs mains,
    bouches ouvertes
    ils sont langue, sueur acide
    ils sont bras,
    cuisse qui trop s’approche (extrait)

    #LittéraTube​​​ #VidéoEcriture​​​ #poésie​​​ #écrire​​

    micro journal 357-2023.08.11

  • comme végétaux en manque de lumière.

    nous tenons, pensant tenir debout
    nous tenons coincés entre terre et hauteurs
    accrochés aux origines
    on visite des images
    nos secrets comme gestes immobilisés
    on a des battements discrets, le présent digresse
    on se tient à l’écart, on veut l’oubli (extrait)

    #LittéraTube​​​ #VidéoEcriture​​​ #poésie​​​ #écrire​​

    micro journal 356-2023.08.10

  • soirée périphérie du marché de la poésie 2023

    en vidéo, la rencontre autour du deuxième numéro de Lettres d’hivernage : « Résonance. Croire au monde, par-delà les frontières » publié aux Éditions La Kainfristanaise. c’était le 15 juin 2023 (marché de la poésie) à la Maison des sciences de l’homme

    un immense merci à l’équipe d’Ent’revues, à Stève-Wilifrid Mounguengui et à Sarah Combelles

    voir la vidéo:
    https://www.canal-u.tv

  • petit monde.

    petit monde sans toi,
    mon nouvel exil
    je fais, installée dans l’étrange,
    ce réel (extrait)
    -cette date-

    #LittéraTube​​​ #VidéoEcriture​​​ #poésie​​​ #écrire​​

    micro journal 355-2023.07.29

  • je suis une comédie.

    je suis une comédie
    sérieuse comme la joie
    planche de clivage
    sans doute
    je suis l’affaire des passants
    vitalité des sens inversés
    j’avance rompue, j’abrège (extrait)

    #LittéraTube​​​ #VidéoEcriture​​​ #poésie​​​ #écrire​​

    micro journal 354-2023.07.23

  • autofictiographie #11, mes pieds ne me sauveront pas.

    je regarde mes mains comme de me vérifier dans un miroir
    le silence de la ville me relie à ses écorces
    j’évite de me divertir par peur de m’épuiser
    je renifle pour respirer, mes narines sont claustrophobes (extrait)

    #LittéraTube​​​ #VidéoEcriture​​​ #poésie​​​ #écrire​​

    micro journal 353-2023.07.19

  • je retiens mes mains.

    je vous regarde vivre
    je retiens mes mains
    il y a les jumelles, différentes malgré elles
    je les regarde comme de relire deux fois
    le même livre, quel même
    tout mot, entre nos doigts, s’affirme singulier,
    unique alors que répété, usé. (extrait)

    #LittéraTube​​​ #VidéoEcriture​​​ #poésie​​​ #écrire​​

    micro journal 352-2023.07.15

  • le va-et-vient des idées contraires.

    je serai lune
    j’aurai mes jours
    ma disparition
    je trébucherai lune
    à terre
    j’aurai la lenteur
    des lumières effacées
    le va-et-vient des idées contraires (extrait)

    #LittéraTube​​​ #VidéoEcriture​​​ #poésie​​​ #écrire​​

    micro journal 351-2023.07.11

  • tu m’as enveloppée de tes odeurs.

    j’ai grandi fabulée par tes insomnies
    magie serait ma vie, sésame toute porte
    tu m’as permis les détails du monde
    montré le soleil trapu à sa place
    tu m’as appris à toujours improviser
    grain d’amour radieux
    comment prendre le pouls des choses (extrait)

    Musique Omar Yagoubi : Tristesse pour piano

    #LittéraTube​​​ #VidéoEcriture​​​ #poésie​​​ #écrire​​

    micro journal 350-2023.07.08

  • Décharge, revue de poésie

    Merci immense à Claude Vercey !
    Gracia Bejjani donne à lire aujourd’hui un nouvel ensemble inédit je nous répète, qui mène, selon l’auteure, du Je qui ressasse l’étrangeté du lien amoureux au Je qui hante le Nous collectif, illustrant cet apparent paradoxe, peu indiscutable cependant (me semble) : Il n’y a de Je que pluriel.

    Extrait : « Un ensemble significatif de poèmes, extraits de je nous répète – plus exactement, et pour des raisons de cohérence, de la première partie intitulée : il n’est de nous que ressassé – sera proposé dans un prochain Décharge, le 199 selon toute vraisemblance, à l’automne. Présentement, de manière apéritive et pour calmer les impatiences, un exemple de ces longs poèmes de Gracia Bejjani. »

    lire le texte intégral:
    http://www.dechargelarevue.com/Poursuivre-avec-Gracia-Bejjani.html

  • Qu’est-ce que la littéraTube ? Maison de la Poésie.

    Soirée à la Maison de la poésie : Vendredi 30 juin à 19h30
    Rencontre avec Gracia Bejjani, Gwen Denieul, Charles Pennequin, Milène Tournier, Gilles Bonnet et Gaëlle Théval.

    À l’occasion de la parution du livre Qu’est-ce que la littéraTube ? paru aux Ateliers de Sens public, en mai 2023

    #LittéraTube​​​ #VidéoEcriture​​​ #poésie​​​ #écrire​​

  • doit-on apprendre sa vie pour la retenir.

    les mots ne viennent pas d’elle, mais du hasard
    mastiquer les phrases, avaler l’oubli
    cet avant d’où elle peine à attraper sens et images
    ses pensées tremblent et doutent, comme son corps (extrait)

    #LittéraTube​​​ #VidéoEcriture​​​ #poésie​​​ #écrire​​

    micro journal 349-2023.07.02

  • tu manques à mes mains.

    tes rires me réveillent encore
    pleurer haut serait cri
    n’en finirait pas
    dire ton prénom, tendre, m’effraie
    grande sœur lâche
    la mer a changé
    qui portait si follement ton corps
    mes mots fermentent
    d’eau arrêtée (extrait)

    #LittéraTube​​​ #VidéoEcriture​​​ #poésie​​​ #écrire​​

    micro journal 348-2023.06.28

  • La littéraTube à la maison de la poésie.

    nous serons à Maison de la Poésie avec Milène Tournier, Gwen Denieul et Charles Pennequin (à distance), ce vendredi 30 juin, joie de partager cette rencontre.
    merci immense à Erika Fülöp, Gaëlle Theval et Gilles Bonnet !

  • on vit dans la peau.

    on vit dans sa peau
    on vit cachés
    on trimballe d’autres corps
    dedans dehors confondus
    exposés d’opacité plastique
    on a la peau gercée de mots
    de réel hermétique (extrait)

    #LittéraTube​​​ #VidéoEcriture​​​ #poésie​​​ #écrire​​

    micro journal 346-2023.06.24

  • on pensait voler, ça tremble.

    on se raccroche
    comme odeurs humides
    ce peu
    on respire en dehors
    ventres mimétiques
    poigne de corps
    nos vies
    aux voix pendues
    ça fait claquer la peau (extrait)

    #LittéraTube​​​ #VidéoEcriture​​​ #poésie​​​ #écrire​​

    micro journal 345-2023.06.17

  • les âgés du métro#8.

    elle a le corps droit, autour d’elle rassemblé
    dressé de contrastes, style couleur matière
    superposition des possibles sur même silhouette impeccable (extrait)

    #LittéraTube​​​ #VidéoEcriture​​​ #poésie​​​ #écrire

    micro journal 344-2023.06.14

  • le doigt rage.

    le doigt, rage
    on ne tue pas
    on coince, on écrase
    long, plus que nécessaire
    l’insecte a déjà craqué sa vie
    crépuscule sous pouce
    moustique, poudre à présent (extrait)

    #LittéraTube​​​ #VidéoEcriture​​​ #poésie​​​ #écrire​​

    micro journal 343-2023.06.11

  • corps de vent.

    ce mot, accepter
    tu t’éloignes de moi, malgré ton visage
    t’allèges discrète comme confidence
    tout est prévisible aujourd’hui, je suis l’endormie (extrait)

    #LittéraTube​​​ #VidéoEcriture​​​ #poésie​​​ #écrire​​

    micro journal 342-2023.06.08

  • les justes lettres des origines.

    j’ai tenté d’écrire en arabe
    écrire comme à l’oral
    sans chercher la langue, ses fictions
    écrire les justes lettres des origines
    s sourd ou doux, comment déjà (extrait)

    #LittéraTube​​​ #VidéoEcriture​​​ #poésie​​​ #écrire​​

    micro journal 341-2023.06.04

  • (Radical)ame en open art au marché de la poésie.

    oui, joie de vous retrouver au Marché de la Poésie, stand 700, pour une création en live sur 10 exemplaires de (Radical)ame.

    j’y serai samedi 10 juin de 15h30 à 16h30 et de 18h30 à 19h30

    merci immense à Guylaine Monnier et Amelie Guyot d’accueillir mon texte et mes photos dans ce numéro et de porter si beau projet.

    ★━━━━Stand Ent’revues 700-704━━━━★

    Passez nous voir, la joie est contagieuse Stand 700 !

    ★━━(𝗥𝗮𝗱𝗶𝗰𝗮𝗹)ame 𝘃𝗲𝗿𝘀𝗶𝗼𝗻 𝗢𝗣𝗘𝗡 𝗔𝗥𝗧, revue RADICAL(E) : création en direct au 𝗠𝗮𝗿𝗰𝗵𝗲́ 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗽𝗼𝗲́𝘀𝗶𝗲 – 𝗦𝗧𝗔𝗡𝗗 𝟳𝟬𝟬━━★

    ✨ 𝑨𝒔𝒔𝒊𝒔𝒕𝒆𝒛 𝒂𝒖𝒙 𝒊𝒏𝒕𝒆𝒓𝒗𝒆𝒏𝒕𝒊𝒐𝒏𝒔 live des autrices de (Radical)ame : Maud Thiria Vinçon, Gracia Bejjani, Claire Paulian, Gracia Bejjani, Cécile Pégaz et Solène Planchais. /+ Guylaine Monnier et Amelie Guyot ✨

    Chaque autrice dispose de dix exemplaires (matière) pour de nouvelles propositions en contrepoint (caviardage, dessin…), à la façon du livre pauvre, fait-main et unique.

    Seront 𝙚́𝙜𝙖𝙡𝙚𝙢𝙚𝙣𝙩 𝙥𝙧𝙚́𝙨𝙚𝙣𝙩𝙚𝙨 𝙚𝙣 𝙨𝙞𝙜𝙣𝙖𝙩𝙪𝙧𝙚 ou Open-Art : Marine Riguet, Claire Le Michel, Élisa Darnal, et d’autres invitées de dernières minutes.

    ✨Les versions OPEN ART seront en vente sur place, auprès des autrices, tout le temps des performances ! 10 euros, au bénéfice des poétesses.

    La revue est à 5 euros. Abonnement sur place : 29 euros (2 ans). Paiement en liquide, Paylib, Paypal, chèque //Pas de CB !

    ★━━━━Stand Ent’revues 700-704━━━━★

    Revue RADICAL(E) : www.pupilles-vagabondes.com/radicale

  • les âgés du métro#7.

    ils sont deux
    sans doute aucun et toujours à deux
    lui, l’oreille contre sa joue écoute, comme reposé (extrait)

    #LittéraTube​​​ #VidéoEcriture​​​ #poésie​​​ #écrire

    micro journal 340-2023.06.03

  • On trouve tout à Paris

    Ma mère ne voyage pas sans emporter dans ses affaires nos « spécialités libanaises ». Vingt kilos, au moins. Sa valise comme frigidaire regorge de couleurs et d’odeurs. Dans un sac en tissu, des feuilles de persil plat, lavées coupées hachées fin, prêtes à finir en taboulé. L’humilité brune du boulgour. Les petits concombres juteux, croquants. Une boîte de halwa aux pistaches. Le zaatar aussi et surtout. Noix de cajou, amandes, bézer… des sacs pressés sous vide avec les classiques des apéritifs libanais.
    Libanais ? C’est son critère (et l’argument) pour glisser de nouveaux aliments tant que les vingt-trois kilos autorisés ne sont pas dépassés. Rajouter autant que possible avec la discrétion d’une voleuse altruiste, générosité excessive. Son seul dilemme : quantité ou variété ? Pour emporter des morceaux du Liban dans sa valise, rappeler à sa fille les saveurs de ses origines, il faut bien un peu de tout. À Paris, l’huile d’olive n’a pas le même goût. Les concombres européens ne sont pas de vrais concombres. Les haricots secs plats, ne sont pas tout à fait des fassoulia. Quant aux pignons de pins, inégalables sont les pins du pays.
    Préparer son voyage en France, c’est aussi et avant tout planifier les menus, comme pour une réception. Dresser des listes. Aliments ou ingrédients à emporter, plats cuisinés et soigneusement emballés en prévision du transport… Au contrôle des frontières, ma mère n’est jamais interpellée ni fouillée. Comment fait-elle pour y échapper, sans rien faire.
    Alors qu’il a suffi à mon père d’un jour glisser un sachet de zaatar dans son sac, pour subir l’interrogatoire d’un douanier scrupuleux, conclus par une sorte de jugement insensé. Monsieur, cette épice, vous en semblez si fier mais Monsieur cette épice, c’est zéro valeur nutritive. La trimbaler avec vous en voyage, quel intérêt. Mêmes mots, même véhémence. Mon père raconte toujours la scène sur un ton offusqué : Tu imagines, dire ça de notre zaatar. Mais comment s’en passer, s’il voulait manger des mannouché au Canada ? On ne touche pas impunément à notre zaatar. Ce douanier est idiot. On est tous d’accord sur ce point. On renchérit, raillant son ignorance culinaire. Complices. Sauf papa. Sauf récemment : à l’entendre rire enfin de cette histoire si souvent ressassée, je comprends que mon père a vieilli. Comme si la vieillesse avait radouci ce qui fut jadis vécu comme offense personnelle et nationale. Ce relativisme qui permet l’humour. Zéro, tu imagines ? Il s’en amuse aujourd’hui, comme enfant d’une bêtise bénigne.
    À chaque séjour de maman je proteste, hypocrite, condescendante. Alors qu’émerveillée par cette « caverne de mama ». Comme si les aliments éparpillés parmi les vêtements étaient événement inattendu. Et nécessité. Sa valise aussi essentielle que la tendresse. Inépuisable. Ses plats comme gestes de douceur retrouvée. Mäamoul, maakroune, samboussèke-el-zouk… ses pâtisseries faites maison ; la maison, c’est elle.
    Avons-nous la même mère, puisque nous certifions tous que « personne ne cuisine aussi bien que maman ». Puisqu’elles portent toutes les mêmes bagages en rejoignant leurs exilés d’enfants. Comme pour nous sauver d’une vie affadie sans nourriture maternelle. Avec elles, nous mangeons de nouveau. Mtabbal, laban-emmo, fatayer… les listes sont longues et à leur seule évocation, on capitule en les taquinant : on trouve tout à Paris !
    Tout sauf les mains de nos mères, les yeux de nos mères. Leur odeur. Leur voix. Les mots de nos mères.

    également paru dans ici Beyrouth :

  • Lettres d’hivernage II

    Joie d’être publiée avec plusieurs textes, dans le deuxième numéro de « Lettres d’hivernage », revue éditée par La Kainfristanaise. Merci à Stève-Wilifrid Mounguengui à Sarah Combelles et à tous les poètes réunis… voix et lieux autour du monde

    Revue à retrouver sur Lettres d’hivernage numéro 2 – Croire au monde au delà des frontières

  • écrire se suffit.

    il a fallu déformer la parole,
    consentir à ses heurts
    écrire est devenu mon altération de voix
    les mots par accident (extrait)

    #LittéraTube​​​ #VidéoEcriture​​​ #poésie​​​ #écrire​​

    micro journal 339-2023.05.30

  • la mer comme mémoire commune.

    pays comme amande aux bords grignotés
    j’approche clandestine
    sur la pointe des pieds
    qu’attendre de l’évidence
    me laisser surprendre par le trop connu (extrait)

    #LittéraTube​​​ #VidéoEcriture​​​ #poésie​​​ #écrire​​

    micro journal 338-2023.05.26

  • ce mot qui coupe le souffle.

    j’ai cherché
    ne sais pas le dire autrement
    pardon de choquer (extrait)

    #LittéraTube​​​ #VidéoEcriture​​​ #poésie​​​ #écrire​​

    micro journal 337-2023.05.14