-
mains comme rencontres manquées.
il traine plus de visages
que d’humains
quand ils se font grottes
que tout cri glisse aux lèvres
on dirait
la démesure d’un sourire
son entêtement
sourire comme prière lancée aux yeux
à l’illusion, on préfère
la distraction des paysages (extrait)littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 418-2024.12.15
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diable douleur.
pardon de souffrir…
elle s’excuse de souffrir
comme l’on porte nos vies
coupables imaginaires (extrait)littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 417-2024.11.30
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parce que l’art, peut-être.
𝗱𝗶𝗿𝗲 𝗟𝗶𝗯𝗮𝗻 𝗲𝘁 𝗴𝘂𝗲𝗿𝗿𝗲, 𝗮𝘃𝗲𝗰 𝗱𝗲𝘀 𝗽𝗵𝗼𝘁𝗼𝘀 𝗱𝗲 𝗣𝗮𝗿𝗶𝘀
quel réel nous traverse
quelle matière nous retient
nos corps fossiles
survivent parfois
nos corps, mains de la terre
héritage inscrit sur nos vertèbres
vous y lirez notre chant
un chant d’os et de joie
–
𝑚𝘰𝑖 𝑗’𝑎𝘪𝑚𝘦 𝘭𝑎 𝑔𝘶𝑒𝘳𝑟𝘦
𝑝𝘢𝑟𝘤𝑒 𝑞𝘶𝑒 𝑗’𝑎𝘪𝑚𝘦 𝘭𝑒𝘴 𝘢𝑣𝘪𝑜𝘯𝑠
répond simplement le petit
la question est convenue (extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie #liban
micro journal 416-2024.11.24
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promets de revenir.
où commence ta maison
elle n’est ni pierres ni murs
sommes-nous habitants des portes
perdre nos maisons pour épargner la vie
j’ai tôt compris
petits, on quittait déjà
sans comprendre, on quittait
laissait derrière linge et peau
comme d’avoir été — abandonnés (extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie #liban
micro journal 415-2024.11.17
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entre bombes et gâteaux.
𝙘̧𝙖 𝙛𝙖𝙞𝙩 𝙦𝙪𝙤𝙞, 𝙪𝙣 𝙗𝙧𝙪𝙞𝙩 𝙙𝙚 𝙙𝙧𝙤𝙣𝙚 𝙢𝙞𝙡𝙞𝙩𝙖𝙞𝙧𝙚 𝙚𝙣 𝙥𝙚𝙧𝙢𝙖𝙣𝙚𝙣𝙘𝙚 ? 𝙪𝙣𝙚 𝙥𝙧𝙚́𝙨𝙚𝙣𝙘𝙚, 𝙪𝙣𝙚 𝙨𝙪𝙧𝙫𝙚𝙞𝙡𝙡𝙖𝙣𝙘𝙚 𝙞𝙣𝙫𝙞𝙨𝙞𝙗𝙡𝙚 𝙨𝙤𝙣𝙤𝙧𝙚 𝙘𝙤𝙣𝙩𝙞𝙣𝙪𝙚 ? 𝙟𝙚 𝙣𝙚 𝙨𝙖𝙞𝙨 𝙥𝙖𝙨, 𝙟𝙚 𝙣𝙚 𝙨𝙪𝙞𝙨 𝙥𝙖𝙨 𝙖𝙪 𝙇𝙞𝙗𝙖𝙣 ; 𝙖𝙡𝙤𝙧𝙨 𝙟’𝙖𝙞 𝙚𝙨𝙨𝙖𝙮𝙚́ 𝙦𝙪𝙚𝙡𝙦𝙪𝙚𝙨 𝙢𝙞𝙣𝙪𝙩𝙚𝙨 𝙙𝙚 𝙗𝙖𝙩𝙩𝙚𝙪𝙧𝙨 𝙚́𝙡𝙚𝙘𝙩𝙧𝙞𝙦𝙪𝙚𝙨, 𝙣𝙚 𝙨𝙤𝙢𝙢𝙚𝙨-𝙣𝙤𝙪𝙨 𝙥𝙖𝙨 𝙧𝙚́𝙥𝙪𝙩𝙚́𝙨 𝙥𝙤𝙪𝙧 𝙣𝙤𝙩𝙧𝙚 𝙘𝙪𝙞𝙨𝙞𝙣𝙚 𝙖𝙪𝙨𝙨𝙞 ?
…touiller entre bruits et odeurs
sous la voix élégiaque de Fayrouz
cuisine et drame sur Instagram
les écrans alternent, des gâteaux montent
des immeubles s’écroulent
notre Dame du Liban — ses vocalises
animent nos doigts — terrible hypnose
l’enfance comme éternité
l’éternité, c’est simple (extrait)𝘢𝘷𝘦𝘤 𝘶𝘯 𝘤𝘰𝘶𝘳𝘵 𝘦𝘹𝘵𝘳𝘢𝘪𝘵 𝘥’𝘶𝘯𝘦 𝘤𝘩𝘢𝘯𝘴𝘰𝘯 𝘥𝘦 𝘍𝘢𝘺𝘳𝘰𝘶𝘻 – 𝘞𝘢𝘵𝘢𝘯𝘪
#littéraTube #VidéoEcriture #poésie #liban
micro journal 414-2024.11.11
-
ils me reviennent, ni visage ni voix.
Leur rendre des comptes aujourd’hui. Comment parler aux revenants qui se souviennent ? Quelle réponse à leur dignité, leurs valeurs, leurs utopies… à ces esprits qui ont posé nos pierres, maintenant pulvérisées. Ils me reviennent. Ni visages ni voix ; leurs présences emmêlées comme un mouvement pluriel. Ils reviennent, invoqués pour un impossible pardon ; me tournent autour, bras corps pieds… troublante caresse des morts. Où accueillir ces âmes disparues, quand gravats et poussière ont remplacé les salons qu’ils ont bâtis, les chambres et leurs insomnies, les terrasses d’où l’on regardait se coucher le soleil, comme ici seulement il se couche. Entre permanence et singularité, chaque soir même et différent. Comment rendre des comptes aux chansons, à l’étreinte populaire de leur doux vertige — devenu désarroi.
Ce n’est pas la maison de mon grand-père que je veux retenir de tomber, ses toilettes au fond du jardin, mes terreurs d’enfant la nuit. Et avoir appris à attendre le matin. Ce n’est pas la cuisine aux odeurs d’hospitalité, ni les meubles creusés de corps et de bruits, mais un lieu qui ferait domicile, espace pour nos revenants. Un foyer explosé n’est pas ruine ; c’est un massacre sans miséricorde. Fracassés, les plafonds qui ont couvé les premiers sourires. Brisées, les fenêtres qui ont tamisé d’anciens pleurs. Nous arborons des visages figés, stupéfaction de tous les matins. Remous de mots démunis, de photos parfois rescapées. Nos vies comme paysages sur ces clichés : nous ou nos ombres, nos faux rires, notre courage dérisoire… Obstination de nos souvenirs, histoires sur papier, comme légendes empruntées.
Je regarde les écrans récapituler les nuits de mon pays. Les images du jour, comme intrigues macabres. Se pincer. L’horreur. L’inadmissible. Banalisé. Où sommes-nous. Peut-on encore espérer. Dupes de l’espoir, aliénés au déni. Nos prières ont le lyrisme des malentendus choisis. Quel fléau aujourd’hui. Combien. Quelles cibles, quelles routes. Les noms de ces villages, je les connais ? Adulte, j’apprends notre géographie par sa nécrologie. Combien d’éclipses définitives. M’agripper aux pierres, à la matière. Faut-il vivre une guerre pour entendre battre la pierre, animée, organique. Ressentir la vigueur de la terre dans ses soubresauts. Avoir connu le huis clos d’une guerre, pour éprouver l’instinct du territoire.
À la vue des lieux dévastés, je comprends aujourd’hui que le Temps lui aussi est saccagé. Et le réel, tranché. L’humain, viscéralement trahi. Le carnage ne serait plus sacrilège ? Baalbek, Tyr, Saïda… On sauvera peut-être ces monstres sacrés mais les villages ravagés… Les quartiers démantelés. Et le bruit des ossements sans peau. La dissonance comme chant désormais. Et sans Temps, nous perdons nos aubes, nos voix, nos créations. Je ne pleure pas seulement le patrimoine national. Le patrimoine est dans les plus humbles maisons. Dans les odeurs des plats aujourd’hui brûlés, recrachés à nos visages.
Réduire au néant des demeures centenaires : une seconde suffit. Ça va vite nous le savons, puisqu’il faut se dépêcher dès l’annonce des tirs prévus. Contraints à l’abandon précipité. Nous quittons sans nos vies, pour sauver nos vies ; le corps à peine nous suit. Familles qui s’effondrent lorsqu’éclate leur habitat. Nous devenons ainsi nomades mais sans traces ni lignes, périple morcelé. Nous tenons entre nos mains, débris et récits. Nos existences semblent suspectes, les avons-nous seulement vécues ? Faut-il que la guerre m’impose la nostalgie ? J’y ai résisté en exil ; que dire de l’exode forcé de ces âmes arrachées à leur bout de sol — modeste mais qui permettait à nos aïeux de se dresser debout, ancrés de verticalité.
Écrire mon pays malgré l’effacement de son Histoire, quand je suis témoin de si peu. Et de trop. Le temps étroit, réduit à un monde qui tiendrait dans une paume de petite fille. Jeddo, mon dernier paysan à labourer et nourrir une terre aujourd’hui enténébrée de béton chuté, carbonisée sous des feux sans soleil. Jdoudna. Ils me reviennent. Que dire à leurs regards amples, bâtisseurs de visions pour nous, piètres héritiers ? Il nous incombe d’emporter nos morts partout, les préserver des errances fantômes. En nous, comme on incorpore la langue maternelle, les rêves, les pensées et nos mots intimes. Mais comment sans lieu, où les retrouver ? Nous ne serons plus auprès d’eux conviés. Nous les emporterons, comme on ramène du zaatar ou du kechék. Les emporterons sans pouvoir les rencontrer. Dans une rue de Paris, garderont-ils leur accent, la joie qui leur vient si facilement ?
Et nos enfants, « futur » toujours sacralisé ? Je ne pense pas avenir. Éduquée pourtant à regarder en avant, à poursuivre sans m’attarder, à ne pas me retarder… Je ne pense pas aux enfants. Nos enfants ont la ténacité en héritage, notre détermination folle — littéralement folle. Et la puissance de nos haleines sauvages. Ils feront avec ce legs, répareront à leur manière ; mieux que nous.
Mes aïeux me reviennent. Ni visages ni voix. Je pense à l’agonie. Le passé jusqu’alors comptait peu à mes yeux. Mais c’était avant. Je m’agenouille devant l’absence, sans pardon possible : de quoi serais-je coupable ? L’improbable absolution de ma parole naïve, emportée, incertaine.
J’ai aujourd’hui honte de ce massacre, honte à leur égard, nos grands-parents puisque c’est ainsi qu’on nomme les ancêtres en libanais : jdoudna. La tendresse de ce mot, l’intégrité — le respect quand le respect est aimant. Honte de toucher l’immonde, l’incroyable, l’absurde absolu. Honte pour eux qui exterminent en toute impunité, sans humanité dans les yeux. J’assiste à l’irréparable. L’Histoire rasée, le pas vers des gouffres pires que la mort. J’interroge mon pays encadré sur des écrans. Ma cruelle impuissance. Une chanson me vient, me rappelle au devoir : tenir, survivre. Marcel Khalifé chante. Et j’aime ma vie, parce que si je meurs, j’aurais honte des larmes de ma mère.
Comment retenir le Liban, le porter à bout de bras. Empêcher sa mort et nous épargner la honte des larmes des aïeux. Ya jdoudna, semhouna*.*semhouna : pardonnez-nous.
Le couple de la photo : inconnus rencontrés dans un village dans le temps
Un extrait filmé ici
ils me reviennent, extrait vidéoégalement paru dans ici Beyrouth :
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ils me reviennent (extrait filmé).
quand je suis témoin de si peu
et de trop
le temps étroit
réduit à un monde qui tiendrait
dans une paume de petite fille
(le texte de la vidéo est un extrait
d’un texte plus complet, à venir ici)extrait filmé, le texte complet est ici :
https://graciabejjani.fr/2024/11/06/ils-me-reviennent-ni-visage-ni-voix/chanson de Marcel Khalifé – Oummi (extrait)
#littéraTube #VidéoEcriture #poésie #liban
micro journal 413-2024.11.03
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incertaine entre deux pieds.
Parfois, elle devient chose,
l’étrangeté d’un objet —
personne.
Isolée. (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 412-2024.10.30
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étreinte collatérale.
…sur son chemin, ton trajet
ils viseront lui
tu n’es pas leur cible
tu passeras là, hors sujet
tu cesseras d’aimer le hasard
tu ne te diras pas comme lui, martyr
mais témoin tombé
étreinte collatérale (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie #Liban
micro journal 411-2024.10.21
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khallass.
mes matins transcrivent leurs nuits
comme trembler en décalé
par bribes expulsées au visage
comment de loin
les journaux de là-bas sont précis
les images bavent aux lèvres des écrans
les vidéos donnent envie de fracasser les vitres
tout feu n’est pas spectacle
n’est pas artifice (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie #Liban
micro journal 410-2024.10.13
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oser encore.
c’est maintenant qu’il faut écrire, on me dit
écrire sans main qui tienne
sans corps à côté
ni élan ni gourmandise ni attente
l’étrange effacement des langues
cette fois comme infraction — m’obliger à
l’autre versant des mots
contre la disparition, m’obstiner (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie #Liban
micro journal 409-2024.10.07
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regarder pour contourner l’impensable (extrait filmé).
Ils sourient, débattent. Dissertent du Liban, comme s’ils débattaient de leur propre intelligence, de leur savoir et non des images détruites qui s’obstinent derrière leurs corps assis. Je fixe les façades, mon pays mon pays, devoir me le répéter pour reconnaître le pays ; les guerres se ressemblent. Je regarde pour contourner l’impensable, accéder au réel. (extrait)
extrait filmé, le texte complet est ici :
https://graciabejjani.fr/2024/10/04/ces-quartiers-ont-perdu-la-ville/#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie #Liban
micro journal 408-2024.10.05
-
regarder pour contourner l’impensable.
Ils sourient, débattent. Immenses sourires, jubilation déroutante face aux massacres diffusés en arrière-plan. Ils discutent, argumentent et la fascination étire leurs lèvres. Pas un instant sans sourire. Ils dissertent du Liban, comme s’ils débattaient de leur propre intelligence, de leur savoir et non des images détruites qui s’obstinent derrière leurs corps assis. Je fixe les façades, mon pays mon pays, devoir me le répéter pour reconnaître le pays; les guerres se ressemblent. Je regarde pour contourner l’impensable, accéder au réel. Ils sourient, je ne les juge pas. Après tout, on rit bien devant qui tombe, gêne ou étrange empathie. Peut-être s’agit-il d’un réflexe du même ordre.
Je recherche dans les images ce que je n’arrive pas à croire. Et un sentiment d’urgence: retourner au Liban. Être avec eux, vivre sur Terre, notre terre. En présence. Dans les rues, entre ces immeubles aux étages maintenant emmêlés. Aussi confus que mes pensées, que toute forme d’analyse déployée par ces voix expertes. Le réel, encore lui et sa puissance à contredire sens et direction. Il me faudrait marcher dans ces rues, retrouver pieds et bruits. Cacophonie des sols et des cieux lézardés. Entendre crisser les gravats, gémir le sol, comme si des âmes y étaient ensevelies, aujourd’hui par les passants piétinées. Il faudrait perdre l’équilibre sur une terre qui n’est plus homogène, se retenir de tomber à chaque instant d’asphalte éclaté. Il faudrait éprouver la fragilité des chevilles qui ne font pourtant que marcher, ce geste primaire du corps depuis qu’il tient debout. Je devrais respirer les débris singuliers du métal au béton mélangé, l’odeur de l’anéantissement. Avoir sur la langue le goût amer du soufre, de la poussière.
Ces rues ont perdu leur quartier, les quartiers ont perdu la ville, la ville a perdu ses vivants. Le pays et nous. Perte à perte de vue, de vies. Le répéter pour me dégager de la sidération qui éloigne. Éviter de trop sourire lorsque les mots échouent à s’aligner. Éluder tout sourire qui ne dit pas l’hospitalité. Je revois d’autres visages, leurs sourires immédiats me reviennent. Sur les seuils de ces mêmes immeubles aujourd’hui indifférenciés. Toutes portes ouvertes. On a toujours connu les portes ouvertes. Des habitants qui se laissent regarder, semblent nous attendre, se réjouir de nous voir. Inconnus familiers. Nous accueillent aussitôt, nous invitent à partager un café. Ou un verre d’eau. Tant de sourires que les murs arborent maintenant bouches et lèvres. On entendrait des conversations, des rires. On a l’habitude, ici les paliers existent pour être franchis, habités. Le partage, d’instinct. Chaises, tables et tasses sur les trottoirs comme bras étendus des maisons. On sait déborder simplement, comme arbres et fruits dans les airs. Naturellement presque. Toutes portes ouvertes autrement aujourd’hui; éventrées. Au point de ne plus les distinguer des balcons, des fenêtres ou des cages d’escalier; tous devenus béances sur béton.
Passer devant des portes sans porte, sans serrure, sans le sourire des femmes, sans bois, sans les cris des enfants, sans couleur, sans clé, sans café fumant, sans palier. D’autres fumées persistent par endroits. Des portes sorties de leurs gonds, exposées à la démence humaine. Le vide n’est pas silence. Quelques battants de hasard sonnent d’absurdes glas. D’ici les corps ont disparu: perdus, ensevelis, devenus éclats de pierre, poudre de sable. Bouts de membres parfois. Ou emportés par quelque survivant aimant. Des bruits parfois, mouvements entre matières et vent; leurs jeux aléatoires. Traverser les rues entre des lignées d’immeubles aux structures contorsionnées. Regarder les façades régurgiter les constructions et les habitants décimés. Et nous qui pensons passer. Regarder les portes déposer au soleil des cratères de vomis.
Traverser ces rues aujourd’hui comme l’on se pince pour croire aux rêves. Vérifier, écouter… avoir besoin de preuves. Portes, battants, fenêtres, poignées, vêtements, poupées, casseroles, murs, rideaux, tables, pierre, pierre, béton, terre partout, pierre et ferrailles. Des choses pour retrouver le tangible. Quitter l’impensable. Preuves. Voir entendre sentir. Toucher si l’on peut sans que la peau s’accroche. Traverser comme initiation au pire, sa surenchère. Il y a pire, on connaîtra toujours pire. Regarder par terre, se raccrocher au bout de nos souliers. Éviter ce que l’on scrutait volontiers du vivant des habitants: leurs vies ordinaires, la variété de leur linge pendu. Les meubles visibles de loin, la forme des chaises. Les silhouettes. On n’ose pas aujourd’hui et ce n’est pas pudeur. On traverse, par leurs visages fixés. Invités à d’autres visions: immeubles devenus portes béantes, portes forcées sur des demeures de béton. Les amas se ressemblent, partagent de mêmes ténèbres.
Eux sourient et débattent.
Un extrait filmé ici
https://graciabejjani.fr/2024/10/06/regarder-pour-contourner-limpensable-extrait-filme/également paru dans ici Beyrouth :
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et à nouveau cette absence.
que pensez-vous
il demande si doucement
sans besoin de compléter
l’évidence
quoi d’autre aujourd’hui
guerre
à nouveau — toujours
et devoir penser
commenter comme journaliste
analyse d’experte
que pensez-vous
quand seule l’enfant prend place
plantée sans terre sous pieds
fardée de sourires (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie #Liban
micro journal 407-2024.09.25
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je m’éloigne de tes yeux.
je mange tes doigts quand je mange sans fin
je mange le feu, le sable
au sol — l’abandon
ni garantie ni vertige, je manque
ton rire tombé, je mange ta voix
te prononce te signe te veille (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 406-2024.09.22
-
ce n’est pas une fiction.
quelles mains cachent leurs lèvres, étranglent
quels doigts sur leurs bouches lapidées
elles perdent le droit de parler en public
ne parleront qu’au mari, au frère, à l’enfant
entre elles mais derrière les murs
basses voix comme faute déjà — mortuaire (extrait)musique : Bruno Letort
« Requiem pour Tchernobyl » (extrait)
Orchestre de Minsk|Choeurs de Minsk|Andreï Galanovtexte et vidéo : gracia bejjani
#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 405-2024.09.15
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n’imaginais pas, envahie d’images.
j’appelais rarement,
ne pleurais pas l’absence,
ne regardais pas de photos,
ne relisais pas de lettres, ne voulais pas,
ne prenais pas de nouvelles,
n’en donnais pas vraiment (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 404-2024.09.09
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comme lucioles au corps lumineux.
pays de noir hanté, mais leurs nuits sont blanches
blanches comme l’attente, ses instants précipités
le mur du son, franchi
le bruit est sec, l’explosion comme suspendue
assourdissante après l’étrange silence tombé de nulle part
nous connaissons l’explosion des armes
l’explosion des bombes
nous avons été pulvérisés par l’explosion du port
aujourd’hui, d’autres fracas, le coup de poing sidéral {extrait}#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 403-2024.08.31
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nous ne sommes pas dans les rues.
texture de l’asphalte chaud sous la semelle
(parfois très collante)
le soleil sur les miroirs (et les yeux impossibles)
le vent aux fenêtres, petite trêve
le chatouillement de la poussière
la peau qui sue
l’arrogance des camions (se sentir petit à côté, vulnérable)
le désordre des épiceries {extrait}#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 402-2024.08.18
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simple comme ça.
Beyrouth l’été. Je suis l’enfant et tu transpires quand tu me portes. La vie sent doux. Je me sens sucrée.
—–
Tu me serres contre toi après la douche. Me sécher, corps enveloppant. Et je te renifle sans bruit. Le cou surtout et la poitrine. Ton odeur, accentuée par l’effort. Ton odeur de bébé (extrait). (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 401-2024.08.11
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𝐫𝐞𝐜𝐡𝐞𝐫𝐜𝐡𝐞 𝐋𝐢𝐛𝐚𝐧, 𝐚𝐜𝐭𝐮𝐚𝐥𝐢𝐭𝐞́. 𝐁𝐞𝐲𝐫𝐨𝐮𝐭𝐡
Le port de Beyrouth explose à 18 h 07 (17 h 07 à Paris). Mardi 4 août 2020. On a toujours connu les explosions. Euphémisme en ce mardi 4 août. Je me vis, boulevard Sébastopol. Ses rues lisses d’un mois d’août à Paris, l’asphalte audible sous le frottement des roues. Les néons des pharmacies, clignotement d’inutiles alertes. Je vis conducteurs et piétons aux règles partagées (extrait)
#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 400-2024.08.04
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l’ambiguïté de l’oubli.
il demande des souvenirs comme on sollicite un avis
qu’avez-vous connu vécu pendant la guerre ?
aujourd’hui, l’ambiguïté de l’oubli
et le sursaut, je ne sais rien
j’écris par absence de mots (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 399-2024.07.30
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je n’écris pas, je vois avec les oreilles.
je n’écris pas, je vois avec les oreilles
fragments de métro parisien
entendus, retenus
assemblés
lus en arabe libanais
(traduction improvisée en direct)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 398-2024.07.21
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Qu’est-ce que le monovlogue ? (Gilles Bonnet)
𝐌𝐞𝐫𝐜𝐢 𝐢𝐦𝐦𝐞𝐧𝐬𝐞 𝐚̀ 𝐆𝐢𝐥𝐥𝐞𝐬 𝐁𝐨𝐧𝐧𝐞𝐭 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐬𝐞𝐬 𝐚𝐧𝐚𝐥𝐲𝐬𝐞𝐬 𝐬𝐢 𝐩𝐨𝐢𝐧𝐭𝐮𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐬 𝐩𝐫𝐚𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 « 𝐥𝐢𝐭𝐭𝐞́𝐫𝐚𝐓𝐮𝐛𝐞 », 𝐢𝐜𝐢 𝐥𝐞 𝐦𝐨𝐧𝐨𝐯𝐥𝐨𝐠𝐮𝐞
à la suite du colloque « La littérature française à l’épreuve du XXIe siècle : romans, récits et narrations numériques (2011-2020) » à la Sorbonne Nouvelle, l’article de Gilles Bonnet est publié dans les Actes hébergés par Fabula.
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l’étymologie, l’inconscient des débuts.
d’où venez-vous, on me demande
ma certitude, venir des langues
récits à rebours de paroles mangées
corps contaminé de langue maternelle
d’où venez-vous (la question m’étourdit)
je porte d’autres mouvements,
depuis que bouge dans une autre langue
lisant écrivant en français (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 397-2024.07.15
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me suis brûlée pour croire au feu.
j’ai craché le goût de l’ail
sursauté au citron des premières fois
j’ai claqué de la langue, apprendre le goût
apprendre le citron ; devenir citron
j’ai pleuré cheveux accrochés au peigne
me suis brûlée pour croire au feu
j’ai battu des mains sans chercher à dire (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 396-2024.07.07
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je tapais des pieds déjà.
j’étais couverte de chair, réchauffée
entortillée déroutée, ivre d’eau déjà
joie sans raison, noyée de mère
j’ai été remuée
éprise de confusion ; têtue
pas encore née, qu’agitée déjà
bousculée de bruits, d’humeurs (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 395-2024.06.29
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plafonds sans réponses aux prières des lits.
dans d’autres pays comme séjours en clinique
nous habitons
soignés protégés — séparés
nous vivons
détachés
gestes de papier
aux griffes d’autres alphabets (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 394-2024.06.16
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J’ai appris à parler sur tes lèvres.
Joie (grande) de vous dire la parution de mon recueil de poésie, « j’ai appris à parler sur tes lèvres », chez La Kainfristanaise.
Lancement au Marché de la Poésie 2024.
Parution le 19 juin 2024, commande ici, merci!Immense merci pour ces mots qui portent, pour la confiance de toujours (présentation par mon éditeur) :
“Oui, j’écris et vous demande pardon de rester l’enfant d’une guerre. Me taire et l’écrire. Lui tourner autour, comme enfant et mère. “
Ces mots, chèr.e.s ami.e.s kainfristanais.es sont ceux d’une poétesse que nous avons le bonheur de vous présenter. Elle se nomme Gracia.
Gracia Bejjani. Elle a l’écriture chevillée au corps. Son geste tient du verrier. Habile, patiente, elle travaille et remet au métier l’ouvrage, affine le vers jusqu’à l’éclat dépouillé. Comme un désir éprouvé de polir le mot ou d’approcher sa réalité intérieure et nous la restituer.
Avec Gracia, la poésie est un hymne à la vie, à ces liens qui demeurent, même au cœur du chaos. À ces liens dont on s’aperçoit, longtemps après, qu’ils furent noués dès le commencement, dans les premiers éclats de l’enfance. En ce temps où les bras et le visage d’une mère sont le monde. Quand la voix berceuse dessine l’univers infini. La mère revient, ne cesse de traverser le poème. La poète dit à voix basse à sa mère:
“J’ai appris à parler sur tes lèvres, à chercher le sens. À nuancer, à chanter faux aussi, mais juste cœur et plein corps de cette joie que je trouvais dans ton rire. Ton courage, fort et doux. Écrire est devenu mon geste, je te le dois. Je n’ai pas cessé de t’écrire. T’écrire encore aujourd’hui pour tenir ta main, te bercer de voix dans les nuits que je ne connais pas. “
Ce recueil, incessant ressac de souvenirs. Les jours passés viennent s’échouer sur la grève du présent, le bousculent, le hantent parce que le fil n’a jamais été rompu. Gracia Bejjani parle à chacun de vous de ces pays que l’on quitte, mais qui vous suivent parce qu’ils font à jamais partie de vous, de vos paysages intérieurs. De ces blessures qu’on voudrait laisser, mais dont l’écho réplique. Comme s’ils avaient besoin d’être portés à la parole. La guerre, encore elle, la guerre ne cesse jamais car on la retrouve partout où l’on voudrait l’oublier. Dans l’écriture même, elle s’invite. Comme s’il fallait des mots pour donner un nom au chaos. La poésie devient alors la petite lumière qui raconte et éclaire le destin d’une porteuse de frontière. »N’es-tu pas lasse. Il est temps de tourner la page. Comment tourner des pages sans livre ? Sinon l’écrire, m’en acquitter, écrire ce dont on ne parle pas. Je n’attrape que par bribes ces années usées d’oubli. Je m’arrête, retiens mes mots comme corps perdus dans les décombres des villes. On a tous des images de Beyrouth explosé, de Bagdad ou Damas bombardé. Ma vieille guerre n’a d’autre visage que nos têtes tacitement obsédées, que nos mémoires.’
Lisez Gracia, répondez à son invitation dans cet univers où elle nous mène. Peut-être que par ces temps convulsifs nous nous apercevons que “je” n’est pas seulement un “autre”. -
Lettres d’hivernage III
Joie d’être publiée avec plusieurs textes et photos, dans le troisième numéro de « Lettres d’hivernage », revue éditée par La Kainfristanaise. Merci à Stève-Wilifrid Mounguengui à Sarah Combelles et à tous les poètes réunis… voix et lieux autour du monde
Revue à retrouver sur Lettres d’hivernage numéro 3 – Femmes qui écrivent, femmes écrites
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j’écoute leurs mains.
j’écoute leurs mains
leur révolte docile
les mots précèdent leurs gestes
postures comme rituels sans chant
j’écoute
leur gentillesse convenue
par le cri ils exigent (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 393-2024.06.06
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𝐫𝐞𝐯𝐞𝐧𝐢𝐫 𝐚𝐮 𝐦𝐢𝐧𝐮𝐬𝐜𝐮𝐥𝐞.
ce sera — terre molle légère
leurs os comme rochers éboulent
les pieds, nuées d’allégresse
transpirent de nouvelles vies (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 392-2024.05.31
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intime anonyme.
tu n’es pas morte
intime anonyme
tu es ma hantise
ma turbulence
tant que j’écris, j’enfreins
fi de l’ordre vivre mourir
tu es ma familière ma proche (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 391-2024.05.26
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𝐨𝐧 𝐬𝐚𝐢𝐭 𝐥𝐞 𝐭𝐞𝐦𝐩𝐬 𝐢𝐧𝐜𝐨𝐦𝐩𝐥𝐞𝐭.
on revoit nos abris de murs friables
notre guerre inouïe monotone
elle contient nos gestes de peu
l’espoir — panache de nos mains
résistance des vies éprouvées
grandir brusques parmi les obstacles
on franchit les jours comme objets dissociés
la guerre interrompt aussi l’espace (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 390-2024.05.20
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𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐥𝐨𝐮𝐫𝐝𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐬𝐞𝐬 𝐨𝐬.
caisse en bois plus lourde que ses os
le cireur de chaussures ne marche pas
il tangue
comme si l’air était mer et ses bras, rames
rues de Beyrouth, son macrocosme
il a toujours été âgé
comme tatoué des récits de la ville (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 389-2024.05.12
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𝗵𝘂𝗶𝘁 𝗲́𝘁𝗮𝗴𝗲𝘀 𝗱𝗲 𝘀𝗼𝘂𝗿𝗶𝗿𝗲𝘀 𝗷𝗲𝘁𝗲́𝘀.
elle, son sourire comme mur
la voisine a oublié son sourire à ses lèvres
huit étages de sourires jetés, perdus
il dévisage
ce culot, sourire aux inconnus (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 388-2024.05.05
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𝗺𝗮𝗶𝗻 𝗾𝘂𝗶 𝘂𝗻 𝗷𝗼𝘂𝗿 𝗺𝗮𝗻𝗾𝘂𝗲𝗿𝗮.
l’enfant aux yeux alarmés
bouche ouverte comme tunnel
ses mots arrêtés contre dents
les sanglots ne font pas de bruits
sidération parmi
tant de corps (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 387-2024.04.28
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c’est comme sol déchiré.
l’exil, cette traque des routes
terres en fuite d’yeux
on regarde désormais les fenêtres
dedans dehors nomades
légèreté de surface, l’envol rompu
c’est comme sol déchiré
équilibre de caillasse
la peau compacte consent
abandonne l’hypothèse
abandonne sa foi (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 386-2024.04.24
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jamais aimé les chiffres pairs.
𝗷𝗮𝗺𝗮𝗶𝘀 𝗮𝗶𝗺𝗲́ 𝗹𝗲𝘀 𝗰𝗵𝗶𝗳𝗳𝗿𝗲𝘀 𝗽𝗮𝗶𝗿𝘀
il m’arrive de voir mes yeux
les détourne pour me perdre de vue
de voir la pente de mes pieds
ils avancent sans moi
précipités — manquent le temps
désordre des fuites incertaines
voir la possibilité de n’être que corps
sans comprendre la complexité du corps (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 385-2024.04.21
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qui de moi.
ce jour où perdant tout
il ne me reste plus que moi
de toutes les filles que je fus (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #shorts #poésie
micro journal 384-2024.04.14
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comment s’appelle votre nom
comment s’appelle votre nom, elle demande
mots, mis en abyme -
comme dépoussiérer un meuble.
on s’est un jour arrêté sans mourir
vu l’inertie des mouvements
encombrés de
réussites hantées — l’éducation
ardeur payée en rites
tant nous ont tapoté l’épaule
comme l’on dépoussière un meuble (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 383-2024.03.31
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NRF Gallimard – À quel temps s’écrivent les guerres?
Fête des mères au Liban aujourd’hui. Et sort (aujourd’hui) en librairie le numéro de la NRF Gallimard « À quel temps s’écrivent les guerres? ». Je suis très honorée et émue de participer* à ce numéro et en si bonne compagnie. Que son jour de diffusion coïncide avec la fête des mères. 𝐻𝑎𝑠𝑎𝑟𝑑 𝑑𝑖𝑡-𝑜𝑛. 𝑀𝑎𝑖𝑠 𝑙𝑒 ℎ𝑎𝑠𝑎𝑟𝑑 𝑛𝑜𝑢𝑠 𝑟𝑒𝑠𝑠𝑒𝑚𝑏𝑙𝑒 répond Bernanos. Me souvenir avoir oublié de l’appeler (parfois), décalage de pays, de perception : retenir une date quand tous jours et tant de textes poursuivent sa voix en moi ? L’écriture, fragments et ellipses, comme le titre de ces poèmes sur notre guerre « vous n’en parlez jamais ». Je ne fais peut-être que ça, en parler. Et t’𝐞́𝐜𝐫𝐢𝐫𝐞 maman.
*Immense merci à Géraldine Blanc et à Anna Ayanoglou d’avoir permis la rencontre



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le corps comme obstacle à l’oubli.
il me suffit me souvenir
l’oreille contre son ventre
des histoires envolées — j’écoute
j’ai écouté son cœur
fabulé l’infini
il nous faut
occuper les chaises d’après
pousser des portes, marcher
du temps contre les fenêtres (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 382-2024.03.17
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mémoire analphabète.
nous avons le vent, sa caresse liquide
la hâte au corps — un vœu
nous avons
des mots, mémoire analphabète
ainsi, écrire — désoler le sens
un rêve prononce la nuit le recul
quand les doigts endurent l’étreinte
ne prennent forme narrative
(nous n’avons pas de langue) (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 381-2024.03.13
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peau ton corps.
main réconforte l’autre
doigts entre doigts prononcés
décliner ta main
comme nuage
— soyeuse
elle repose accordée
aux récits patients (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 380-2024.03.03
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portraits vivants • nathanaëlle quoirez – 7 vidéos
« L’écriture c’est un accès »
nathanaëlle quoirez autour de l’écriture, épisode 1/7
QR code vers la playlist consacrée à Nathanaëlle Quoirez
Conversations avec Nathanaëlle Quoirez autour de l’écriture et de la foi. Les enregistrements datent de 2 ans et 2 mois, en compagnie de Milène Tournier, alors que Nathanaëlle était en train d’écrire ses Lettres à Madame, livre qui paraîtra (sans qu’elle le sache encore) à l’automne 2023 aux éditions Lurlure. Cette parole, encore d’actualité, nous dit à quel point le propos est juste et incarné. Lire Nathanaëlle permet l’«accès» à une autre dimension, tel qu’elle l’évoque dès le premier épisode de cette série vidéo. Son écriture est exigeante, singulière, tout en tension entre absolu et souffle charnel.
Le recueil Lettres à Madame est immense, merveilleux… pour vous le procurer, c’est par ici : https://lurlure.net/lettres-madameépisode 1/7 : • portraits vivants • nathanaëlle quoir…
épisode 2/7 : • portraits vivants • nathanaëlle quoir…
épisode 3/7 : • portraits vivants • nathanaëlle quoir…
épisode 4/7 : • portraits vivants • nathanaëlle quoir…
épisode 5/7 : • portraits vivants • nathanaëlle quoir…
épisode 6/7 : • portraits vivants • nathanaëlle quoir…
épisode 7/7 : • portraits vivants • nathanaëlle quoir…
la première série d’entretiens avec nathanaëlle quoirez est visible ici :
• portraits vivants – nathanaëlle quoir…
• portraits vivants – nathanaëlle quoir…
« Être à la hauteur de la main qui te tient »
nathanaëlle quoirez autour de l’écriture, épisode 2/7
« Sa propre insuffisance, c’est ça qui fait trembler »
nathanaëlle quoirez autour de l’écriture, épisode 3/7
« C’est comme si la foi et l’écriture permettaient de s’adresser »
nathanaëlle quoirez autour de l’écriture, épisode 4/7
« Avoir cette capacité à exister dans ton quotidien »
nathanaëlle quoirez autour de l’écriture, épisode 5/7
« J’ai pas découvert Dieu, j’ai pas découvert l’écriture »
nathanaëlle quoirez autour de l’écriture, épisode 6/7
« Comme tu en manques tu crèves de faim »
nathanaëlle quoirez autour de l’écriture, épisode 7/7LittéraTube #VidéoEcriture #portrait
portrait
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le lointain autrement.
j’écris | m’oblige — touche langue des doigts
marcher retarder les ponctuations
textes en blanc / le manque
ce peu, comme caillou fait monde
chant inattendu quand le pardon mendie (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 379-2024.02.25