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  • ce n’est pas une fiction.

    quelles mains cachent leurs lèvres, étranglent
    quels doigts sur leurs bouches lapidées
    elles perdent le droit de parler en public
    ne parleront qu’au mari, au frère, à l’enfant
    entre elles mais derrière les murs
    basses voix comme faute déjà — mortuaire (extrait)

    musique : Bruno Letort
    « Requiem pour Tchernobyl » (extrait)
    Orchestre de Minsk|Choeurs de Minsk|Andreï Galanov

    texte et vidéo : gracia bejjani

    #LittéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​

    micro journal 405-2024.09.15

  • n’imaginais pas, envahie d’images.

    j’appelais rarement,
    ne pleurais pas l’absence,
    ne regardais pas de photos,
    ne relisais pas de lettres, ne voulais pas,
    ne prenais pas de nouvelles,
    n’en donnais pas vraiment (extrait)

    #LittéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​

    micro journal 404-2024.09.09

  • comme lucioles au corps lumineux.

    pays de noir hanté, mais leurs nuits sont blanches
    blanches comme l’attente, ses instants précipités
    le mur du son, franchi
    le bruit est sec, l’explosion comme suspendue
    assourdissante après l’étrange silence tombé de nulle part
    nous connaissons l’explosion des armes
    l’explosion des bombes
    nous avons été pulvérisés par l’explosion du port
    aujourd’hui, d’autres fracas, le coup de poing sidéral {extrait}

    #LittéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​

    micro journal 403-2024.08.31

  • nous ne sommes pas dans les rues.

    texture de l’asphalte chaud sous la semelle
    (parfois très collante)
    le soleil sur les miroirs (et les yeux impossibles)
    le vent aux fenêtres, petite trêve
    le chatouillement de la poussière
    la peau qui sue
    l’arrogance des camions (se sentir petit à côté, vulnérable)
    le désordre des épiceries {extrait}

    #LittéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​

    micro journal 402-2024.08.18

  • simple comme ça.

    Beyrouth l’été. Je suis l’enfant et tu transpires quand tu me portes. La vie sent doux. Je me sens sucrée.
    —–
    Tu me serres contre toi après la douche. Me sécher, corps enveloppant. Et je te renifle sans bruit. Le cou surtout et la poitrine. Ton odeur, accentuée par l’effort. Ton odeur de bébé (extrait). (extrait)

    #LittéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​

    micro journal 401-2024.08.11

  • 𝐫𝐞𝐜𝐡𝐞𝐫𝐜𝐡𝐞 𝐋𝐢𝐛𝐚𝐧, 𝐚𝐜𝐭𝐮𝐚𝐥𝐢𝐭𝐞́. 𝐁𝐞𝐲𝐫𝐨𝐮𝐭𝐡

    Le port de Beyrouth explose à 18 h 07 (17 h 07 à Paris). Mardi 4 août 2020. On a toujours connu les explosions. Euphémisme en ce mardi 4 août. Je me vis, boulevard Sébastopol. Ses rues lisses d’un mois d’août à Paris, l’asphalte audible sous le frottement des roues. Les néons des pharmacies, clignotement d’inutiles alertes. Je vis conducteurs et piétons aux règles partagées (extrait)

    #LittéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​

    micro journal 400-2024.08.04

  • l’ambiguïté de l’oubli.

    il demande des souvenirs comme on sollicite un avis
    qu’avez-vous connu vécu pendant la guerre ?
    aujourd’hui, l’ambiguïté de l’oubli
    et le sursaut, je ne sais rien
    j’écris par absence de mots (extrait)

    #LittéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​

    micro journal 399-2024.07.30

  • je n’écris pas, je vois avec les oreilles.

    je n’écris pas, je vois avec les oreilles
    fragments de métro parisien
    entendus, retenus
    assemblés
    lus en arabe libanais
    (traduction improvisée en direct)

    #LittéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​

    micro journal 398-2024.07.21

  • Qu’est-ce que le monovlogue ? (Gilles Bonnet)

    𝐌𝐞𝐫𝐜𝐢 𝐢𝐦𝐦𝐞𝐧𝐬𝐞 𝐚̀ 𝐆𝐢𝐥𝐥𝐞𝐬 𝐁𝐨𝐧𝐧𝐞𝐭 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐬𝐞𝐬 𝐚𝐧𝐚𝐥𝐲𝐬𝐞𝐬 𝐬𝐢 𝐩𝐨𝐢𝐧𝐭𝐮𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐬 𝐩𝐫𝐚𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 « 𝐥𝐢𝐭𝐭𝐞́𝐫𝐚𝐓𝐮𝐛𝐞 », 𝐢𝐜𝐢 𝐥𝐞 𝐦𝐨𝐧𝐨𝐯𝐥𝐨𝐠𝐮𝐞

    à la suite du colloque « La littérature française à l’épreuve du XXIe siècle : romans, récits et narrations numériques (2011-2020) » à la Sorbonne Nouvelle, l’article de Gilles Bonnet est publié dans les Actes hébergés par Fabula.

    https://www.fabula.org/colloques/document12001.php

  • l’étymologie, l’inconscient des débuts.

    d’où venez-vous, on me demande
    ma certitude, venir des langues
    récits à rebours de paroles mangées
    corps contaminé de langue maternelle
    d’où venez-vous (la question m’étourdit)
    je porte d’autres mouvements,
    depuis que bouge dans une autre langue
    lisant écrivant en français (extrait)

    #LittéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​

    micro journal 397-2024.07.15

  • me suis brûlée pour croire au feu.

    j’ai craché le goût de l’ail
    sursauté au citron des premières fois
    j’ai claqué de la langue, apprendre le goût
    apprendre le citron ; devenir citron
    j’ai pleuré cheveux accrochés au peigne
    me suis brûlée pour croire au feu
    j’ai battu des mains sans chercher à dire (extrait)

    #LittéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​

    micro journal 396-2024.07.07

  • je tapais des pieds déjà.

    j’étais couverte de chair, réchauffée
    entortillée déroutée, ivre d’eau déjà
    joie sans raison, noyée de mère
    j’ai été remuée
    éprise de confusion ; têtue
    pas encore née, qu’agitée déjà
    bousculée de bruits, d’humeurs (extrait)

    #LittéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​

    micro journal 395-2024.06.29

  • plafonds sans réponses aux prières des lits.

    dans d’autres pays comme séjours en clinique
    nous habitons
    soignés protégés — séparés
    nous vivons
    détachés
    gestes de papier
    aux griffes d’autres alphabets (extrait)

    #LittéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​

    micro journal 394-2024.06.16

  • J’ai appris à parler sur tes lèvres.

    Joie (grande) de vous dire la parution de mon recueil de poésie, « j’ai appris à parler sur tes lèvres », chez La Kainfristanaise.
    Lancement au Marché de la Poésie 2024.
    Parution le 19 juin 2024, commande ici, merci!

    Immense merci pour ces mots qui portent, pour la confiance de toujours (présentation par mon éditeur) :

    “Oui, j’écris et vous demande pardon de rester l’enfant d’une guerre. Me taire et l’écrire. Lui tourner autour, comme enfant et mère. “
    Ces mots, chèr.e.s ami.e.s kainfristanais.es sont ceux d’une poétesse que nous avons le bonheur de vous présenter. Elle se nomme Gracia.
    Gracia Bejjani. Elle a l’écriture chevillée au corps. Son geste tient du verrier. Habile, patiente, elle travaille et remet au métier l’ouvrage, affine le vers jusqu’à l’éclat dépouillé. Comme un désir éprouvé de polir le mot ou d’approcher sa réalité intérieure et nous la restituer.
    Avec Gracia, la poésie est un hymne à la vie, à ces liens qui demeurent, même au cœur du chaos. À ces liens dont on s’aperçoit, longtemps après, qu’ils furent noués dès le commencement, dans les premiers éclats de l’enfance. En ce temps où les bras et le visage d’une mère sont le monde. Quand la voix berceuse dessine l’univers infini. La mère revient, ne cesse de traverser le poème. La poète dit à voix basse à sa mère:
    “J’ai appris à parler sur tes lèvres, à chercher le sens. À nuancer, à chanter faux aussi, mais juste cœur et plein corps de cette joie que je trouvais dans ton rire. Ton courage, fort et doux. Écrire est devenu mon geste, je te le dois. Je n’ai pas cessé de t’écrire. T’écrire encore aujourd’hui pour tenir ta main, te bercer de voix dans les nuits que je ne connais pas. “
    Ce recueil, incessant ressac de souvenirs. Les jours passés viennent s’échouer sur la grève du présent, le bousculent, le hantent parce que le fil n’a jamais été rompu. Gracia Bejjani parle à chacun de vous de ces pays que l’on quitte, mais qui vous suivent parce qu’ils font à jamais partie de vous, de vos paysages intérieurs. De ces blessures qu’on voudrait laisser, mais dont l’écho réplique. Comme s’ils avaient besoin d’être portés à la parole. La guerre, encore elle, la guerre ne cesse jamais car on la retrouve partout où l’on voudrait l’oublier. Dans l’écriture même, elle s’invite. Comme s’il fallait des mots pour donner un nom au chaos. La poésie devient alors la petite lumière qui raconte et éclaire le destin d’une porteuse de frontière. »N’es-tu pas lasse. Il est temps de tourner la page. Comment tourner des pages sans livre ? Sinon l’écrire, m’en acquitter, écrire ce dont on ne parle pas. Je n’attrape que par bribes ces années usées d’oubli. Je m’arrête, retiens mes mots comme corps perdus dans les décombres des villes. On a tous des images de Beyrouth explosé, de Bagdad ou Damas bombardé. Ma vieille guerre n’a d’autre visage que nos têtes tacitement obsédées, que nos mémoires.’
    Lisez Gracia, répondez à son invitation dans cet univers où elle nous mène. Peut-être que par ces temps convulsifs nous nous apercevons que “je” n’est pas seulement un “autre”.

  • Lettres d’hivernage III

    Joie d’être publiée avec plusieurs textes et photos, dans le troisième numéro de « Lettres d’hivernage », revue éditée par La Kainfristanaise. Merci à Stève-Wilifrid Mounguengui à Sarah Combelles et à tous les poètes réunis… voix et lieux autour du monde

    Revue à retrouver sur Lettres d’hivernage numéro 3 – Femmes qui écrivent, femmes écrites

  • se tromper de mer.

  • j’écoute leurs mains.

    j’écoute leurs mains
    leur révolte docile
    les mots précèdent leurs gestes
    postures comme rituels sans chant
    j’écoute
    leur gentillesse convenue
    par le cri ils exigent (extrait)

    #LittéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​

    micro journal 393-2024.06.06

  • 𝐫𝐞𝐯𝐞𝐧𝐢𝐫 𝐚𝐮 𝐦𝐢𝐧𝐮𝐬𝐜𝐮𝐥𝐞.

    ce sera — terre molle légère
    leurs os comme rochers éboulent
    les pieds, nuées d’allégresse
    transpirent de nouvelles vies (extrait)

    #LittéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​

    micro journal 392-2024.05.31

  • intime anonyme.

    tu n’es pas morte
    intime anonyme
    tu es ma hantise
    ma turbulence
    tant que j’écris, j’enfreins
    fi de l’ordre vivre mourir
    tu es ma familière ma proche (extrait)

    #LittéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​

    micro journal 391-2024.05.26

  • 𝐨𝐧 𝐬𝐚𝐢𝐭 𝐥𝐞 𝐭𝐞𝐦𝐩𝐬 𝐢𝐧𝐜𝐨𝐦𝐩𝐥𝐞𝐭.

    on revoit nos abris de murs friables
    notre guerre inouïe monotone
    elle contient nos gestes de peu
    l’espoir — panache de nos mains
    résistance des vies éprouvées
    grandir brusques parmi les obstacles
    on franchit les jours comme objets dissociés
    la guerre interrompt aussi l’espace (extrait)

    #LittéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​

    micro journal 390-2024.05.20

  • 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐥𝐨𝐮𝐫𝐝𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐬𝐞𝐬 𝐨𝐬.

    caisse en bois plus lourde que ses os
    le cireur de chaussures ne marche pas
    il tangue
    comme si l’air était mer et ses bras, rames
    rues de Beyrouth, son macrocosme
    il a toujours été âgé
    comme tatoué des récits de la ville (extrait)

    #LittéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​

    micro journal 389-2024.05.12

  • 𝗵𝘂𝗶𝘁 𝗲́𝘁𝗮𝗴𝗲𝘀 𝗱𝗲 𝘀𝗼𝘂𝗿𝗶𝗿𝗲𝘀 𝗷𝗲𝘁𝗲́𝘀.

    elle, son sourire comme mur
    la voisine a oublié son sourire à ses lèvres
    huit étages de sourires jetés, perdus
    il dévisage
    ce culot, sourire aux inconnus (extrait)

    #LittéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​

    micro journal 388-2024.05.05

  • 𝗺𝗮𝗶𝗻 𝗾𝘂𝗶 𝘂𝗻 𝗷𝗼𝘂𝗿 𝗺𝗮𝗻𝗾𝘂𝗲𝗿𝗮.

    l’enfant aux yeux alarmés
    bouche ouverte comme tunnel
    ses mots arrêtés contre dents
    les sanglots ne font pas de bruits
    sidération parmi
    tant de corps (extrait)

    #LittéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​

    micro journal 387-2024.04.28

  • c’est comme sol déchiré.

    l’exil, cette traque des routes
    terres en fuite d’yeux
    on regarde désormais les fenêtres
    dedans dehors nomades
    légèreté de surface, l’envol rompu
    c’est comme sol déchiré
    équilibre de caillasse
    la peau compacte consent
    abandonne l’hypothèse
    abandonne sa foi (extrait)

    #LittéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​

    micro journal 386-2024.04.24

  • jamais aimé les chiffres pairs.

    𝗷𝗮𝗺𝗮𝗶𝘀 𝗮𝗶𝗺𝗲́ 𝗹𝗲𝘀 𝗰𝗵𝗶𝗳𝗳𝗿𝗲𝘀 𝗽𝗮𝗶𝗿𝘀
    il m’arrive de voir mes yeux
    les détourne pour me perdre de vue
    de voir la pente de mes pieds
    ils avancent sans moi
    précipités — manquent le temps
    désordre des fuites incertaines
    voir la possibilité de n’être que corps
    sans comprendre la complexité du corps (extrait)

    #LittéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​

    micro journal 385-2024.04.21

  • qui de moi.

    ce jour où perdant tout
    il ne me reste plus que moi
    de toutes les filles que je fus (extrait)

    #LittéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #shorts #poésie​​

    micro journal 384-2024.04.14

  • comment s’appelle votre nom

    comment s’appelle votre nom, elle demande
    mots, mis en abyme

  • comme dépoussiérer un meuble.

    on s’est un jour arrêté sans mourir
    vu l’inertie des mouvements
    encombrés de
    réussites hantées — l’éducation
    ardeur payée en rites
    tant nous ont tapoté l’épaule
    comme l’on dépoussière un meuble (extrait)

    #LittéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​

    micro journal 383-2024.03.31

  • NRF Gallimard – À quel temps s’écrivent les guerres?

    Fête des mères au Liban aujourd’hui. Et sort (aujourd’hui) en librairie le numéro de la NRF Gallimard « À quel temps s’écrivent les guerres? ». Je suis très honorée et émue de participer* à ce numéro et en si bonne compagnie. Que son jour de diffusion coïncide avec la fête des mères. 𝐻𝑎𝑠𝑎𝑟𝑑 𝑑𝑖𝑡-𝑜𝑛. 𝑀𝑎𝑖𝑠 𝑙𝑒 ℎ𝑎𝑠𝑎𝑟𝑑 𝑛𝑜𝑢𝑠 𝑟𝑒𝑠𝑠𝑒𝑚𝑏𝑙𝑒 répond Bernanos. Me souvenir avoir oublié de l’appeler (parfois), décalage de pays, de perception : retenir une date quand tous jours et tant de textes poursuivent sa voix en moi ? L’écriture, fragments et ellipses, comme le titre de ces poèmes sur notre guerre « vous n’en parlez jamais ». Je ne fais peut-être que ça, en parler. Et t’𝐞́𝐜𝐫𝐢𝐫𝐞 maman.

    *Immense merci à Géraldine Blanc et à Anna Ayanoglou d’avoir permis la rencontre

  • le corps comme obstacle à l’oubli.

    il me suffit me souvenir
    l’oreille contre son ventre
    des histoires envolées — j’écoute
    j’ai écouté son cœur
    fabulé l’infini

    il nous faut
    occuper les chaises d’après
    pousser des portes, marcher
    du temps contre les fenêtres (extrait)

    #LittéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​

    micro journal 382-2024.03.17

  • mémoire analphabète.

    nous avons le vent, sa caresse liquide
    la hâte au corps — un vœu
    nous avons
    des mots, mémoire analphabète
    ainsi, écrire — désoler le sens
    un rêve prononce la nuit le recul
    quand les doigts endurent l’étreinte
    ne prennent forme narrative
    (nous n’avons pas de langue) (extrait)

    #LittéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​

    micro journal 381-2024.03.13

  • peau ton corps.

    main réconforte l’autre
    doigts entre doigts prononcés
    décliner ta main
    comme nuage
    — soyeuse
    elle repose accordée
    aux récits patients (extrait)

    #LittéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​

    micro journal 380-2024.03.03

  • portraits vivants • nathanaëlle quoirez – 7 vidéos

    « L’écriture c’est un accès »
    nathanaëlle quoirez autour de l’écriture, épisode 1/7

    QR code vers la playlist consacrée à Nathanaëlle Quoirez

    Conversations avec Nathanaëlle Quoirez autour de l’écriture et de la foi. Les enregistrements datent de 2 ans et 2 mois, en compagnie de Milène Tournier, alors que Nathanaëlle était en train d’écrire ses Lettres à Madame, livre qui paraîtra (sans qu’elle le sache encore) à l’automne 2023 aux éditions Lurlure. Cette parole, encore d’actualité, nous dit à quel point le propos est juste et incarné. Lire Nathanaëlle permet l’«accès» à une autre dimension, tel qu’elle l’évoque dès le premier épisode de cette série vidéo. Son écriture est exigeante, singulière, tout en tension entre absolu et souffle charnel.
    Le recueil Lettres à Madame est immense, merveilleux… pour vous le procurer, c’est par ici : https://lurlure.net/lettres-madame

    épisode 1/7 :    • portraits vivants • nathanaëlle quoir…  
    épisode 2/7 :    • portraits vivants • nathanaëlle quoir…  
    épisode 3/7 :    • portraits vivants • nathanaëlle quoir…  
    épisode 4/7 :    • portraits vivants • nathanaëlle quoir…  
    épisode 5/7 :    • portraits vivants • nathanaëlle quoir…  
    épisode 6/7 :    • portraits vivants • nathanaëlle quoir…  
    épisode 7/7 :    • portraits vivants • nathanaëlle quoir…  

    la première série d’entretiens avec nathanaëlle quoirez est visible ici :
       • portraits vivants – nathanaëlle quoir…  
       • portraits vivants – nathanaëlle quoir…  

    « Être à la hauteur de la main qui te tient »
    nathanaëlle quoirez autour de l’écriture, épisode 2/7

    « Sa propre insuffisance, c’est ça qui fait trembler »
    nathanaëlle quoirez autour de l’écriture, épisode 3/7

    « C’est comme si la foi et l’écriture permettaient de s’adresser »
    nathanaëlle quoirez autour de l’écriture, épisode 4/7

    « Avoir cette capacité à exister dans ton quotidien »
    nathanaëlle quoirez autour de l’écriture, épisode 5/7

    « J’ai pas découvert Dieu, j’ai pas découvert l’écriture »
    nathanaëlle quoirez autour de l’écriture, épisode 6/7

    « Comme tu en manques tu crèves de faim »
    nathanaëlle quoirez autour de l’écriture, épisode 7/7

    LittéraTube #VidéoEcriture #portrait

    portrait

  • le lointain autrement.

    j’écris | m’oblige — touche langue des doigts
    marcher retarder les ponctuations
    textes en blanc / le manque
    ce peu, comme caillou fait monde
    chant inattendu quand le pardon mendie (extrait)

    #LittéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​

    micro journal 379-2024.02.25

  • mon visage rendu masque.

    je rêve aussi

    habiller ma peau de traits définitifs
    je ne retrouverai pas mon visage
    confié aux pointes encrées du stylet
    une tatoueuse inconnue
    me fabriquera autre surface, à la main
    indélébile (extrait)

    #LittéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​

    micro journal 378-2024.02.11

  • j’ai ta saveur sur mes doigts.

    ta joue — intimité visible
    vulnérable entre mes mains

    j’ai ta saveur sur mes doigts
    silencieuse ma peau
    bruit de pas au cœur

    tu me vois de près, étrangère
    présence inattendue qui te brusque
    ton rire quitte déjà (extrait)

    Images tournées en novembre 2023, au Klein Seminarie de Roulers (Belgique)

    #LittéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​

    micro journal 377-2024.01.28

  • autofictiographie #12, mes cailloux de nerfs.

    sans l’illusion, je trahirais le désir
    l’arrêterais avant son récit
    avant l’enthousiasme
    — comme de vivre sans voix brute (extrait)

    #LittéraTube​​​ #VidéoEcriture​​​ #poésie​​​ #écrire​​

    micro journal 376-2024.01.21

  • soupçon d’une guerre jamais terminée.

    votre guerre, il me dit
    je lui raconterai la mer foudroyée
    devenue terre — étendue de corps sans demeure
    nos morts de sel emmurés
    dire leurs odeurs acides
    l’eau comme cendre
    petites vagues de Méditerranée, sur scènes ensevelies
    je lui parlerai du soleil
    impartial (extrait)

    #LittéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​ #liban

    micro journal 375-2024.01.14

  • Anthologie de poésie – Le Castor Astral 2024

    Immense merci à Jean-Yves Reuzeau et aux éditions Astral Castor ! Hâte de lire ces voix que j’aime (je ne les cite pas mais) et avec qui je partage quelques textes dans cette magnifique anthologie réalisée pour le Printemps des Poètes 2024.

  • Décharge n°200

    Il y a un an, j’écrivais mon épitaphe dans le dernier numéro de WAM. Cette année 2023 se clôt également sur des textes parus dans un « dernier numéro », Décharge 200, sur le thème accordé au « geste » éditorial : Et comment ça se joue, à la fin ?
    Alors oui immense joie d’en être, mais grande grande tristesse de voir s’arrêter une si merveilleuse revue « Décharge », portée notamment par le magnifique travail de Claude Vercey que je remercie, remercie… pour ce chemin partagé !

  • Revue Cabaret n°48

    grand grand merci à Aline Recoura pour la publication de quelques haïkus dans la revue Cabaret).

  • tiens ta parole, trompe-moi.

    tiens ta parole, trompe-moi
    j’entends l’apparence
    l’haleine ambiguë des pensées
    ne me dis pas ton vrai
    nous ne partageons pas de réels
    rongés d’une langue par crâne
    de mots accrochés au hasard
    je veux cette vérité-là, inachevée, incertaine
    des mensonges plus justes que preuves (extrait)

    version raccourcie du texte écrit pour le festival international de poésie de Roulers

    #LittéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​ #journal

    micro journal 374-2023.12.09

  • ton corps vivant, solennel.

    rêve de toi
    tu es vivant mais aphasique
    ce que je pensais mort n’est que lapsus de vie
    tu n’es pas mort, tu ne parles pas
    qu’importe, ton corps s’énonce
    serré contre moi, léger, nomade
    d’âge indécis
    mon immense frère, mon amour sublimé (extrait)

    Images filmées au Liban (Cèdres de Bcharré)

    #LittéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​ #journal

    micro journal 373-2023.11.25

  • notre flou singulier.

    𝐣𝐨𝐮𝐫𝐧𝐚𝐥 𝐚𝐥𝐞́𝐚𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞, 𝟔 𝐚𝐮 𝟏𝟐 𝐧𝐨𝐯𝐞𝐦𝐛𝐫𝐞

    on se soustrait
    nos figures solennelles
    la discrétion nécessaire
    on sera l’alerte sans objet
    l’attente haute
    tout bouge devant l’immobile
    on regarde clandestins
    témoins des vivants
    parmi eux
    savoir quitter (extrait)

    la coquille : *plafonds (avec s) !

    #LittéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​ #journal

    micro journal 372-2023.11.15

  • boue et volcan, nos traversées.

    𝐣𝐨𝐮𝐫𝐧𝐚𝐥 𝐚𝐥𝐞́𝐚𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞, 𝟑𝟎 𝐨𝐜𝐭𝐨𝐛𝐫𝐞 𝐚𝐮 𝟓 𝐧𝐨𝐯𝐞𝐦𝐛𝐫𝐞

    il ne suffira pas de voir pour croire
    ce besoin d’accorder aux sens, peau et mains
    on ne se contentera pas de se mouiller
    plonger dans l’épaisseur
    visage trempé envahi
    et affirmer que tout, partout est concerné
    nos ventres comme montagnes ouvertes
    boue et volcan, nos traversées
    on a exporté nos rituels
    quelle lecture, quel avenir confier à la matière (extrait)

    #LittéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​ #journal

    micro journal 371-2023.11.11

  • Décharge, revue de poésie (nouvelle parution)

    𝐌𝐞𝐫𝐜𝐢 𝐢𝐦𝐦𝐞𝐧𝐬𝐞 𝐚̀ 𝐂𝐥𝐚𝐮𝐝𝐞 𝐕𝐞𝐫𝐜𝐞𝐲 !

    « Gracia Bejjani était du numéro précédent, où était exercé à son propos notre Droit de suite. Présente alors à travers des extraits d’un recueil en cours d’écriture : Je nous répète. Une poignée de nouveaux poèmes, répondant à la thématique proposée, me sont parvenus de cette poète. En ayant retenu deux pour la revue papier, je m’autorise à en offrir deux autres aux lecteurs de ce site, autant pour le plaisir de les donner à lire que parce qu’ils correspondent à la thématique du moment.

    A la Une du Magnum : www.dechargelarevue.com« 

    lire le texte intégral:
    https://www.dechargelarevue.com/Gracia-Bejjani-pour-deux-poemes-de-plus.html

  • frivole sans la justesse des mots.

    ton visage pourtant
    ce que je sais de tes yeux
    ta peau quand elle bat d’infini
    à qui parle ta peau, par quelles veines
    je la lisais comme chemin retenu
    accordée aux pas de ta danse sourde
    aujourd’hui je te sais toi, sans cette évidence de toi (extrait)

    Images filmées au Liban

    #LittéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​ #journal

    micro journal 370-2023.11.04

  • du désordre, on attendra le neuf.

    𝐣𝐨𝐮𝐫𝐧𝐚𝐥 𝐚𝐥𝐞́𝐚𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞, 𝟐𝟑 𝐚𝐮 𝟐𝟗 𝐨𝐜𝐭𝐨𝐛𝐫𝐞

    on prend le récit du matin par son épilogue
    par la lumière basculée
    bitume comme paume accessible
    telle l’empreinte du pouce
    nos peaux uniques
    les lignes aussi nous identifient
    singuliers
    nos vies seraient écrites sur nos mains
    peut-être
    mais comme toutes destinées
    incertaines (extrait)

    #LittéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​ #journal

    micro journal 369-2023.10.31

  • on a été portés, choyés.

    𝐣𝐨𝐮𝐫𝐧𝐚𝐥 𝐚𝐥𝐞́𝐚𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞, 𝟏𝟔 𝐚𝐮 𝟐𝟐 𝐨𝐜𝐭𝐨𝐛𝐫𝐞

    matin craquelé de sommeils décousus
    nos pensées filandreuses
    diffractent le réel
    comme tout début, l’aube labile
    on calque nos instants au mouvement des plafonds
    l’agilité du temps patient
    on revient des nuits
    comme surface de cendre
    l’air griffé d’analogies
    qui s’écrivent sans nous (extrait)

    #LittéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​ #journal

    micro journal 368-2023.10.28