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ce n’est pas une fiction.
quelles mains cachent leurs lèvres, étranglent
quels doigts sur leurs bouches lapidées
elles perdent le droit de parler en public
ne parleront qu’au mari, au frère, à l’enfant
entre elles mais derrière les murs
basses voix comme faute déjà — mortuaire (extrait)musique : Bruno Letort
« Requiem pour Tchernobyl » (extrait)
Orchestre de Minsk|Choeurs de Minsk|Andreï Galanovtexte et vidéo : gracia bejjani
#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 405-2024.09.15
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n’imaginais pas, envahie d’images.
j’appelais rarement,
ne pleurais pas l’absence,
ne regardais pas de photos,
ne relisais pas de lettres, ne voulais pas,
ne prenais pas de nouvelles,
n’en donnais pas vraiment (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 404-2024.09.09
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comme lucioles au corps lumineux.
pays de noir hanté, mais leurs nuits sont blanches
blanches comme l’attente, ses instants précipités
le mur du son, franchi
le bruit est sec, l’explosion comme suspendue
assourdissante après l’étrange silence tombé de nulle part
nous connaissons l’explosion des armes
l’explosion des bombes
nous avons été pulvérisés par l’explosion du port
aujourd’hui, d’autres fracas, le coup de poing sidéral {extrait}#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 403-2024.08.31
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nous ne sommes pas dans les rues.
texture de l’asphalte chaud sous la semelle
(parfois très collante)
le soleil sur les miroirs (et les yeux impossibles)
le vent aux fenêtres, petite trêve
le chatouillement de la poussière
la peau qui sue
l’arrogance des camions (se sentir petit à côté, vulnérable)
le désordre des épiceries {extrait}#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 402-2024.08.18
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simple comme ça.
Beyrouth l’été. Je suis l’enfant et tu transpires quand tu me portes. La vie sent doux. Je me sens sucrée.
—–
Tu me serres contre toi après la douche. Me sécher, corps enveloppant. Et je te renifle sans bruit. Le cou surtout et la poitrine. Ton odeur, accentuée par l’effort. Ton odeur de bébé (extrait). (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 401-2024.08.11
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𝐫𝐞𝐜𝐡𝐞𝐫𝐜𝐡𝐞 𝐋𝐢𝐛𝐚𝐧, 𝐚𝐜𝐭𝐮𝐚𝐥𝐢𝐭𝐞́. 𝐁𝐞𝐲𝐫𝐨𝐮𝐭𝐡
Le port de Beyrouth explose à 18 h 07 (17 h 07 à Paris). Mardi 4 août 2020. On a toujours connu les explosions. Euphémisme en ce mardi 4 août. Je me vis, boulevard Sébastopol. Ses rues lisses d’un mois d’août à Paris, l’asphalte audible sous le frottement des roues. Les néons des pharmacies, clignotement d’inutiles alertes. Je vis conducteurs et piétons aux règles partagées (extrait)
#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 400-2024.08.04
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l’ambiguïté de l’oubli.
il demande des souvenirs comme on sollicite un avis
qu’avez-vous connu vécu pendant la guerre ?
aujourd’hui, l’ambiguïté de l’oubli
et le sursaut, je ne sais rien
j’écris par absence de mots (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 399-2024.07.30
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je n’écris pas, je vois avec les oreilles.
je n’écris pas, je vois avec les oreilles
fragments de métro parisien
entendus, retenus
assemblés
lus en arabe libanais
(traduction improvisée en direct)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 398-2024.07.21
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Qu’est-ce que le monovlogue ? (Gilles Bonnet)
𝐌𝐞𝐫𝐜𝐢 𝐢𝐦𝐦𝐞𝐧𝐬𝐞 𝐚̀ 𝐆𝐢𝐥𝐥𝐞𝐬 𝐁𝐨𝐧𝐧𝐞𝐭 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐬𝐞𝐬 𝐚𝐧𝐚𝐥𝐲𝐬𝐞𝐬 𝐬𝐢 𝐩𝐨𝐢𝐧𝐭𝐮𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐬 𝐩𝐫𝐚𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 « 𝐥𝐢𝐭𝐭𝐞́𝐫𝐚𝐓𝐮𝐛𝐞 », 𝐢𝐜𝐢 𝐥𝐞 𝐦𝐨𝐧𝐨𝐯𝐥𝐨𝐠𝐮𝐞
à la suite du colloque « La littérature française à l’épreuve du XXIe siècle : romans, récits et narrations numériques (2011-2020) » à la Sorbonne Nouvelle, l’article de Gilles Bonnet est publié dans les Actes hébergés par Fabula.
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l’étymologie, l’inconscient des débuts.
d’où venez-vous, on me demande
ma certitude, venir des langues
récits à rebours de paroles mangées
corps contaminé de langue maternelle
d’où venez-vous (la question m’étourdit)
je porte d’autres mouvements,
depuis que bouge dans une autre langue
lisant écrivant en français (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 397-2024.07.15
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me suis brûlée pour croire au feu.
j’ai craché le goût de l’ail
sursauté au citron des premières fois
j’ai claqué de la langue, apprendre le goût
apprendre le citron ; devenir citron
j’ai pleuré cheveux accrochés au peigne
me suis brûlée pour croire au feu
j’ai battu des mains sans chercher à dire (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 396-2024.07.07
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je tapais des pieds déjà.
j’étais couverte de chair, réchauffée
entortillée déroutée, ivre d’eau déjà
joie sans raison, noyée de mère
j’ai été remuée
éprise de confusion ; têtue
pas encore née, qu’agitée déjà
bousculée de bruits, d’humeurs (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 395-2024.06.29
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plafonds sans réponses aux prières des lits.
dans d’autres pays comme séjours en clinique
nous habitons
soignés protégés — séparés
nous vivons
détachés
gestes de papier
aux griffes d’autres alphabets (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 394-2024.06.16
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J’ai appris à parler sur tes lèvres.
Joie (grande) de vous dire la parution de mon recueil de poésie, « j’ai appris à parler sur tes lèvres », chez La Kainfristanaise.
Lancement au Marché de la Poésie 2024.
Parution le 19 juin 2024, commande ici, merci!Immense merci pour ces mots qui portent, pour la confiance de toujours (présentation par mon éditeur) :
“Oui, j’écris et vous demande pardon de rester l’enfant d’une guerre. Me taire et l’écrire. Lui tourner autour, comme enfant et mère. “
Ces mots, chèr.e.s ami.e.s kainfristanais.es sont ceux d’une poétesse que nous avons le bonheur de vous présenter. Elle se nomme Gracia.
Gracia Bejjani. Elle a l’écriture chevillée au corps. Son geste tient du verrier. Habile, patiente, elle travaille et remet au métier l’ouvrage, affine le vers jusqu’à l’éclat dépouillé. Comme un désir éprouvé de polir le mot ou d’approcher sa réalité intérieure et nous la restituer.
Avec Gracia, la poésie est un hymne à la vie, à ces liens qui demeurent, même au cœur du chaos. À ces liens dont on s’aperçoit, longtemps après, qu’ils furent noués dès le commencement, dans les premiers éclats de l’enfance. En ce temps où les bras et le visage d’une mère sont le monde. Quand la voix berceuse dessine l’univers infini. La mère revient, ne cesse de traverser le poème. La poète dit à voix basse à sa mère:
“J’ai appris à parler sur tes lèvres, à chercher le sens. À nuancer, à chanter faux aussi, mais juste cœur et plein corps de cette joie que je trouvais dans ton rire. Ton courage, fort et doux. Écrire est devenu mon geste, je te le dois. Je n’ai pas cessé de t’écrire. T’écrire encore aujourd’hui pour tenir ta main, te bercer de voix dans les nuits que je ne connais pas. “
Ce recueil, incessant ressac de souvenirs. Les jours passés viennent s’échouer sur la grève du présent, le bousculent, le hantent parce que le fil n’a jamais été rompu. Gracia Bejjani parle à chacun de vous de ces pays que l’on quitte, mais qui vous suivent parce qu’ils font à jamais partie de vous, de vos paysages intérieurs. De ces blessures qu’on voudrait laisser, mais dont l’écho réplique. Comme s’ils avaient besoin d’être portés à la parole. La guerre, encore elle, la guerre ne cesse jamais car on la retrouve partout où l’on voudrait l’oublier. Dans l’écriture même, elle s’invite. Comme s’il fallait des mots pour donner un nom au chaos. La poésie devient alors la petite lumière qui raconte et éclaire le destin d’une porteuse de frontière. »N’es-tu pas lasse. Il est temps de tourner la page. Comment tourner des pages sans livre ? Sinon l’écrire, m’en acquitter, écrire ce dont on ne parle pas. Je n’attrape que par bribes ces années usées d’oubli. Je m’arrête, retiens mes mots comme corps perdus dans les décombres des villes. On a tous des images de Beyrouth explosé, de Bagdad ou Damas bombardé. Ma vieille guerre n’a d’autre visage que nos têtes tacitement obsédées, que nos mémoires.’
Lisez Gracia, répondez à son invitation dans cet univers où elle nous mène. Peut-être que par ces temps convulsifs nous nous apercevons que “je” n’est pas seulement un “autre”. -
Lettres d’hivernage III
Joie d’être publiée avec plusieurs textes et photos, dans le troisième numéro de « Lettres d’hivernage », revue éditée par La Kainfristanaise. Merci à Stève-Wilifrid Mounguengui à Sarah Combelles et à tous les poètes réunis… voix et lieux autour du monde
Revue à retrouver sur Lettres d’hivernage numéro 3 – Femmes qui écrivent, femmes écrites
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j’écoute leurs mains.
j’écoute leurs mains
leur révolte docile
les mots précèdent leurs gestes
postures comme rituels sans chant
j’écoute
leur gentillesse convenue
par le cri ils exigent (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 393-2024.06.06
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𝐫𝐞𝐯𝐞𝐧𝐢𝐫 𝐚𝐮 𝐦𝐢𝐧𝐮𝐬𝐜𝐮𝐥𝐞.
ce sera — terre molle légère
leurs os comme rochers éboulent
les pieds, nuées d’allégresse
transpirent de nouvelles vies (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 392-2024.05.31
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intime anonyme.
tu n’es pas morte
intime anonyme
tu es ma hantise
ma turbulence
tant que j’écris, j’enfreins
fi de l’ordre vivre mourir
tu es ma familière ma proche (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 391-2024.05.26
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𝐨𝐧 𝐬𝐚𝐢𝐭 𝐥𝐞 𝐭𝐞𝐦𝐩𝐬 𝐢𝐧𝐜𝐨𝐦𝐩𝐥𝐞𝐭.
on revoit nos abris de murs friables
notre guerre inouïe monotone
elle contient nos gestes de peu
l’espoir — panache de nos mains
résistance des vies éprouvées
grandir brusques parmi les obstacles
on franchit les jours comme objets dissociés
la guerre interrompt aussi l’espace (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 390-2024.05.20
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𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐥𝐨𝐮𝐫𝐝𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐬𝐞𝐬 𝐨𝐬.
caisse en bois plus lourde que ses os
le cireur de chaussures ne marche pas
il tangue
comme si l’air était mer et ses bras, rames
rues de Beyrouth, son macrocosme
il a toujours été âgé
comme tatoué des récits de la ville (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 389-2024.05.12
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𝗵𝘂𝗶𝘁 𝗲́𝘁𝗮𝗴𝗲𝘀 𝗱𝗲 𝘀𝗼𝘂𝗿𝗶𝗿𝗲𝘀 𝗷𝗲𝘁𝗲́𝘀.
elle, son sourire comme mur
la voisine a oublié son sourire à ses lèvres
huit étages de sourires jetés, perdus
il dévisage
ce culot, sourire aux inconnus (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 388-2024.05.05
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𝗺𝗮𝗶𝗻 𝗾𝘂𝗶 𝘂𝗻 𝗷𝗼𝘂𝗿 𝗺𝗮𝗻𝗾𝘂𝗲𝗿𝗮.
l’enfant aux yeux alarmés
bouche ouverte comme tunnel
ses mots arrêtés contre dents
les sanglots ne font pas de bruits
sidération parmi
tant de corps (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 387-2024.04.28
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c’est comme sol déchiré.
l’exil, cette traque des routes
terres en fuite d’yeux
on regarde désormais les fenêtres
dedans dehors nomades
légèreté de surface, l’envol rompu
c’est comme sol déchiré
équilibre de caillasse
la peau compacte consent
abandonne l’hypothèse
abandonne sa foi (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 386-2024.04.24
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jamais aimé les chiffres pairs.
𝗷𝗮𝗺𝗮𝗶𝘀 𝗮𝗶𝗺𝗲́ 𝗹𝗲𝘀 𝗰𝗵𝗶𝗳𝗳𝗿𝗲𝘀 𝗽𝗮𝗶𝗿𝘀
il m’arrive de voir mes yeux
les détourne pour me perdre de vue
de voir la pente de mes pieds
ils avancent sans moi
précipités — manquent le temps
désordre des fuites incertaines
voir la possibilité de n’être que corps
sans comprendre la complexité du corps (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 385-2024.04.21
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qui de moi.
ce jour où perdant tout
il ne me reste plus que moi
de toutes les filles que je fus (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #shorts #poésie
micro journal 384-2024.04.14
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comment s’appelle votre nom
comment s’appelle votre nom, elle demande
mots, mis en abyme -
comme dépoussiérer un meuble.
on s’est un jour arrêté sans mourir
vu l’inertie des mouvements
encombrés de
réussites hantées — l’éducation
ardeur payée en rites
tant nous ont tapoté l’épaule
comme l’on dépoussière un meuble (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 383-2024.03.31
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NRF Gallimard – À quel temps s’écrivent les guerres?
Fête des mères au Liban aujourd’hui. Et sort (aujourd’hui) en librairie le numéro de la NRF Gallimard « À quel temps s’écrivent les guerres? ». Je suis très honorée et émue de participer* à ce numéro et en si bonne compagnie. Que son jour de diffusion coïncide avec la fête des mères. 𝐻𝑎𝑠𝑎𝑟𝑑 𝑑𝑖𝑡-𝑜𝑛. 𝑀𝑎𝑖𝑠 𝑙𝑒 ℎ𝑎𝑠𝑎𝑟𝑑 𝑛𝑜𝑢𝑠 𝑟𝑒𝑠𝑠𝑒𝑚𝑏𝑙𝑒 répond Bernanos. Me souvenir avoir oublié de l’appeler (parfois), décalage de pays, de perception : retenir une date quand tous jours et tant de textes poursuivent sa voix en moi ? L’écriture, fragments et ellipses, comme le titre de ces poèmes sur notre guerre « vous n’en parlez jamais ». Je ne fais peut-être que ça, en parler. Et t’𝐞́𝐜𝐫𝐢𝐫𝐞 maman.
*Immense merci à Géraldine Blanc et à Anna Ayanoglou d’avoir permis la rencontre



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le corps comme obstacle à l’oubli.
il me suffit me souvenir
l’oreille contre son ventre
des histoires envolées — j’écoute
j’ai écouté son cœur
fabulé l’infini
il nous faut
occuper les chaises d’après
pousser des portes, marcher
du temps contre les fenêtres (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 382-2024.03.17
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mémoire analphabète.
nous avons le vent, sa caresse liquide
la hâte au corps — un vœu
nous avons
des mots, mémoire analphabète
ainsi, écrire — désoler le sens
un rêve prononce la nuit le recul
quand les doigts endurent l’étreinte
ne prennent forme narrative
(nous n’avons pas de langue) (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 381-2024.03.13
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peau ton corps.
main réconforte l’autre
doigts entre doigts prononcés
décliner ta main
comme nuage
— soyeuse
elle repose accordée
aux récits patients (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 380-2024.03.03
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portraits vivants • nathanaëlle quoirez – 7 vidéos
« L’écriture c’est un accès »
nathanaëlle quoirez autour de l’écriture, épisode 1/7
QR code vers la playlist consacrée à Nathanaëlle Quoirez
Conversations avec Nathanaëlle Quoirez autour de l’écriture et de la foi. Les enregistrements datent de 2 ans et 2 mois, en compagnie de Milène Tournier, alors que Nathanaëlle était en train d’écrire ses Lettres à Madame, livre qui paraîtra (sans qu’elle le sache encore) à l’automne 2023 aux éditions Lurlure. Cette parole, encore d’actualité, nous dit à quel point le propos est juste et incarné. Lire Nathanaëlle permet l’«accès» à une autre dimension, tel qu’elle l’évoque dès le premier épisode de cette série vidéo. Son écriture est exigeante, singulière, tout en tension entre absolu et souffle charnel.
Le recueil Lettres à Madame est immense, merveilleux… pour vous le procurer, c’est par ici : https://lurlure.net/lettres-madameépisode 1/7 : • portraits vivants • nathanaëlle quoir…
épisode 2/7 : • portraits vivants • nathanaëlle quoir…
épisode 3/7 : • portraits vivants • nathanaëlle quoir…
épisode 4/7 : • portraits vivants • nathanaëlle quoir…
épisode 5/7 : • portraits vivants • nathanaëlle quoir…
épisode 6/7 : • portraits vivants • nathanaëlle quoir…
épisode 7/7 : • portraits vivants • nathanaëlle quoir…
la première série d’entretiens avec nathanaëlle quoirez est visible ici :
• portraits vivants – nathanaëlle quoir…
• portraits vivants – nathanaëlle quoir…
« Être à la hauteur de la main qui te tient »
nathanaëlle quoirez autour de l’écriture, épisode 2/7
« Sa propre insuffisance, c’est ça qui fait trembler »
nathanaëlle quoirez autour de l’écriture, épisode 3/7
« C’est comme si la foi et l’écriture permettaient de s’adresser »
nathanaëlle quoirez autour de l’écriture, épisode 4/7
« Avoir cette capacité à exister dans ton quotidien »
nathanaëlle quoirez autour de l’écriture, épisode 5/7
« J’ai pas découvert Dieu, j’ai pas découvert l’écriture »
nathanaëlle quoirez autour de l’écriture, épisode 6/7
« Comme tu en manques tu crèves de faim »
nathanaëlle quoirez autour de l’écriture, épisode 7/7LittéraTube #VidéoEcriture #portrait
portrait
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le lointain autrement.
j’écris | m’oblige — touche langue des doigts
marcher retarder les ponctuations
textes en blanc / le manque
ce peu, comme caillou fait monde
chant inattendu quand le pardon mendie (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 379-2024.02.25
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mon visage rendu masque.
je rêve aussi
habiller ma peau de traits définitifs
je ne retrouverai pas mon visage
confié aux pointes encrées du stylet
une tatoueuse inconnue
me fabriquera autre surface, à la main
indélébile (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 378-2024.02.11
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j’ai ta saveur sur mes doigts.
ta joue — intimité visible
vulnérable entre mes mains
j’ai ta saveur sur mes doigts
silencieuse ma peau
bruit de pas au cœur
tu me vois de près, étrangère
présence inattendue qui te brusque
ton rire quitte déjà (extrait)Images tournées en novembre 2023, au Klein Seminarie de Roulers (Belgique)
#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 377-2024.01.28
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autofictiographie #12, mes cailloux de nerfs.
sans l’illusion, je trahirais le désir
l’arrêterais avant son récit
avant l’enthousiasme
— comme de vivre sans voix brute (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie #écrire
micro journal 376-2024.01.21
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soupçon d’une guerre jamais terminée.
votre guerre, il me dit
je lui raconterai la mer foudroyée
devenue terre — étendue de corps sans demeure
nos morts de sel emmurés
dire leurs odeurs acides
l’eau comme cendre
petites vagues de Méditerranée, sur scènes ensevelies
je lui parlerai du soleil
impartial (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie #liban
micro journal 375-2024.01.14
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Anthologie de poésie – Le Castor Astral 2024
Immense merci à Jean-Yves Reuzeau et aux éditions Astral Castor ! Hâte de lire ces voix que j’aime (je ne les cite pas mais) et avec qui je partage quelques textes dans cette magnifique anthologie réalisée pour le Printemps des Poètes 2024.
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Décharge n°200
Il y a un an, j’écrivais mon épitaphe dans le dernier numéro de WAM. Cette année 2023 se clôt également sur des textes parus dans un « dernier numéro », Décharge 200, sur le thème accordé au « geste » éditorial : Et comment ça se joue, à la fin ?
Alors oui immense joie d’en être, mais grande grande tristesse de voir s’arrêter une si merveilleuse revue « Décharge », portée notamment par le magnifique travail de Claude Vercey que je remercie, remercie… pour ce chemin partagé ! -
Revue Cabaret n°48
grand grand merci à Aline Recoura pour la publication de quelques haïkus dans la revue Cabaret).
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tiens ta parole, trompe-moi.
tiens ta parole, trompe-moi
j’entends l’apparence
l’haleine ambiguë des pensées
ne me dis pas ton vrai
nous ne partageons pas de réels
rongés d’une langue par crâne
de mots accrochés au hasard
je veux cette vérité-là, inachevée, incertaine
des mensonges plus justes que preuves (extrait)version raccourcie du texte écrit pour le festival international de poésie de Roulers
#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie #journal
micro journal 374-2023.12.09
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ton corps vivant, solennel.
rêve de toi
tu es vivant mais aphasique
ce que je pensais mort n’est que lapsus de vie
tu n’es pas mort, tu ne parles pas
qu’importe, ton corps s’énonce
serré contre moi, léger, nomade
d’âge indécis
mon immense frère, mon amour sublimé (extrait)Images filmées au Liban (Cèdres de Bcharré)
#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie #journal
micro journal 373-2023.11.25
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notre flou singulier.
𝐣𝐨𝐮𝐫𝐧𝐚𝐥 𝐚𝐥𝐞́𝐚𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞, 𝟔 𝐚𝐮 𝟏𝟐 𝐧𝐨𝐯𝐞𝐦𝐛𝐫𝐞
on se soustrait
nos figures solennelles
la discrétion nécessaire
on sera l’alerte sans objet
l’attente haute
tout bouge devant l’immobile
on regarde clandestins
témoins des vivants
parmi eux
savoir quitter (extrait)la coquille : *plafonds (avec s) !
#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie #journal
micro journal 372-2023.11.15
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boue et volcan, nos traversées.
𝐣𝐨𝐮𝐫𝐧𝐚𝐥 𝐚𝐥𝐞́𝐚𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞, 𝟑𝟎 𝐨𝐜𝐭𝐨𝐛𝐫𝐞 𝐚𝐮 𝟓 𝐧𝐨𝐯𝐞𝐦𝐛𝐫𝐞
il ne suffira pas de voir pour croire
ce besoin d’accorder aux sens, peau et mains
on ne se contentera pas de se mouiller
plonger dans l’épaisseur
visage trempé envahi
et affirmer que tout, partout est concerné
nos ventres comme montagnes ouvertes
boue et volcan, nos traversées
on a exporté nos rituels
quelle lecture, quel avenir confier à la matière (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie #journal
micro journal 371-2023.11.11
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Décharge, revue de poésie (nouvelle parution)
𝐌𝐞𝐫𝐜𝐢 𝐢𝐦𝐦𝐞𝐧𝐬𝐞 𝐚̀ 𝐂𝐥𝐚𝐮𝐝𝐞 𝐕𝐞𝐫𝐜𝐞𝐲 !
« Gracia Bejjani était du numéro précédent, où était exercé à son propos notre Droit de suite. Présente alors à travers des extraits d’un recueil en cours d’écriture : Je nous répète. Une poignée de nouveaux poèmes, répondant à la thématique proposée, me sont parvenus de cette poète. En ayant retenu deux pour la revue papier, je m’autorise à en offrir deux autres aux lecteurs de ce site, autant pour le plaisir de les donner à lire que parce qu’ils correspondent à la thématique du moment.
A la Une du Magnum : www.dechargelarevue.com«
lire le texte intégral:
https://www.dechargelarevue.com/Gracia-Bejjani-pour-deux-poemes-de-plus.html -
frivole sans la justesse des mots.
ton visage pourtant
ce que je sais de tes yeux
ta peau quand elle bat d’infini
à qui parle ta peau, par quelles veines
je la lisais comme chemin retenu
accordée aux pas de ta danse sourde
aujourd’hui je te sais toi, sans cette évidence de toi (extrait)Images filmées au Liban
#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie #journal
micro journal 370-2023.11.04
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du désordre, on attendra le neuf.
𝐣𝐨𝐮𝐫𝐧𝐚𝐥 𝐚𝐥𝐞́𝐚𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞, 𝟐𝟑 𝐚𝐮 𝟐𝟗 𝐨𝐜𝐭𝐨𝐛𝐫𝐞
on prend le récit du matin par son épilogue
par la lumière basculée
bitume comme paume accessible
telle l’empreinte du pouce
nos peaux uniques
les lignes aussi nous identifient
singuliers
nos vies seraient écrites sur nos mains
peut-être
mais comme toutes destinées
incertaines (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie #journal
micro journal 369-2023.10.31
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on a été portés, choyés.
𝐣𝐨𝐮𝐫𝐧𝐚𝐥 𝐚𝐥𝐞́𝐚𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞, 𝟏𝟔 𝐚𝐮 𝟐𝟐 𝐨𝐜𝐭𝐨𝐛𝐫𝐞
matin craquelé de sommeils décousus
nos pensées filandreuses
diffractent le réel
comme tout début, l’aube labile
on calque nos instants au mouvement des plafonds
l’agilité du temps patient
on revient des nuits
comme surface de cendre
l’air griffé d’analogies
qui s’écrivent sans nous (extrait)#LittéraTube #VidéoEcriture #poésie #journal
micro journal 368-2023.10.28