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  • quand la phrase envahit les marges de gueules et de creux.

    feutres acrylique (format 24*34)

  • mai 2026 | carnet


    la fête des mères était double
    calendrier comme fracture
    au Liban le 21 mars
    en France le 31 mai
    aujourd’hui sans elle
    une troisième date
    une autre mère

    certains mots de langue maternelle
    n’ont pas de voisins ici
    je ne les traduis pas
    je les range sous d’autres phrases
    les exile dans mes marges

    un livre prêté, jamais rendu
    comme ce qui nous liait
    à présent introuvable

    aussitôt aveugle – instinct de paupières
    ma peur d’exploser si je vois
    mourir de voir, d’assister immobile
    toute image est bombe, à répétition
    mon pays dedans, nous
    les yeux me murent
    je ne peux pas regarder
    je nous porte vies, en me détournant

    « ce n’est pas la vraie vie
    tout le monde le sait
    que ce n’est pas la vraie vie »
    la voix dans le métro
    qui sait sans savoir

    l’humeur précède
    mauvaise
    et la journée mord à ses talons

    on me demande si tu me manques
    non, c’est autre chose
    l’absolu du silence relatif

    « j’y perdrais le peu d’amis que j’ai » écrit Clarice Lispector
    à la perspective d’arrêter d’écrire (Correspondances)

    mon angoisse à chaque jour sans écrire
    puis son oubli
    je crains moins le silence que cet oubli

    elle a la voix de son visage
    plissée, rentrée
    une voix traversée de rire
    sa peau sans lèvres

    pour taire les réseaux, me taire
    mêmes pensées intrusives

    tu dénonces
    mais ta vie
    jours de sottes revanches

    je ne dis pas le cri
    il me vocalise

    braqués de certitudes communes
    ils commentent

    la marge comme chemin
    j’y reviens
    petits pas, arrêtés parfois

    l’indécence du ressassement
    puis la patience
    amorce qui ne prévient pas

    ma peau miroir
    je rejette d’un sourire replié

    réflexes de mains
    me protègent de leurs visages
    toujours trop près

    l’a priori fait regard
    par hasard, à la surface
    on accumule des phrases

    elle dit à son téléphone
    « il ne comprend pas ce que je vis »
    le dit au wagon
    ce confident qui comprend

    relu
    la syntaxe est la mienne
    mais le rythme est un fantôme
    qui était-ce
    qui connaissait si bien les mots avant moi ?

    ils se tiennent par le bout des doigts
    ne se lâchent pas
    discrets et visibles
    un aveu derrière des joues de biais

    c’est le soir des couples jeunes
    les jeunes à deux
    corps côte à côte
    visages perdus à terre
    et non-dit

    une photo pour dessiner sa bouche fermée
    les pommettes rouges de froid ou d’acné
    lui comme gamin attend

    on ne fait pas que regarder son téléphone
    certaines se liment les ongles
    d’autres se caressent les sourcils
    doigts en mouvements ronds
    le métro soupire nos gestes
    occupés à exister

    plus tard le tiroir
    plus tard le tri
    plus tard ce que j’ai à dire
    à qui
    les plus tard s’installent

    le froid est visible ce soir
    dans la cour vide de l’immeuble

    écrit-on les mêmes mots
    quand l’encre change de couleur ?

    parfois mes rêves me conseillent
    « redresse-toi
    évite de te pencher vers eux »
    et le réveil poursuit cette voix impersonnelle

    ciel au réveil comme premier visage lu

  • La Nuit Remue à Paris.

    J’ai la joie de participer samedi 13 juin à la soirée La Nuit Remue, une soirée de poésie, lectures et performances organisée par remue.net à Paris.
    Joie d’être aux côtés d’auteur·ices que j’estime tant.
    Merci à Aude Pivin, Benoît Artige et remue.net pour cette invitation.

    🗓 Samedi 13 juin · 18h00
    📍 Médiathèque Violette Leduc
    18-20 rue Faidherbe, Paris 11e
    🎟 Entrée libre

    https://remue.net/17eme-nuit-remue-samedi-13-juin-2026

    #LaNuitRemue#GraciaBejjani#Sobhiyé#Poésie#Paris#RemueNet#Littérature

  • Sobhiyé à l’Alcazar, rencontre & performance vidéo.


    Heureuse de vous retrouver à Marseille. 🌊

    Je serai à la Bibliothèque de l’Alcazar pour une rencontre et une performance vidéo autour de Sobhiyé – Corps de femmes (Accro Éditions). Merci à l’Alcazar de m’accueillir dans le cadre de son exposition sur le Liban (Saison Méditerranée 2026).

    🗓 Jeudi 11 juin à 17h30 (Auditorium)
    📍 Alcazar – 58 cours Belsunce, Marseille
    🎟 Entrée libre

    #Sobhiyé #GraciaBejjani #Marseille #Alcazar #Littérature #Liban #CorpsDeFemmes

  • Réforme – «Et c’est ainsi qu’on touche à l’universel».

    Immense merci à Frédérick Casadesus pour sa lecture de Sobhiyé – Corps de femmes (Accro Éditions), parue dans Réforme le 21 mai (n°4138).
    Heureuse de partager avec vous ces mots qui font vivre Sobhiyé. ✨

    LE FEUILLETON DES LIVRES
    Des femmes et des mots

    Le langage en elle est virtuose. Il danse à la ligne, caresse, enveloppe, et soudain pique à vif. Ne vous l’envoie pas dire. Gracia Bejjani, de nationalité française, a vécu sa prime jeunesse au Liban, son pays natal.

    Poétesse, écrivaine – on aimerait écrire femme des lettres –, elle publie Sobhiyé, premier roman dont le sous-titre sonne à merveille : Corps de femmes. On en comprend le message : quand l’extériorité n’est que violence, armes de mort et destruction, l’intériorité de la parole, des sentiments, des regards est la seule source de vie. Des femmes se réunissent et conversent, à l’écart, pour mieux parler. Telle est la tradition libanaise de la sobhiyé, rencontre aussi libre que possible des points de vue. « Les filles écoutent les femmes parler des femmes. Elles les écoutent parler d’elles. » Initiation de la narratrice et de ses amies devant les mères, les tantes, les voisines. On y trouve de l’amour et de l’humour, du corrosif et des élans de colère. Et c’est ainsi qu’on touche à l’universel, dans un mouvement bien connu qui mène le microscopique à l’infini de l’univers. D’un récit qui tient du mobile, aussi solide sur ses fondations que vulnérable parce qu’il est tourné vers le ciel, on se chagrine de décrire les beautés ; ne risque-t-on pas de les abîmer ? Même le choix d’un passage est risqué. Lançons-nous malgré tout. « Tante Aline est démesurée en tout. Son corps excède les cent kilos, dans des robes à fleurs bigarrées. Orange, carmin, violet… Elle s’habille par superposition de vêtements et de couleurs, pour ne pas avoir à hésiter. Et flamboie de mille feux dans ces improvisations audacieuses. Ses sabots, comme des claquettes qui donnent le rythme. Et rechargent le sang d’énergie tellurique. Déflagration, conflagration, cataclysme. » Un peu plus loin, ceci : « Les couvre-feux creusent les journées. Interrompus, sortis du quotidien, sans mouvement continu, sans linéarité. Nos gestes ordinaires désormais aléatoires. » Une fenêtre sur les mots. (À suivre…)

    Frédérick Casadesus
    Réforme le 21 mai (n°4138)

  • leurs phrases sur nos joues sont de fausses larmes.

    feutres acrylique (format 30,5 * 30,5)

  • ces mots que mes doigts comprennent.

    le corps connaît les mots
    il les rêve sans moi
    ces mots que mes doigts comprennent
    sons d’avant l’écrit
    là où mes rêves me savent (extrait)

    #littéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​

    micro journal 483-2026.05.16

  • confession des insomnies.

    tu écris sa voix
    sourde tu écris
    les ellipses de ses phrases
    tu as grandi dans ses nuages
    l’élégance de son sourire qui regarde
    gens et choses
    ne s’encombre pas de douleur (extrait)

    #littéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​

    micro journal 482-2026.05.10

  • avril 2026 | carnet


    carnet – pour éviter le journal

    « pour toi ce n’est pas pareil
    ce n’est pas le même Liban
    tu ne peux pas comprendre »

    quand tes pensées
    prennent ce poids de rien

    de la salle d’attente, j’entends
    tout de leur séance
    il en sera de même à mon tour
    malgré les portes, l’intrusion
    on m’entendra
    tue

    ce qui un peu console
    la lumière
    une phrase qui se pose

    quand je ne suis que sourires
    une figure

    au marché
    « on s’en fout, le gras c’est la vie
    ça isole »
    sa voix retombe
    consciente de rater
    lapsus ou glissement

    la même chanson tourne
    tête occupée
    j’écris autour, n’écris plus

    « c’est des gratte-papier »
    elle le dit bouche coincée
    lèvres confondues de rides
    des gratte-papier
    et ça sonne comme l’ultime insulte

    ce pigeon va partout où l’autre se pose
    le chasse, prend sa place
    abandonne pour de nouveaux rapts

    parler moins
    encore moins
    me faire forme

    ce besoin de dispersion
    les murs sinon
    ma claustrophobie

    (entendu)
    « il a du ressenti
    il en veut à la terre entière »

    le silence du matin
    l’écoute

    elle a un serre-tête avec des oreilles de lapin
    roses et blanches
    on devine une texture veloutée
    on est loin, on ne vérifiera pas
    elle marche très lentement
    entre les enfants qui se bousculent
    rythmes alternés
    elle marche derrière eux
    l’un après l’autre comme ramasser des champignons
    puis sa voix, des instructions en anglais
    les enfants se rassemblent :
    une queue parfaite encadrée d’oreilles aux aguets

    il y a ce bruit et les formes hasardeuses
    personne en adresse
    il y a ma manière de regarder après
    vérifier sans règles
    je n’ai pas les règles

    questions frontales
    et les mots manquent
    mêmes simples, manquent

    le métro pose ses voix
    à la surface
    comme des pièces usées

    parfois mordre suffit
    les dents dans quelque chose
    du caoutchouc

    failli traverser par feu rouge
    le bruit de la vitesse
    m’a stoppée

    chagrin d’enfant
    la bouche qui s’ouvre
    rien

    parfois l’écriture
    par son excès me terrifie

    entendu :
    « elle fait partie de ces nanas
    qui envoient des messages »

    plusieurs pages à la fois
    comme s’il s’agissait de fuir toujours

    écrire au plus près
    en écartant mon visage
    mes tics

    elle m’a dit
    « je ne connais personne mort du covid
    c’est pipeau »
    je ne réponds pas
    ta mort ne sera pas preuve

  • comme un bruit de voix rouillées.

    tout dort. le soleil a cette lumière fuyante comme un bruit de voix rouillées. ça parle sans moi, brouillons de tête.(extrait)

    #littéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​

    micro journal 481-2026.04.29

  • un mot a pris forme sur ma peau.

    la masse du vide dans ma main
    cette nuit (extrait)

    #littéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​

    micro journal 480-2026.04.21

  • il était des fois.

    𝘬𝘦́𝘯 𝘺𝘢 𝘮𝘢 𝘬𝘦́𝘯 𝘮𝘦𝘯 𝘢𝘥𝘪𝘮 𝘦𝘭-𝘻𝘢𝘮𝘦́𝘯
    il est des avenirs racontés au passé
    des plus tard troués de voix
    il était une fois
    tant de fois il ne fut pas
    les débuts recommencent
    matins qui bégayent leur seuil (extrait)

    #littéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​

    micro journal 479-2026.04.15

  • j’ai peur fêlée.

    je répète ce qui se dit
    s’entend, se répète
    j’écoute, j’étouffe
    ça lacère mes dents
    le maintenant, là-bas, tous les jours
    de loin, l’écran-fiction
    trop pleine la bouche (extrait)

    #littéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​

    micro journal 478-2026.04.07

  • mars 2026 | carnet

    mars guerrier
    et comme d’emblée
    le Liban

    j’écris en français
    avec l’arabe en moi
    – pays à l’os

    si tu tombes tu me fais tomber
    a dit la dame à la main de la petite
    l’a dit en riant

    vents et odeurs
    matin d’herbes coupées

    la langue promet
    vous prenez tout au premier degré

    on voudrait hâter
    nos secrets d’enfant

    je perds l’équilibre
    tenue aux bords
    entre grâce et poing

    symptômes collatéraux
    d’une guerre de loin :
    vue brouillée, envie de vomir
    et fatigue, mots aveugles
    souffle ras
    dormir sauf la nuit
    là-bas, le chaos fait ses dents

    elle mange les chips avec les deux mains
    comme on tient un volant
    elle les tourne entre doigts et bouche
    hochements de tête – ce rythme

    parler distribue parfois
    les bons points

    je cherche leurs yeux
    je n’ai que paupières et fronts
    et doigts

    par la fenêtre du train
    je quitte à reculons
    comme empêchée

    plus d’enfants que d’adultes
    besoin de leurs agitations
    ce désordre sonore
    parc et mercredi

    elle dort l’iPhone à la main
    comme un livre aux pages collées
    l’écran à ses rêves fermés

    et de nouveau
    les escaliers sous mes pieds
    détalent

    comme des apparitions
    reels partout
    quand le réel résiste

    le bruit de l’ascenseur
    les battants s’élancent et butent
    horizon bloqué à hauteur de genoux
    une heure durant
    me bercer d’histoires

    c’est ici, partout
    pays de langues aphones
    douleur chronique
    à l’heure des nouvelles

    elle a plus de bagues que de doigts
    ses mains animées

    nuit
    à quoi se raccrochent
    mes dents ferrailles ?

    pour toi ce n’est pas pareil
    ce n’est pas le même Liban
    tu ne peux pas comprendre

    me dit l’amie

    tout est prétexte à nous distraire de la vie
    le pouce par exemple

    vider les lieux disent-ils
    comme on vide un poisson
    arracher le seuil à la chaussure
    laissez la clé sur la serrure du monde
    fuyez vos murs
    disent-ils
    nous les rendons poussière
    on appelle ça évacuer
    alors que c’est la terre qu’on déloge
    quittez vos corps
    c’est légitime disent-ils

    « te dire que je pense à toi dès que je jette un œil sur l’actualité et que je préférerais ne pas penser à toi dans ces conditions-là, vraiment pas (…) Alors, lire et écrire, au moins parce que c’est comme ça que je préfère penser à toi. » Juliette.

  • Foire du livre Bruxelles: deux directs autour de Sobhiyé.

    >>Au fil des pages : Spéciale Foire du Livre 2026
    Eric Russon et Cindya Izzarelli — La Première (28 mars 2026)
    Gratitude renouvelée à Eric Russon et Cindya Izzarelli pour leur accueil sur le plateau d’« Au fil des pages ». La finesse de leur regard sur Sobhiyé – Corps de femmes (Accro Éditions) et la générosité de cet entretien donnent à entendre ces voix de femmes au-delà des pages, explorant avec justesse les thèmes qui traversent l’ouvrage.
    L’entretien est disponible en replay (l’accès est gratuit):


    >>Inauguration de la Foire du Livre 2026
    Sara De Paduwa et Cédric Wautier — La Première (25 mars 2026)
    Un immense merci à Sara De Paduwa et Cédric Wautier pour ce moment d’échange lors de l’inauguration de la Foire du Livre 2026. Présenter Sobhiyé – Corps de femmes (Accro Éditions) comme premier roman sur ce plateau fut une belle entrée en matière.
    L’entretien est disponible en replay (l’accès est gratuit):

  • j’habite les tables.

    on me griffonne
    une phrase puis rien
    nervosité d’un mot qui manque
    je deviens l’alibi
    l’impunité des brouillons
    je me laisse traverser – peau
    je suis le repos d’une main retrouvée
    quand les corps s’appliquent
    lents(extrait)

    #littéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​

    micro journal 477-2026.03.31

  • nos fictions sont des phrases qui parlent avant nous.

    feutres acrylique (format 30,5 * 30,5)

  • RCF: entretien autour de Sobhiyé dans l’émission « coup de projecteur ».

    Gratitude pour l’accueil de Delphine Freyssinet et pour notre entretien du 24 mars dernier sur RCF. La finesse et la profondeur de ses questions ont permis d’explorer Sobhiyé – Corps de femmes (Accro Editions) sous d’autres angles, avec une lecture d’une grande sensibilité.

    L’entretien est disponible en replay:

    (L’accès est gratuit.)

    Droits image: RCF

  • 𝙎𝙤𝙗𝙝𝙞𝙮𝙚́ – 𝘾𝙤𝙧𝙥𝙨 𝙙𝙚 𝙛𝙚𝙢𝙢𝙚𝙨 foire du livre de Bruxelles.


    • Foire du Livre de Bruxelles – du 26 au 29 mars 202
    Stand : les éditeurs singuliers

  • Jed Jahjah lit Sobhiyé et me lit !

    Le regard de Marc sur Sobhiyé – Corps de femmes ouvre le texte à d’autres lectures. Il y engage du vécu, une voix qui vient rencontrer ce qui s’y écrit déjà. Quelques minutes portées par tant de justesse et de sensibilité. Merci beaucoup de recoudre nos mémoires et nos histoires avec ces mots.

  • incantation rase.

    dire, redire
    dans l’attente têtue
    qu’une parole change le réel
    ou l’arrête
    demander à la langue de réparer
    routes, toits, chambres (extrait)

    #littéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​

    micro journal 476-2026.03.21

  • une greffe froide.

    ça se greffe aux mâchoires
    la guerre dans les narines
    formatée propre, livrée froide
    c’est garanti cyclique
    on ne s’en débarrasse pas
    chose qui colle
    durcit (extrait)

    #littéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​

    micro journal 475-2026.03.15

  • je me méfie des phrases humides, salive des bouches sèches.

    feutres acrylique…

  • Prochaine rencontre autour de 𝙎𝙤𝙗𝙝𝙞𝙮𝙚́ – 𝘾𝙤𝙧𝙥𝙨 𝙙𝙚 𝙛𝙚𝙢𝙢𝙚𝙨


    Le 26 mars à 19 h, je serai à la librairie La Grande Balade, au Kremlin-Bicêtre, pour un échange autour de 𝙎𝙤𝙗𝙝𝙞𝙮𝙚́ – 𝘾𝙤𝙧𝙥𝙨 𝙙𝙚 𝙛𝙚𝙢𝙢𝙚𝙨, animé par Emmanuelle Favier.
    L’occasion de partager discussions et lectures.
    Un grand merci à Julien Doussinault et Marion Roset d’accueillir cette rencontre, ainsi qu’à Emmanuelle Favier et aux associations Le Blanc de la neige et Histoires de femmes.
    Merci également au Conservatoire et à la Médiathèque du KB pour l’attention réservée au livre et à l’annonce de cette rencontre sur leurs murs.
    Au plaisir de vous y retrouver.

    𝗟𝗮 𝗚𝗿𝗮𝗻𝗱𝗲 𝗕𝗮𝗹𝗮𝗱𝗲, 30 av Eugène Thomas au Kremlin-Bicêtre (métro ligne 7).

  • RTBF: Entretien autour de Sobhiyé dans l’émission Majuscules.

    Immense merci à Eddy Caeckelberghs de m’avoir reçue dans l’émission Majuscules sur la RTBF, diffusée le 8 mars, pour une rencontre autour de Sobhiyé – Corps de femmes.
    Nous y avons exploré les thématiques du livre, le travail de la langue, la place du corps…

    Écouter le podcast : L’entretien est disponible en replay sur la plateforme Auvio :

    (L’entretien débute à 36:26. L’accès est gratuit : pour lancer l’écoute, il vous sera simplement demandé de créer un compte RTBF en quelques clics.)

  • Quand Sobhiyé devient atelier: l’exploration de Nathanaëlle Quoirez.

    (message partagé avec l’autorisation de Nathanaëlle)


    Quand mon amie, l’immense poète Nathanaëlle Quoirez, transforme Sobhiyé – Corps de femmes en terrain d’exploration et de création dans ses ateliers d’écriture et de théâtre… quand elle me raconte comment chaque voix s’empare de Sobhiyé pour inventer son propre chant, le texte me revient chargé d’une humanité qui me bouleverse… Merci infiniment Nathanaëlle de prolonger la vie de Sobhyié, de lui donner corps et matière entre d’autres mains.

    Si vous ne connaissez pas l’écriture de Nathanaëlle, lisez-la absolument : Lettres à Madame, Editions Lurlure ou Kaïros chez Polder

  • nous n’avons pas grandi

    Nous n’avons pas grandi. Le temps n’est pas. L’avenir passait déjà quand nous étions hier. Nous y sommes encore. À chaque image qui reflue. À chaque son qui s’abat. Un vieux sursaut : chercher l’abri. J’ai gardé l’âge des premières fois. La sidération. Et ces mots que l’on supplie d’être vrais, pour que l’illusion tienne. L’abri n’était qu’un appartement en sous-sol. Un espace se rêvant demeure – on avait appris à compter les étages entre sol et ciel, le poids du béton sur les paupières. Ainsi fut notre jeunesse, sans autre toit que la langue.
    Il ne suffit pas de baptiser un lieu « abri » pour qu’il se mure et protège.

  • février 2026 | carnet

    février, mois-rature
    je te hais
    que ça passe ne suffit pas

    sœur et frère
    mêmes lèvres tombantes
    des enfants pourtant
    l’ennui, héritage familial

    sous la paupière droite, l’intrusion
    un grain prend toute la place
    s’arracher l’œil –
    taire cette cacophonie

    le poids du rouge sur mes lèvres
    ma bouche n’a pas appris
    à porter d’autres couleurs

    quand il pleut, le chemin se délave
    je perds ses contours
    le corps s’entête, pris de vitesse
    aveugle au sol

    j’attends la coïncidence
    l’absolu :
    illusion de jeunesse

    (rêve)
    un éditeur corrige le recueil
    de sa poète morte
    face à face : l’original et sa version rectifiée
    édition bilingue posthume

    des visages me font face
    six lèvres muettes bougent
    en prières continues
    le rythme se voit dans l’œil fixe

    remplacer les mots par des couleurs
    dans cette langue insensée, trembler
    traits maladroits des débuts

    (rêve)
    la grand-mère morte vit
    minuscule, herbeuse à nos pieds
    une agitation d’insecte
    si petite, confondue avec la terre :
    on l’écrase par mégarde, on ne l’a pas vue
    plus rien au sol
    puis ça bouge – elle se relève, s’ébroue
    au-dessus de sa tête, une auréole
    et ses bras tendus vers le ciel

    éviter mon reflet avant de parler

    dents crispées
    l’attente peut-être
    mâchoire-porte
    l’intime empêché

    une bête au bord du cri
    la colère cherche sa proie

    ses messages, douceur écrite
    puis elle appelle et sa voix, tout autre :
    certains n’ont pas la langue de leurs mots

    tenir contre l’usure
    durer – ce malheur désormais

    le corps n’est pas peau, os, sang
    le corps chantier, charnier
    l’image dévie :
    je suis un pamplemousse qu’on épluche
    qu’on découpe
    et la morsure – spectatrice
    de cette matière que je suis

    il y a maintenant un livre
    entre le monde et mon corps
    – protégée et exposée
    par l’écriture expirée

    j’entends sa voix longtemps après
    personne ne parle
    un prénom répété qui empêche de dormir
    ce n’est pas le mien, il appelle sa femme
    le prénom revient, revient : injonction sans objet
    nuit, bruits, animaux furètent
    mais c’est son irruption que je crains
    improbable, hallucinée
    puis le prénom revient scander la langue
    l’empreinte est là
    comme une main qui pèse après s’être retirée
    je ne serai pas agressée, je suis envahie

    au plus près des choses
    et décollée
    j’écris myope

    accepter l’idée de ce carnet ouvert
    mais l’appréhension, toujours –
    entendu dans le métro :
    « on doit arrêter d’avoir
    autant d’appréhensions sur les autres. »
    j’ai pensé : elle se trompe de mot
    elle veut dire a priori
    je me dis aujourd’hui
    que son expression se tient

    des moments de peinture
    divagations sans objectif
    mes mains-objets
    font

  • quand le temps demeure.

    quand l’instant vit en bouche, feuilles tendres.
    juteuses blettes et poigne de citron.
    quand le temps demeure.

  • les os se souviennent.

    à nouveau réveillée tête en terre
    bouche narines à l’arrêt
    les oreilles sourdes à leur propre voix
    qui entend le silence des yeux ?
    nos ancêtres peut-être
    les os se souviennent (extrait)

    #littéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​

    micro journal 474-2026.03.06

  • Unidivers – « Une grande délicatesse et une grande dureté ».

    Sobhiyé – Corps de femmes fait l’objet d’une critique aussi belle qu’exhaustive signée Cyrielle d’Alexandrie, sur Unidivers. Une analyse d’une grande finesse et générosité, qui saisit le livre avec une précision qui m’a bouleversée. Je pourrais citer des passages entiers… Un immense merci à Cyrielle d’Alexandrie pour sa lecture.

    « Ce qui rend Sobhiyé – Corps de femmes si fort, c’est cette capacité à tenir ensemble plusieurs régimes de texte. La poésie et la notation, la scène réaliste et l’incantation, le dialogue brut et la phrase travaillée. Et surtout cette façon de faire du ‘je’ un lieu poreux...» Cyrielle d’Alexandrie, Unidivers

    Lire la critique : Sobhiyé – Corps de femmes sur Unidivers

  • quand ta main me renifle.

    je suis devant toi
    sans l’usage de ma peau
    absente à ton visage
    je t’aime de biais
    je te reviens, posthume
    corps en apnée (extrait)

    #littéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​

    micro journal 473-2026.02.27

  • que la terre reconnaisse nos os.

    écrire l’inquiétude
    le soupçon sous la langue
    coudre le réel à vif
    mots étrangers,
    déjà malentendus (extrait)

    #littéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​

    micro journal 472-2026.02.22

  • L’Orient-Le Jour — « Un Liban au féminin, entre intime et paradoxes »


    Sobhiyé – Corps de Femmes fait l’objet d’un bel article dans L’Orient-Le Jour ! Honorée de recevoir une telle place dans ce journal de référence, si emblématique. Un grand merci à Zena Zalzal pour son regard sensible sur ces voix de femmes.

    « Porté par une écriture fragmentée […] le texte semble jaillir d’un ressenti brut, viscéral, d’où affleurent la mémoire d’enfance et les questionnements sur la féminité, la loyauté filiale, la place du corps au sein d’une société libanaise aux injonctions souvent antinomiques. »
    Zena Zalzal, L’Orient-Le Jour

    📰 Article dans l’édition papier du 14 février (+ version numérique).

  • j’ai cinq ans de tristesse ahurie.

    ce jour qui revient, cinq ans plus tard 
    cinq ans, mon nouvel âge
    j’ai cinq ans de tristesse ahurie
    j’ai cinq ans d’impossible 
    qui ne passe pas

    il y a l’avant de ta mort
    et pour seul après, ta vitalité
    elle nous habite, elle nous tient 
    je t’aime mon immense petit frère 
    mon Paul, mon lumineux
    toi qui restes – entier

  • un rien froisse ses veines.

    elle entend penser leurs yeux
    renonce quand l’aveu manque
    leur front – mur étrange (extrait)

    #littéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​

    micro journal 471-2026.02.15

  • ce rêve qui échappe.

    j’ai levé les yeux comme interpellée
    une présence veille
    un pli de clarté
    la lumière avance à l’ombre
    une apparence captive (extrait)

    #littéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​

    micro journal 470-2026.02.07

  • janvier 2026 | carnet

    ici mon corps passif
    je suis son absente

    pour ne pas y penser 
    je disperse les gestes 
    dévie par fragments

    au hasard
    à mon insu

    sur le canapé de chez eux
    bassin tordu comme détaché
    je n’entends pas ma gêne
    je suis dehors, à l’écoute

    entre terreur et banalité 

    quand l’attente sans objet 
    sature mes yeux de bruit 
    me vide de ma langue

    je préciserai l’émotion 
    des mains qui prennent mon visage 
    dans le rêve raconté

    le scrupule, ta faille active
    entre présence et rupture

    la forme cherche ses défauts
    beauté qui doute

    je veux fixer le quotidien 
    visible sur mon corps 
    m’assurer de toucher la fin

    biais, récit 
    jusqu’à épuiser l’attente 
    doigts à l’épreuve du monde

    il s’agira de silence 
    front ramassé, à l’écart 
    ailleurs des mots insistent 
    assourdis

    de nuit je m’entends
    respirer comme une horloge
    saccades d’aiguilles 

    qu’une phrase transpire 
    forme froide, grave
    la page contredira 

    il faut la matière, ses interstices
    l’accident des surfaces
    un début d’infini 

    nuit de vents
    je m’endors dans leurs sursauts
    indistincts nos souffles

    une parole faite de cassures
    dépaysée, étrangère
    j’entends ses débris

    l’aplomb d’une note
    et la rumeur autour
    fracas du peu

    dans quel matin je vis 
    sous quelle peau
    déplacée hors de ma nuit

    la lumière, toile défaite
    accroche les araignées, les vents

    l’image comme distance 
    l’instant trouve ses plis

    l’apparence d’une répétition
    quand je m’arrête 

    survivre à quoi ?

    puis respirer à nouveau
    parce qu’immobile
    dans un texte inachevé 

    le mot arrivera 
    évident, aléatoire

    l’écoute est un sol mouvant
    à l’écart, avec 
    comme pulse l’inaudible

    doigts gelés
    feu – quelques secondes suffisent
    la neige serait feu et mer

    pour qui a connu la mer
    c’est aussitôt ça
    ces longs draps blancs 
    en apparence figés

    derrière la vitre
    papillons mordus
    au-dessus des lèvres

    quatre moustaches me font face
    traces d’ailes au visage
    aucune ne ressemble

    visages et voix d’enfant
    un matin neige

  • éboulement de phrases, la page perd ses bords.

    bics, feutres… | 12

  • un reste d’envol.

    cadence, retour
    vous remuez des paupières
    battre encore, s’envoler
    on revoit la rue
    le frisson des insectes
    l’horizon est plus bas
    on tombe enfin
    lourdement (extrait)

    #littéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​

    micro journal 469-2026.01.27

  • Sobhiyé – Corps de femmes

    Joie ! ✨ Sobhiyé – Corps de femmes fait partie des sélections de
    Prix Hors Concours
    Prix Méditerranée Premier roman ! 🌊
    Merci aux membres du jury pour l’attention portée à ces voix de femmes
    et à Accro Éditions pour sa confiance.


    Alors que je voudrais tout taire – tout, en cette période de terreur… je reçois vos mots, vos voix. Et la nécessité d’exprimer ma très grande reconnaissance Amis, inconnus, journalistes… j’ai regroupé sur cette page les sources et liens vers ces traces. Sans oublier vos messages si précieux reçus en direct aussi – et de m’émerveiller encore de découvrir d’autres sobhiyé entre vos mains. Merci infiniment pour vos lectures généreuses, personnelles, habitées. Je continuerai d’alimenter cette page avec les rencontres à venir.


    – extrait #7
    – extrait #6
    – extrait #5
    – extrait #4
    – extrait #3
    – extrait #2
    – extrait #1


    Sobhiyé – Corps de femmes, mon premier roman paru le 22 janvier 2026 chez Accro éditions.
    Très heureuse de partager cette date avec vous.

    Beyrouth, années soixante-dix. Dans le quartier chrétien d’Achrafieh, la narratrice et ses amies, Hanane et Nayla, grandissent entre Orient et ouverture à l’Occident. En hissant leurs voix, elles se souviennent des épreuves fondatrices de l’enfance et des subtilités du monde des femmes, au cœur d’une société dominée par les hommes.
    C’est dans l’intimité de la maison, des gestes et des rituels, que l’autrice nous entraîne pour dire la force de résistance de ces femmes, au quotidien d’abord, puis plus tard, face à la guerre.

    📖 et d’autres infos sur le site dAccro Éditions

  • Scène Kainf | extrait 2.

    extrait de la soirée La Kainf Poésie Club
    organisée par La Kainfristanaise (24 janvier 2026)
    avec un texte tiré du recueil « J’ai appris à parler sur tes lèvres)

    extrait :
    entre épaule et cou
    peau me mord
    tes creux — flux de mes paupières
    je m’égare, ton embrasure
    courbe rescapée d’un envol de cheveux
    ta mèche, comme habit qui tombe et nudité
    ta peau, ses grains…

    #littéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​

  • Scène Kainf | extrait 1.

    extrait de la soirée La Kainf Poésie Club
    organisée par La Kainfristanaise (24 janvier 2026)
    avec un texte paru dans la revue Lettres d’hivernage IV

    extrait :
    langue morte des mères
    langue des femmes, langue murée
    dents scellées des filles
    leurs voix — voix devenues ombres
    si les mots aussi s’interdisent
    s’arrêtent en gorge
    quelle histoire, quelle mémoire sans paroles..

    #littéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​

  • extrait #7 | sobhiyé – corps de femmes.

    dernier extrait avant la parution du roman,
    𝗲𝗻 𝗹𝗶𝗯𝗿𝗮𝗶𝗿𝗶𝗲 𝗹𝗲 𝟮𝟮 𝗷𝗮𝗻𝘃𝗶𝗲𝗿 𝟮𝟬𝟮𝟲

    toutes les infos sur le livre :
    https://graciabejjani.fr/2025/12/06/sobhiye-corps-de-femmes/

    #PremierRoman #Lecture #Littérature #Sobhiyé #CorpsDeFemmes #Beyrouth #Liban

  • un bruit de papier tendre.

    leurs phrases écrivent ta voix
    te feuillettent,
    brutales sous les paupières
    te caressent,
    outrage aux joues (extrait)

    #littéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​

    micro journal 468-2026.01.17

  • le réel est une phrase qui harcèle.

    bics, feutres… | 11
    format A3, avec la capture des fragments (dessin au bic, coloriage au feutre, contour en noir, découpage ciseaux)
    avant de les assembler, de les coller

  • extrait #6 | sobhiyé – corps de femmes.

    je vous lis un court passage de sobhiyé – corps de femmes
    un nouvel extrait chaque semaine jusqu’au 22 janvier

    toutes les infos sur le livre :
    https://graciabejjani.fr/2025/12/06/sobhiye-corps-de-femmes/

    #PremierRoman #Lecture #Littérature #Sobhiyé #CorpsDeFemmes #Beyrouth #Liban

  • l’épiphanie du rien.

    visage sorti
    exposé neutre
    l’insolence
    de n’être plus personne
    tout matin est effraction

    la joie est ivresse
    reste l’enchantement
    le goût de l’os contre les dents (extrait)

    #littéraTube​​ #VidéoEcriture​​ #poésie​​

    micro journal 467-2026.01.11