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incantation rase.
dire, redire
dans l’attente têtue
qu’une parole change le réel
ou l’arrête
demander à la langue de réparer
routes, toits, chambres (extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 476-2026.03.21
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une greffe froide.
ça se greffe aux mâchoires
la guerre dans les narines
formatée propre, livrée froide
c’est garanti cyclique
on ne s’en débarrasse pas
chose qui colle
durcit (extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 475-2026.03.15
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je me méfie des phrases humides, salive des bouches sèches.
feutres acrylique… | 13

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Prochaine rencontre autour de 𝙎𝙤𝙗𝙝𝙞𝙮𝙚́ – 𝘾𝙤𝙧𝙥𝙨 𝙙𝙚 𝙛𝙚𝙢𝙢𝙚𝙨
Le 26 mars à 19 h, je serai à la librairie La Grande Balade, au Kremlin-Bicêtre, pour un échange autour de 𝙎𝙤𝙗𝙝𝙞𝙮𝙚́ – 𝘾𝙤𝙧𝙥𝙨 𝙙𝙚 𝙛𝙚𝙢𝙢𝙚𝙨, animé par Emmanuelle Favier.
L’occasion de partager discussions et lectures.
Un grand merci à Julien Doussinault et Marion Roset d’accueillir cette rencontre, ainsi qu’à Emmanuelle Favier et aux associations Le Blanc de la neige et Histoires de femmes.
Merci également au Conservatoire et à la Médiathèque du KB pour l’attention réservée au livre et à l’annonce de cette rencontre sur leurs murs.
Au plaisir de vous y retrouver.𝗟𝗮 𝗚𝗿𝗮𝗻𝗱𝗲 𝗕𝗮𝗹𝗮𝗱𝗲, 30 av Eugène Thomas au Kremlin-Bicêtre (métro ligne 7).



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RTBF: Entretien autour de Sobhiyé dans l’émission Majuscules.
Immense merci à Eddy Caeckelberghs de m’avoir reçue dans l’émission Majuscules sur la RTBF, diffusée le 8 mars, pour une rencontre autour de Sobhiyé – Corps de femmes.
Nous y avons exploré les thématiques du livre, le travail de la langue, la place du corps…Écouter le podcast : L’entretien est disponible en replay sur la plateforme Auvio :
🔗 [Majuscules : Entretien avec Gracia Bejjani]
(L’entretien débute à 36:26. L’accès est gratuit : pour lancer l’écoute, il vous sera simplement demandé de créer un compte RTBF en quelques clics.)
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Quand Sobhiyé devient atelier: l’exploration de Nathanaëlle Quoirez.
(message partagé avec l’autorisation de Nathanaëlle)
Quand mon amie, l’immense poète Nathanaëlle Quoirez, transforme Sobhiyé – Corps de femmes en terrain d’exploration et de création dans ses ateliers d’écriture et de théâtre… quand elle me raconte comment chaque voix s’empare de Sobhiyé pour inventer son propre chant, le texte me revient chargé d’une humanité qui me bouleverse… Merci infiniment Nathanaëlle de prolonger la vie de Sobhyié, de lui donner corps et matière entre d’autres mains.Si vous ne connaissez pas l’écriture de Nathanaëlle, lisez-la absolument : Lettres à Madame, Editions Lurlure ou Kaïros chez Polder
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nous n’avons pas grandi
Nous n’avons pas grandi. Le temps n’est pas. L’avenir passait déjà quand nous étions hier. Nous y sommes encore. À chaque image qui reflue. À chaque son qui s’abat. Un vieux sursaut : chercher l’abri. J’ai gardé l’âge des premières fois. La sidération. Et ces mots que l’on supplie d’être vrais, pour que l’illusion tienne. L’abri n’était qu’un appartement en sous-sol. Un espace se rêvant demeure – on avait appris à compter les étages entre sol et ciel, le poids du béton sur les paupières. Ainsi fut notre jeunesse, sans autre toit que la langue.
Il ne suffit pas de baptiser un lieu « abri » pour qu’il se mure et protège. -
février 2026 | carnet
février, mois-rature
je te hais
que ça passe ne suffit passœur et frère
mêmes lèvres tombantes
des enfants pourtant
l’ennui, héritage familialsous la paupière droite, l’intrusion
un grain prend toute la place
s’arracher l’œil –
taire cette cacophoniele poids du rouge sur mes lèvres
ma bouche n’a pas appris
à porter d’autres couleursquand il pleut, le chemin se délave
je perds ses contours
le corps s’entête, pris de vitesse
aveugle au solj’attends la coïncidence
l’absolu :
illusion de jeunesse(rêve)
un éditeur corrige le recueil
de sa poète morte
face à face : l’original et sa version rectifiée
édition bilingue posthumedes visages me font face
six lèvres muettes bougent
en prières continues
le rythme se voit dans l’œil fixeremplacer les mots par des couleurs
dans cette langue insensée, trembler
traits maladroits des débuts(rêve)
la grand-mère morte vit
minuscule, herbeuse à nos pieds
une agitation d’insecte
si petite, confondue avec la terre :
on l’écrase par mégarde, on ne l’a pas vue
plus rien au sol
puis ça bouge – elle se relève, s’ébroue
au-dessus de sa tête, une auréole
et ses bras tendus vers le cieléviter mon reflet avant de parler
dents crispées
l’attente peut-être
mâchoire-porte
l’intime empêchéune bête au bord du cri
la colère cherche sa proieses messages, douceur écrite
puis elle appelle et sa voix, tout autre :
certains n’ont pas la langue de leurs motstenir contre l’usure
durer – ce malheur désormaisle corps n’est pas peau, os, sang
le corps chantier, charnier
l’image dévie :
je suis un pamplemousse qu’on épluche
qu’on découpe
et la morsure – spectatrice
de cette matière que je suisil y a maintenant un livre
entre le monde et mon corps
– protégée et exposée
par l’écriture expiréej’entends sa voix longtemps après
personne ne parle
un prénom répété qui empêche de dormir
ce n’est pas le mien, il appelle sa femme
le prénom revient, revient : injonction sans objet
nuit, bruits, animaux furètent
mais c’est son irruption que je crains
improbable, hallucinée
puis le prénom revient scander la langue
l’empreinte est là
comme une main qui pèse après s’être retirée
je ne serai pas agressée, je suis envahieau plus près des choses
et décollée
j’écris myopeaccepter l’idée de ce carnet ouvert
mais l’appréhension, toujours –
entendu dans le métro :
« on doit arrêter d’avoir
autant d’appréhensions sur les autres. »
j’ai pensé : elle se trompe de mot
elle veut dire a priori
je me dis aujourd’hui
que son expression se tientdes moments de peinture
divagations sans objectif
mes mains-objets
font
-
quand le temps demeure.
quand l’instant vit en bouche, feuilles tendres.
juteuses blettes et poigne de citron.
quand le temps demeure. -
les os se souviennent.
à nouveau réveillée tête en terre
bouche narines à l’arrêt
les oreilles sourdes à leur propre voix
qui entend le silence des yeux ?
nos ancêtres peut-être
les os se souviennent (extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 474-2026.03.06
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quand ta main me renifle.
je suis devant toi
sans l’usage de ma peau
absente à ton visage
je t’aime de biais
je te reviens, posthume
corps en apnée (extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 473-2026.02.27
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que la terre reconnaisse nos os.
écrire l’inquiétude
le soupçon sous la langue
coudre le réel à vif
mots étrangers,
déjà malentendus (extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 472-2026.02.22
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L’Orient-Le Jour — « Un Liban au féminin, entre intime et paradoxes »
Sobhiyé – Corps de Femmes fait l’objet d’un bel article dans L’Orient-Le Jour ! Honorée de recevoir une telle place dans ce journal de référence, si emblématique. Un grand merci à Zena Zalzal pour son regard sensible sur ces voix de femmes.« Porté par une écriture fragmentée […] le texte semble jaillir d’un ressenti brut, viscéral, d’où affleurent la mémoire d’enfance et les questionnements sur la féminité, la loyauté filiale, la place du corps au sein d’une société libanaise aux injonctions souvent antinomiques. »
Zena Zalzal, L’Orient-Le Jour📰 Article dans l’édition papier du 14 février (+ version numérique).
[Lire l’article complet sur L’Orient-Le Jour]

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j’ai cinq ans de tristesse ahurie.
ce jour qui revient, cinq ans plus tard
cinq ans, mon nouvel âge
j’ai cinq ans de tristesse ahurie
j’ai cinq ans d’impossible
qui ne passe pasil y a l’avant de ta mort
et pour seul après, ta vitalité
elle nous habite, elle nous tient
je t’aime mon immense petit frère
mon Paul, mon lumineux
toi qui restes – entier -
un rien froisse ses veines.
elle entend penser leurs yeux
renonce quand l’aveu manque
leur front – mur étrange (extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 471-2026.02.15
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ce rêve qui échappe.
j’ai levé les yeux comme interpellée
une présence veille
un pli de clarté
la lumière avance à l’ombre
une apparence captive (extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 470-2026.02.07
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janvier 2026 | carnet
ici mon corps passif
je suis son absentepour ne pas y penser
je disperse les gestes
dévie par fragmentsau hasard
à mon insusur le canapé de chez eux
bassin tordu comme détaché
je n’entends pas ma gêne
je suis dehors, à l’écouteentre terreur et banalité
quand l’attente sans objet
sature mes yeux de bruit
me vide de ma langueje préciserai l’émotion
des mains qui prennent mon visage
dans le rêve racontéle scrupule, ta faille active
entre présence et rupturela forme cherche ses défauts
beauté qui douteje veux fixer le quotidien
visible sur mon corps
m’assurer de toucher la finbiais, récit
jusqu’à épuiser l’attente
doigts à l’épreuve du mondeil s’agira de silence
front ramassé, à l’écart
ailleurs des mots insistent
assourdisde nuit je m’entends
respirer comme une horloge
saccades d’aiguillesqu’une phrase transpire
forme froide, grave
la page contredirail faut la matière, ses interstices
l’accident des surfaces
un début d’infininuit de vents
je m’endors dans leurs sursauts
indistincts nos soufflesune parole faite de cassures
dépaysée, étrangère
j’entends ses débrisl’aplomb d’une note
et la rumeur autour
fracas du peudans quel matin je vis
sous quelle peau
déplacée hors de ma nuitla lumière, toile défaite
accroche les araignées, les ventsl’image comme distance
l’instant trouve ses plisl’apparence d’une répétition
quand je m’arrêtesurvivre à quoi ?
puis respirer à nouveau
parce qu’immobile
dans un texte inachevéle mot arrivera
évident, aléatoirel’écoute est un sol mouvant
à l’écart, avec
comme pulse l’inaudibledoigts gelés
feu – quelques secondes suffisent
la neige serait feu et merpour qui a connu la mer
c’est aussitôt ça
ces longs draps blancs
en apparence figésderrière la vitre
papillons mordus
au-dessus des lèvresquatre moustaches me font face
traces d’ailes au visage
aucune ne ressemblevisages et voix d’enfant
un matin neige
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éboulement de phrases, la page perd ses bords.
bics, feutres… | 12

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un reste d’envol.
cadence, retour
vous remuez des paupières
battre encore, s’envoler
on revoit la rue
le frisson des insectes
l’horizon est plus bas
on tombe enfin
lourdement (extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 469-2026.01.27
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Sobhiyé – Corps de femmes
Joie ! ✨ Sobhiyé – Corps de femmes fait partie de la sélection
du Prix Méditerranée Premier roman ! 🌊
Merci aux membres du jury pour l’attention portée
à ces voix de femmes et à Accro Éditions pour sa confiance.Sobhiyé – Corps de femmes, mon premier roman paru le 22 janvier 2026 chez Accro éditions. Très heureuse de partager cette date avec vous.
Beyrouth, années soixante-dix. Dans le quartier chrétien d’Achrafieh, la narratrice et ses amies, Hanane et Nayla, grandissent entre Orient et ouverture à l’Occident. En hissant leurs voix, elles se souviennent des épreuves fondatrices de l’enfance et des subtilités du monde des femmes, au cœur d’une société dominée par les hommes.
C’est dans l’intimité de la maison, des gestes et des rituels, que l’autrice nous entraîne pour dire la force de résistance de ces femmes, au quotidien d’abord, puis plus tard, face à la guerre.📖 Découvrir un extrait et toutes les infos sur le site d‘Accro Éditions
Sobhiyé – Corps de femmes,
en librairie le 22 janvier :– extrait #7
– extrait #6
– extrait #5
– extrait #4
– extrait #3
– extrait #2
– extrait #1 -
Scène Kainf | extrait 2.
extrait de la soirée La Kainf Poésie Club
organisée par La Kainfristanaise (24 janvier 2026)
avec un texte tiré du recueil « J’ai appris à parler sur tes lèvres)
extrait :
entre épaule et cou
peau me mord
tes creux — flux de mes paupières
je m’égare, ton embrasure
courbe rescapée d’un envol de cheveux
ta mèche, comme habit qui tombe et nudité
ta peau, ses grains… -
Scène Kainf | extrait 1.
extrait de la soirée La Kainf Poésie Club
organisée par La Kainfristanaise (24 janvier 2026)
avec un texte paru dans la revue Lettres d’hivernage IV
extrait :
langue morte des mères
langue des femmes, langue murée
dents scellées des filles
leurs voix — voix devenues ombres
si les mots aussi s’interdisent
s’arrêtent en gorge
quelle histoire, quelle mémoire sans paroles.. -
extrait #7 | sobhiyé – corps de femmes.
dernier extrait avant la parution du roman,
𝗲𝗻 𝗹𝗶𝗯𝗿𝗮𝗶𝗿𝗶𝗲 𝗹𝗲 𝟮𝟮 𝗷𝗮𝗻𝘃𝗶𝗲𝗿 𝟮𝟬𝟮𝟲toutes les infos sur le livre :
https://graciabejjani.fr/2025/12/06/sobhiye-corps-de-femmes/#PremierRoman #Lecture #Littérature #Sobhiyé #CorpsDeFemmes #Beyrouth #Liban
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un bruit de papier tendre.
leurs phrases écrivent ta voix
te feuillettent,
brutales sous les paupières
te caressent,
outrage aux joues (extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 468-2026.01.17
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le réel est une phrase qui harcèle.
bics, feutres… | 11
format A3, avec la capture des fragments (dessin au bic, coloriage au feutre, contour en noir, découpage ciseaux)
avant de les assembler, de les coller








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extrait #6 | sobhiyé – corps de femmes.
je vous lis un court passage de sobhiyé – corps de femmes
un nouvel extrait chaque semaine jusqu’au 22 janviertoutes les infos sur le livre :
https://graciabejjani.fr/2025/12/06/sobhiye-corps-de-femmes/#PremierRoman #Lecture #Littérature #Sobhiyé #CorpsDeFemmes #Beyrouth #Liban
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l’épiphanie du rien.
visage sorti
exposé neutre
l’insolence
de n’être plus personne
tout matin est effraction
–
la joie est ivresse
reste l’enchantement
le goût de l’os contre les dents (extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 467-2026.01.11
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extrait #5 | sobhiyé – corps de femmes.
je vous lis un court passage de sobhiyé – corps de femmes
un nouvel extrait chaque semaine jusqu’au 22 janviertoutes les infos sur le livre :
https://graciabejjani.fr/2025/12/06/sobhiye-corps-de-femmes/#PremierRoman #Lecture #Littérature #Sobhiyé #CorpsDeFemmes #Beyrouth #Liban
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mais anonymes maintenant.
on a disparu du passé
langage serré entre les dents
— morsure sans intention (extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 466-2026.01.03
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bics, feutres… | 10
Commencer l’année avec les couleurs terminées l’année passée,
format A3, avec la capture des fragments (dessin au bic, coloriage au feutre, contour en noir, découpage ciseaux)
avant de les assembler, de les coller






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Marine Riguet | Ni dire ni taire. Le poème en vidéo | extraits.
Marine Riguet, « Ni dire ni taire. Le poème en vidéo » éditions La Rumeur Libre, 2025.
Il m’a fallu des mois sans arriver à trouver comment dire la finesse et la beauté du livre de Marine. C’est incroyablement intelligent et sensible à la fois ; une œuvre qui ouvre de nouvelles portes et qui témoigne d’une immense générosité de regard.
L’écriture de Marine est magnifique, sa langue est d’une justesse rare. Le livre explore le « poème en vidéo » avec tant d’inventivité. Elle nous fait l’honneur de dialoguer avec nos créations, à Milène Tournier et moi, ainsi qu’avec d’autres créateurs de poésie sur YouTube.
Mais et surtout, il y a l’univers poétique de Marine : une merveille. Ses vidéos-poème, à voir et revoir sur sa chaîne / @marineriguet . Et ses recueils, à lire et relire, en particulier « Antigone sur la route » paru cette année également aux merveilleuses éditions Unes.
Je ne voulais pas que l’année se termine sans rendre cet hommage. Alors, ne trouvant pas de mots à la hauteur, nous avons préféré Milène et moi lire deux courts extraits du livre.
Pour remercier Marine, tout simplement#MarineRiguet #VideoPoesie #PoesieContemporaine #NiDireNiTaire #AntigoneSurLaRoute #LaRumeurLibre #EditionsUnes
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extrait #4 | sobhiyé – corps de femmes.
je vous lis un court passage de sobhiyé – corps de femmes
un nouvel extrait chaque semaine jusqu’au 22 janviertoutes les infos sur le livre :
https://graciabejjani.fr/2025/12/06/sobhiye-corps-de-femmes/#PremierRoman #Lecture #Littérature #Sobhiyé #CorpsDeFemmes #Beyrouth #Liban
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des mots à hauteur de vent.
pour d’autres rues
j’ai quitté
d’autres figures
je marche anonyme
je passe
débordée de mots à hauteur de vent (extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 465-2025.12.27
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extrait #3 | sobhiyé – corps de femmes.
je vous lis un court passage de sobhiyé – corps de femmes
un nouvel extrait chaque semaine jusqu’au 22 janviertoutes les infos sur le livre :
https://graciabejjani.fr/2025/12/06/sobhiye-corps-de-femmes/#PremierRoman #Lecture #Littérature #Sobhiyé #CorpsDeFemmes #Beyrouth #Liban
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je boite des doigts.
plus agiles que mots
mes mains araignées
elles me protègent
elles arrêtent, entourent
doigts pattes sur le clavier
je ne suis pas seule
j’ai mes mains (extrait)photos de street art
réalisées dans différents lieux,
collectées au fil du temps
œuvres d’artistes parfois anonymes ou non identifiés
gratitude profonde
aux artistes#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 464-2025.12.20
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extrait #2 | sobhiyé – corps de femmes.
je vous lis un court passage de sobhiyé – corps de femmes
un nouvel extrait chaque semaine jusqu’au 22 janviertoutes les infos sur le livre :
https://graciabejjani.fr/2025/12/06/sobhiye-corps-de-femmes/#PremierRoman #Lecture #Littérature #Sobhiyé #CorpsDeFemmes #Beyrouth #Liban
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quand le kebbé est faux.
C’est bon, mais ce n’est pas le vrai kebbé. L’amie est catégorique. Il faut les trois couches pour faire un kebbé. Je souris. Le vrai. Qu’est-ce qu’un vrai plat ? Une vraie Libanaise ? Qu’est-ce qu’être la vraie fille de sa mère ?
À Paris, je refuse les restaurants libanais. Tout sauf libanais. Sans chercher à savoir si le restaurant est bon ou pas. (extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #liban
micro journal 463-2025.12.12
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bics, feutres… | 9
retour aux couleurs (jamais vraiment quittées)
format A3 pour ouvrir
avec capture des fragments
(dessin au bic, coloriage au feutre, contour en noir, découpage ciseaux)
avant de les assembler, de les coller








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extrait #1 | sobhiyé – corps de femmes.
je vous lis un court passage de sobhiyé – corps de femmes
un nouvel extrait chaque semaine jusqu’au 22 janviertoutes les infos sur le livre :
https://graciabejjani.fr/2025/12/06/sobhiye-corps-de-femmes/#PremierRoman #Lecture #Littérature #Sobhiyé #CorpsDeFemmes #Beyrouth #Liban
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mon prénom au singulier.
gargouillis de ventre, reniflements
battements liquides quand ça s’affolait
je nous ai fabriqué une langue
venue comme un surgissement
il suffisait de laisser faire les sons
le hasard leur donnait sens
tout ne passait pas par la bouche
le corps résonnait comme oreille
je me voyais plurielle (extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 462-2025.11.27
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le faux oubli des premières fois.
Il y a des portes qui baillent, confondent couloirs et chambres. Ouvertes à tout courant.
Il y a une table. La solidité d’une table, la distance qu’elle installe. Pouvoir s’y appuyer. Écrire ou se cacher dessous, comme avant.
Et cette obsession du frigo : l’ouvrir souvent, pour rien. Une question posée au froid. Entre dégoût et désir.
Il y a la peur. Ce premier trou. Absolu, invisible.
L’ombre — il n’y a pas de mot pour les ombres qui bougent. (extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 461-2025.11.20
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bics, feutres… | 8
dessin au bic
coloriage au feutre
contour en noir
découpage ciseaux
assemblage des fragments
collage à la colle d’écolier
… patience (ou pas), hasard et silence







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apprendre à mordre sans blesser.
j’ai appris à parler
en léchant peaux et plastiques
reniflant les fruits
touchant les objets
je suis tombée
j’ai trouvé les mots
en goûtant la rouille, ma morve
en confondant le sang et la cerise (extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 460-2025.11.09
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vite et trop.
vite et trop
ça nous déborde
ça exagère
emphase puérile
comme l’enfant et ses glaces
toutes les couleurs dans une même bouche
et les parfums perdent leur nom
l’enthousiasme
une sorte d’impatience (extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 459-2025.10.27
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ça ressemble à l’oubli.
j’ai un jour cessé de respirer
je ne suis pas morte
– le corps a ses réflexes
je ne respire plus
ça ressemble à l’oubli
l’oubli absolu des voix animales (extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 458-2025.10.18
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pour cesser d’être humaine.
elle —
vitesse friable
tout à cran
leur langue trop près
trop de souffle sur le cou
et leurs gestes s’imposent
bruit
accélérer pour rester entière (extrait)#littéraTube #VidéoEcriture #poésie
micro journal 457-2025.10.12