improviser l’équilibre.

« Il fallait grandir vite pour biaiser le temps. Pour avoir le sentiment d’avoir vécu, au cas où ils venaient à mourir. De toute manière, ils n’avaient pas le choix, ils grandissaient vite, confrontés à la gravité du monde, à la logique ténébreuse des adultes.
Mais la guerre les infantilisait aussi, les statufiait dans l’âge qu’ils avaient à ses débuts : 8 ans, 9 ans… 13 ans. Deuxième naissance, greffée. Les scellant à l’ombre : une autre identité façonnée par des conflits qui les dépassent. Et réprimée. Inextricable, malgré la paix, après 17 ans. Malgré le temps, depuis la paix. Eux, la génération de la guerre. Ils le seront toujours ; une filiation ne s’interrompt pas. »
(extrait de mon manuscrit « Lignes de fuite »)