Nous n’avons pas grandi. Le temps n’est pas. L’avenir passait déjà quand nous étions hier. Nous y sommes encore. À chaque image qui reflue. À chaque son qui s’abat. Un vieux sursaut : chercher l’abri. J’ai gardé l’âge des premières fois. La sidération. Et ces mots que l’on supplie d’être vrais, pour que l’illusion tienne. L’abri n’était qu’un appartement en sous-sol. Un espace se rêvant demeure – on avait appris à compter les étages entre sol et ciel, le poids du béton sur les paupières. Ainsi fut notre jeunesse, sans autre toit que la langue.
Il ne suffit pas de baptiser un lieu « abri » pour qu’il se mure et protège.
Category Archive: écrits
fragments, récits, poèmes et carnets.
février, mois-ratureje te haisque ça passe ne suffit pas sœur et frèremêmes lèvres tombantesdes enfants pourtantl’ennui, héritage familial […]
ce jour qui revient, cinq ans plus tard cinq ans, mon nouvel âgej’ai cinq ans de tristesse ahuriej’ai cinq […]
ici mon corps passifje suis son absente pour ne pas y penser je disperse les gestes dévie par fragments au […]
Torrents d’eau dans les escaliers du métro parisien pendant que je regarde un film sur la fin du […]
« écrire debout », ma contribution à une proposition de Remue Net .
Texte inspiré par une photo de Patrick Chatelier.
J’ai toujours vu ma mère porter verres, assiettes, poêles près de son nez et vérifier. Les humer attentivement […]
Leur rendre des comptes aujourd’hui. Comment parler aux revenants qui se souviennent ? Quelle réponse à leur dignité, leurs […]
Ils sourient, débattent. Immenses sourires, jubilation déroutante face aux massacres diffusés en arrière-plan. Ils discutent, argumentent et la […]
On a peur, on s’attend au pire, l’instinct affûté des violences passées. Ils frappent de nuit. D’on ne […]